Bigfoot 200 Endurance Run (photos)

Daring to live means daring to die at any moment but also means daring to be born, crossing great stages of life in which the person we have been dies, and is replaced by another with a renewed vision of the world, and at the same time realizing that there will be many obstacles to overcome before we reach the final stage of Enlightenment.

Arnaud Desjardins

Il s’agit ici de faire court avec du long. Du très, très long. Parce que le temps me manque, parce que mon esprit n’a pas encore totalement assimilé l’aventure, tous ces kilomètres et toutes ces heures passés à parcourir les sentiers extrêmes et magnifiques du Bigfoot 200, autour des Monts Ste-Hélène et Adams, dans l’état de Washington. Entre 320 et 330 kilomètres (les chiffres semblent variables d’une fois à l’autre…). 82 heures et 20 minutes de course pour ma part, incluant 5 heures 30 minutes de pseudo-sommeil. Des pieds enflés comme des pattes d’éléphant, des ampoules plutôt formidables – et douloureuses. Des hauts et des bas, physiques aussi bien que métaphoriques.

Bref. Voici en photos, l’essentiel du Bigfoot 200.

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Arrivée à Randle, WA, pour le check-in et le meeting d’avant-course, 11 août.

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Dépôt des drop-bags, sacs de ravitaillement. J’en ai six, dont trois serviront sur deux stations chacun. La logistique pour faire ces sacs est énorme, du moins pour la première fois. Je saurais maintenant mieux m’y prendre. En quittant, après la course, j’ai oublié un de mes sacs là-bas. Too bad.

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L’arche de départ, vendredi matin, 8:15, 12 août. L’homme en rouge de dos avec un pack-sack s’appelle Todd. C’est le directeur médical de la course, un magicien des ampoules. Le coureur avec un chandail vert est Vic, avec qui j’aurai l’occasion de partager plusieurs kilomètres à la tombée de la nuit. Il terminera deuxième.

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Bigfoot 200, Class of 2016. Signatures requises.

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Ouais, bon, un selfie… Il fait déjà chaud. 5 minutes avant le départ.

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Game on.

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À chaque pas durant ces premières heures on a le souffle coupé.

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Un champ d’énormes pierres volcaniques. On court là dessus. On suit les fanions roses.

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Tu tombes? Bien, tu tombes…

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Cet idiot souriant qui gâche ma photo!

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Le Mont Ste-Hélène se dévoile. Je me souviens de son éruption en 1980. Là, j’y suis. J’ai peine à y croire.

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La traversée du désert…

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Coldwater Aid Station. Les 25-30 prochains kilomètres seront très durs. Je prévoyais arriver à la prochaine station, Norway Pass, vers 1:00 du matin. J’y mettrai pieds vers 3:00. Suivant ma stratégie, j’y dormirai 2h30. J’étais à ce moment dans le top 10. Je perdrai alors des positions que je ne pourrai reprendre, me faisant un peu regretter d’avoir dormi.

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Deuxième matin. J’ai repris la route. Le Mont St-Hélène s’éloigne.

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Le Mont Adams se profile.

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Tu tombes… prise 214.

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Vous voulez que je vous conte une bonne blague?

La voici:

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Yep. Sans drink et avec un burger végé.

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Troisième matin. J’ai dormi deux autres heures à la station précédente, Lewis Lake, que j’ai quitté vers les 1:30 du matin. Je cours seul dans la forêt dense de la Côte Pacifique. Un sentiment étrange et parfaitement grisant. De la peur? Aucunement.

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Lumière, un regain d’énergie!

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Garder l’équilibre.

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À nouveau, lentement, la nuit qui s’annonce. La dernière en ce qui me concerne. Je l’espère…

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Mont Adams.

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Arrivée à Klickitat Aid Station. Deux de mes plus grosses ampoules ont éclatées dans mes chaussures, me procurant un «certain» soulagement et un inconfort certain. N’empêche. Il est temps de remédier au problème.

