De choses et d’autres

Je n’aime pas tuer les araignées. Quand je le fais, j’ai l’impression d’un mauvais karma. Je me fous des mouches, mais j’aime bien les araignées. Autant que faire se peut, si j’en trouve une dans la maison, j’essaie de la sauver et je la remets dehors. C’est ainsi. Je ne me pose pas de question. Les araignées me semblent utiles mais détestées par beaucoup trop de gens. Normal que j’en prenne soin un peu.

J’ai dû en tuer une l’autre soir. Une plutôt grosse qui se faisait patiemment, quasi scientifiquement, torturer par ma chatte. Alors je n’ai pas eu le choix. Mais j’ai mal dormi. Remarquez, c’est peut-être aussi à cause de la caféine. Ça arrive, ces choses-là.

Au printemps.

L’araignée est morte, tuée par moi.

Mais j’aime quand même ma chatte.

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Je dis ça comme ça. Il n’y a aucun rapport entre les araignées et la course à pied.

S’il y a un rapport à faire, il se trouve peut-être du côté du Bouddha ou encore, du côté zen de mon âme – dans ce petit bout de jardin pas encore noirci. Allez savoir.

Les araignées aiment bien les jardins… ***

Essentiellement, ma préparation pour les 50 miles de Bear Mountain est terminée. Depuis janvier, j’ai plus de 1000 kilomètres au compteur, dont la majeure partie en trail. Le 5 mai, je serai donc de retour dans les Catskills, NY, pour essayer de dompter cette montagne de l’ours qui m’a tant fait souffrir l’an dernier. Si j’arrive à bien gérer et balancer ma nutrition et mon hydratation tout devrait bien aller. Je suis prêt au combat. Les deux semaines à venir seront plutôt tranquilles, je vais simplement tenter de reposer mes jambes tout en les gardant actives et alertes.

Dimanche prochain, 29 avril, je serai aussi à la ligne de départ du demi-marathon de la Banque Scotia, sur l’Ile Ste-Hélène. Ce sera le début officiel de ma saison. Si je le sens bien, je vais essayer d’aller chercher un PR (personal record) sur le demi, mais l’objectif état Bear Mountain la semaine suivante, je veux surtout m’amuser de la meilleure façon possible. Un  genre de speedwork de luxe. Sans blessures.

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Toujours à propos de Bear Mountain. LA question: courrai-je avec ma veste d’hydratation Salomon ou avec 2 bouteilles de 16oz dans les mains?  J’imagine que je me déciderai sur place. J’ai beau peser le pour et le contre des deux côtés, je n’arrive toujours pas à choisir. On verra bien.

Je jongle parfois avec l’idée d’une seule bouteille, mais c’est quand même plus risqué…

Aussi, les gels d’endurance qui auront ma faveur mais desquels je devrai me méfier pour éviter un «crash» de sucre sur le long terme: les GU au beurre d’arachides et Expresso Love 2X caféine. Le reste sera melons d’eau, oranges, bananes et patates salées aux stations d’aide.

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Extrait de Courir ou Mourir de Kilian Jornet (je reviendrai plus amplement sur le livre dans un prochain billet):

«Le secret, ce ne sont pas les jambes. C’est avoir le courage de sortir et courir lorsqu’il pleut, qu’il y a du vent et de la neige. Lorsque les éclairs s’en prennent aux arbres, lorsque les flocons de neige ou l’averse de glace te cinglent les jambes et le corps et te font pleurer. Pour poursuivre, tu dois essuyer les larmes pour voir les pierres, les murs ou le ciel. Renoncer à quelques heures de fête, à des dizaines de remarques, dire non à une fille, aux draps qui te recouvrent le visage. Envoyer tout au diable et sortir sous la pluie jusqu’à ce que tes jambes soient en sang après être tombé et te lever encore pour continuer à monter… jusqu’à ce que tes jambes hurlent: ça suffit! Et que tu restes abandonné en plein milieu d’un orage dans les sommets les plus éloignés, jusqu’à la mort.»

Je crois aussi que le secret réside en cela: avoir le courage. Point.

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Si tu baisses seulement

un peu

les bras

lors des combats livrés

à toi-même,

ne sois pas surpris

de te coucher

à même le sol

à l’heure

des grands défis.

***

Le Cheval Blanc

Quand nous mourrons, devenons-nous ce que nous avons aimé le plus au monde ou alors sommes-nous vraiment  poussière qui retournons à la poussière…?

