Gagner et perdre à la fois, puis gagner d’une autre façon

Samedi dernier (6 décembre) avait lieu à Auburn en Californie la loterie pour le fameux Western State 100.

Pour se faire une petite idée, le Western State 100 Endurance Run est l’équivalent, pour les ultramarathoniens, de Boston pour les marathoniens. Un but à atteindre, le Saint Graal.

wstrlogo-splash

En ce qui me concerne, c’est par une publicité dans la revue Runner’s World que j’ai appris l’existence de cette course en particulier et des courses de 100 miles en général. On était en 2006 ou 2007 et à ce moment, The North Face était le commanditaire principal du WS100. La pub en était donc une de North Face et mettait en vedette le coureur Tim Twietmeyer qui a terminé 25 fois le parcours sous la barre des 24 heures (il a remporté la course 5 fois si ma mémoire est bonne). Le titre de la publicité: «That’s Endurance!» J’en étais à mes balbutiements de coureur et je n’avais probablement encore jamais couru plus de 10 kilomètres d’affilé à cette époque, mais j’ai tout de suite su et je me suis tout de suite dit qu’un jour je courrais un 100 miles, qu’un jour je courrais le Western State 100.

Samedi dernier, après 4 années d’essais à la loterie, mon nom a été pigé par ce même Tim Twietmeyer. Ainsi, j’ai gagné à la loto du WS100… et j’ai aussi perdu, car je ne pourrai vraisemblablement pas être sur la ligne de départ le dernier weekend de juin 2015.

TwietMC-900x600

Tim Twietmeyer (au micro), une légende du Western State 100 Endurance Run, agissant ici à titre de Maître de Cérémonie lors de la loterie, samedi le 6 décembre dernier.

Le processus de loterie pour le WS100 est assez complexe (tout comme celui pour le Hardrock 100, le Massanutten 100, pour l’UTMB, etc). Dans les grandes lignes, il faut d’abord se qualifier en terminant une course de 100 kilomètres et plus reconnue par l’organisation – les distances de 50 miles (80km) ne sont plus acceptées depuis cette année. Une fois qualifié, on peut s’inscrire à la loterie. Cette année, 270 places étaient accessibles par tirage au sort sur un total de 387 coureurs autorisés à prendre le départ (les autres places étant accordées à ceux et celles qui ont terminé dans le top 3 à l’une des courses de la Montrail Ultra Cup, à ceux et celles qui ont terminé dans le top 10 au WS de la saison précédente, à certains commanditaires, aux membres de l’organisation et autres). 270 places disponibles au tirage et près de 2000 coureurs/coureuses qualifiés qui ont appliqués. Bonjour les chances!

La beauté de la chose, c’est que d’une année à l’autre, si notre nom n’est pas pigé et que l’on se re-qualifie, nos chances augmentent à la loterie suivante et ainsi de suite jusqu’au jack-pot.

J’en étais à mon quatrième essai. Mes chances étaient relativement bonnes. Je savais, en m’inscrivant, que je ne pourrais pas en être en 2015. Mais en ne m’inscrivant pas, je perdais toutes mes chances. Tandis qu’en m’inscrivant, j’avais quand même des chances… de ne pas être pigé et de conserver mes avantages pour l’an prochain… Compliqué, ai-je dit? Oui. Mais bon. D’un côté, je perdais tout, de l’autre, j’avais un risque à prendre…

Too bad. J’ai gagné/perdu.

Ce sera pour une autre fois.

Où j’ai gagné d’une autre façon, c’est en participant aux 24 heures de Tremblant, volet course à pied.

Un beau weekend et un bel évènement. D’abord une levée de fond importante pour les enfants malades basée sur le ski alpin, les 24 heures de Tremblant offrent depuis un an ou deux un volet marche/course où des équipes de 6 à 12 personnes se relaient sur une boucle de 3 ou 5 kilomètres du samedi au dimanche matin 11 heures.

logo-24hTremblant

Sous l’initiative de l’animateur Dominic Arpin, nous étions huit à nous relayer et à braver le froid le sourire aux lèvres: Dominic, bien sûr, mais aussi la chanteuse Brigitte Boisjoli, la journaliste Marie-Christine Bergeron, les journalistes Yves Boisvert et Jean-François Guérin, l’animateur Sébastien Diaz, Antoine Bourgeois ainsi que moi-même.

Moi qui suis plutôt loner, cette formule me convenait parfaitement. Courir seul deux fois la boucle de 5, passer le relais, retrouver ma blonde et mes filles, tenter de me reposer (je dis bien tenter!), puis retourner courir au beau milieu de la nuit. Magique! Dimanche au matin, nous avons été trois à faire la boucle 3 fois de suite (pour rentrer dans les temps): Antoine, Yves et moi. Je peux confirmer, ayant couru par une température ressentie de -25 degrés Celsius, que la barbe protège du froid…

IMG_5548

Vive le vent, vive le vent, vive le vent d’hiver!…

Après 15 kilomètres un petit matin de décembre au Mont Tremblant.

D’un côté, j’ai gagné/perdu avec la loterie du WS100 samedi. De l’autre, la même journée, j’ai gagné peut-être plus avec les 24 heures.

Parce que courir. Pour le plaisir.

Et aussi, courir pour des enfants malades.

Ou encore, comme je le fais avec la Fondation des Centres Jeunesse de la Montérégie à chaque automne depuis deux ans, pour des enfants abandonnés ou en phase d’abandon (ou maltraités ou Dieu sait quoi).

Si ça peut aider, ne serait-ce qu’un minimum, si ça peut faire une différence, aussi petite soit-elle, je suis bien prêt à courir comme ça jusqu’à la fin de mes jours

En Antarctique ou en plein désert.

Peu importe.