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Les bénévoles de Klickitat ont été extraordinaires! On s’est occupé de moi comme je n’avais jamais vu. Ils m’ont réchauffé, ont nettoyé mes pieds, se sont occupé de mes ampoules, m’ont fourni en Ginger Ale, m’ont nourri de côtelettes de porc et de patates rissolées. J’ai dormi là une heure pour me refaire des forces (bu 4 café à mon réveil). J’y serai resté jusqu’au matin. Mais j’ai levé les pattes peu avant 1h30. Je garderai ces gens-là dans mon coeur à jamais.

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Sasquatch Street. Au milieu de la nuit, au milieu de nulle part. Sourire. Et aussi: «Quand est-ce qu’on fucking arrive???»

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Dernier matin. Encore près de 10 heures de course à venir.

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Pompay Peak. Un sommet… juste pour faire un sommet. Candice Burt style (la directrice de course).

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Après avoir couru les 50  kilomètres précédents avec mes Altra Superior, j’ai changé pour mes vieux Pearl Izumi N2 les derniers 21 km. Erreur. Mes pieds enflés ne les supportaient plus. J’alternais course/marche. Course en chaussures, marche nu pieds. (Photographie: Howie Stern)

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Le dernier 100 mètres avec ma famille. Pure bonheur! Et Sprint avec Marion. (Photographie: Howie Stern)

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Après une douche rapide, un bon bain de pieds glacé. Rick, à ma droite, a couru le Colorado 200 trois semaines plus tôt. Il vient de terminer le Bigfoot 200 dix minutes avant moi. Dans trois semaines, il sera du Tahoe 200 en Californie. Moi? J’ai un 24 heures dans 20 jours…

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Pied droit.

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Pied gauche.

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Pieds d’éléphant.

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Cinq jours plus tard, it’s all good.

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Cheers!

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Life is movement. The more life there is, the more flexibility there is. The more fluid you are, the more alive you are.

Arnaud Desjardins

Verrai-je la Bête?

Au Canada, on dit Sasquatch. Aux États-Unis, on préfère plutôt le nom de Bigfoot. Verrai-je la Bête? La question se pose. Car si cet animal mythique existe vraiment (disons…), je serai plutôt bien placé pour l’apercevoir en août prochain, dans la chaine des montagnes Cascades, dans l’état de Washington. C’est là qu’aura lieu la course, le Bigfoot 200 Endurance Run.

Et c’est là que je serai en août 2016.

Le Bigfoot 200? Two hundred…? Oui, two hundredMiles. 320 kilomètres, en faisant la conversion. Une course qui va d’un point à un autre. Pas une boucle immense ou des allers-retours à n’en plus finir. Non. D’un point à un autre point sur… 320 kilomètres. Voilà. En gros, on nous conduit au départ, on nous y dépose et on nous attend à l’arrivée, quatre jours et des poussières plus tard pour les plus «lents». (Bien sûr, il y a des ravitaillements entre le départ et l’arrivée…) Ce sera la deuxième édition cette année. En 2015, le plus rapide a terminé l’épreuve en 64 heures 12 minutes 35 secondes. Je me dis que 70-75 heures devrait être jouable.

Je m’entraine déjà à ne plus dormir…

Donc, verrai-je la Bête? La question se pose sérieusement. Étant donné ma propension à halluciner durant les longues nuits d’ultra, je peux quasiment affirmer que oui, je la verrai. Et il y a même de fortes chances pour que je discute avec elle sur un bon bout de chemin. Dans la langue de son choix.

In the 1987 movie “Harry and the Hendersons,” Bigfoot, aka Harry, was portrayed by 7-foot-2-inch actor Kevin Peter Hall in costume. For the nine members of the Tri-County Bigfoot Group, the legendary creature is more fact than movie fiction.

(Image tirée du film Harry et les Henderson)