Je pose la question. Je n’attends pas de réponse. Ce n’est pas triste. C’est une question comme ça, qui tournera toujours en rond…

Micah True alias Caballo Blanco, le personnage central du livre Born to Run de Christopher McDougall, est mort la semaine dernière en faisant ce qu’il aimait probablement le plus au monde. Il a quitté son hôtel au Nouveau-Mexique pour aller courir. Un 20 kilomètres de routine. Il n’est jamais revenu. Il est mort comme ça. En courant. Libre.

Certains de ceux qui l’ont connu disent qu’il sera maintenant dans chaque petit coin de sentier, dans chaque arbre, chaque pierre, chaque cactus, chaque forêt, chaque montagne, dans chaque désert qu’ils parcourront.

Peut-être ne seront-ils plus jamais seuls puisqu’ils seront désormais et pour toujours porté par le Cheval Blanc…

L’on voudrait qu’il en soit ainsi de ceux que l’on aime et qui nous quittent. Que bien au chaud, tapis dans la mémoire dans notre coeur, ils nous transportent contre vents et marées, nous protègent contre les heurts de notre vie, nous donnent le courage et la force d’avancer.

Et aussi, de devenir de meilleurs hommes, de meilleures femmes.

Je n’ai pas connu Caballo Blanco. Je l’ai seulement côtoyé à la lecture du livre de McDougall. Comme plusieurs, il m’a fasciné, inspiré. Juste ce qu’il faut.

Juste ce qu’il faut pour penser à lui. Maintenant. Ce soir. Et demain.

Demain, j’irai courir. Longtemps. Avec des amis. Et un peu, je sais que je courrai avec lui. Micah True que je n’ai pas connu. Le Cheval Blanc. Juste un peu.

Demain, j’aurai 44 ans.

La vie dure le temps d’un flash. D’une nano-seconde.

C’est en ce moment que ça se passe.

Demain, je courrai pour moi. Mais aussi un peu pour ceux qui ne le peuvent pas. Qui ne le peuvent plus…

Repose en paix, Caballo Blanco…

Repose en paix et cours toujours!

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(Mars: 285.92 km)

Trail d’hiver de la Tribu – Courir lentement…

Mont 107, Forêt  Ouareau. Chertsey.

20 kilomètres. Même en hiver, même en forêt, en principe ça ne prend pas une éternité… Sauf si le printemps se substitut à l’hiver, que la température monte bien au-dessus de zéro et que le soleil nous en fout plein la gueule!

C’est ce qui s’est produit le 17 mars dernier, au Trail d’hiver de la Tribu. Toute une course! Un exercice autant physique que mental, où il valait mieux sourire et en rire si on ne voulait pas s’effondrer et s’enfoncer dans la neige pour le reste de la journée…

Parfaitement bien organisée par un ami pour la Fondation DesÉquilibres (www.fondationdesequilibres.org), un organisme qui vient en aide aux jeunes en difficultés à travers le sport, cette course en sentier se faisait en équipe de deux, histoire de transmettre et inspirer des valeurs comme l’entraide, la patience, l’esprit d’équipe, etc. Pour un loner hardcore comme moi, courir en équipe c’était déjà du nouveau!

Mon partenaire, André B., que je connaissais surtout par Facebook, était déjà sur place à mon arrivée, vers les 7 heures 15 du matin. De Boucherville à Chertsey, je venais de conduire une heure et quart dans une brume épaisse et opaque qui, me semble-t-il, annonçait bien les intentions de Miss Météo pour la journée à venir. Il faisait déjà chaud pour un petit matin de la mi-mars. Je savais qu’André était un très bon coureur – plus rapide que moi – et j’étais certain que nous allions passer un bon moment ensemble. L’idée de cette course, avant même la compétition, était de s’amuser. Oh yeah! On allait être servi!

Après avoir bu un café, échangé des salutations à gauche et à droite et retrouvé quelques amis(es), le sujet de discussion s’est vite porté sur le parcours et l’état de la neige qui le couvrait… Deux choix s’offraient simplement: avec raquettes ou sans raquettes. Comme on voulait VRAIMENT courir, l’option sans raquettes a eu la faveur d’une bonne majorité d’équipe. À ma connaissance, seules mon amie MP et sa partenaire ont choisi consciemment les raquettes dès le départ. À 5 ou 6 km dans la course, leur choix allait s’avérer des plus judicieux, puisqu’elles nous ont dépassés joyeusement, en sautillant comme des petits lièvres, alors qu’on tentait tant bien que mal de courir plus de trois enjambées avant de s’enfoncer jusqu’à mi-cuisse et de piquer du nez dans la neige granuleuse…

Trente-cinq équipes souriantes et motivées ont pris le départ vers les 9 heures 05. Après avoir couru d’un bon rythme le premier kilomètre sur route, nous sommes rapidement entrés dans la forêt Ouareau pour en ressortir… beaucoup beaucoup plus tard!

André connaissant déjà le parcours, il a naturellement pris la tête de notre équipe (les Rocking Balboa – clin d’oeil à un certain boxeur fictif et à son entrainement en Sibérie…). La première montée s’est fait sans trop de mal, mais déjà je me suis mis à avoir trop chaud et j’ai dû me défaire de ma veste pour ne courir qu’en chandail. Les sections de sentier encore à l’ombre se courraient relativement bien. Une autre histoire c’était en plein soleil…

Tout au long de l’épreuve, nous nous sommes échangé le lead, André et moi. Après de longues montées lentes et ardues, des descentes kamikazes où il valait mieux éviter de se planter et de se prendre un arbre en pleine figure, après avoir traversé quelques ruisseaux dont un avec de l’eau jusqu’aux genoux, après s’être gelé pieds et orteils et lacéré les chevilles (dans mon cas du moins), nous avons finalement franchi la ligne d’arrivée en  4 heures et 01 minutes, soit en 4ième position. Mes deux amies en raquettes nous ont devancés en troisième position, premières chez les femmes. De l’excellent travail!

4 heures 01 minutes pour couvrir 20 kilomètres… Une éternité, oui. Certains et certaines ont mis près de 7 heures à couvrir le parcours. Mais peu importe les positions, peu importe le temps passé à se débattre dans les sentiers et dans la neige, peu importe les petites blessures, tous et toutes ont terminé l’épreuve avec le sourire. Et rempli de fierté.

C’est ça, la beauté de la course en sentier et en forêt, la beauté du trailrunning.

À l’arrivée, le chili con carne était succulent, ainsi que les carrés aux dattes. On y est tous allé du récit de notre aventure, et tout le monde avait quelque chose à raconter. Une superbe journée.

En prime, j’ai rencontré un excellent partenaire de course. On remet ça quand tu veux, André!

Seulement, l’hiver prochain on embarque les foutues raquettes!

***

Bouddha dit:

«Il y a seulement deux erreurs qu’on peut faire tout au long du chemin de la vérité: ne pas aller jusqu’au bout et ne pas commencer.»

(Zen and the Art of Running)

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Un gros merci au directeur de course du Trail d’hiver pour son super travail, Frédéric Houde.


Repos, récupération, relâche

Ce matin l’envie de courir était plutôt mince, voire nulle. Mal dormi – insomnie de 2:30 à 4:00 – et jambes fatiguées. Pourtant, une fois debout, je savais que j’irais m’enfiler mes 10-12 km malgré tout, je savais que je me botterais le derrière pour les faire. À la radio, sur le web, partout, ils annonçaient de la pluie et du vent. Super! Ça va être parfaitement merdique comme entraînement, misérable… Allez hop! allons faire travailler la tête tout en courant sur des jambes en coton!…

Étrange comme les choses peuvent être parfois. Il se trouve que je me suis payé une belle petite course sous la pluie, un 13,30 km à une allure qui ne cassait peut-être rien mais qui était tout à fait raisonnable pour une samedi matin slocheux, début mars. J’ai bien configuré mon parcours mentalement avant de partir, vent de face pour les deux premiers kilomètres, puis vent dans le dos pour la quasi totalité des autres. Avec mes Montrail en GoreTex, je me suis même fait un devoir de traverser les flaques d’eau en plein milieu, sans jamais prendre la peine de les contourner. Il faut savoir s’amuser. On court pour ça, aussi. On a le droit de faire l’enfant quand on court. Il faut se le rappeler.

Et je me suis aussi rappelé (tout le monde n’est pas d’accord) comment ça peut être cool de courir sous la pluie, même en hiver.

Étrange comme un entraînement qui s’annonce mal tourne bien, et comme un qui s’annonce bien, tourne mal… Ma longue sortie, il y a deux ou trois semaines. 30 kilomètres que je me faisais plaisir de m’offrir. Ma première vraie longue sortie sur route depuis longtemps. Le calcul était simple: 6 minutes du kilomètre, 10km/h, 30 km en 3 heures. Pas de vitesse ici, zone 1 tout du long, sans s’énerver. Easy going… L’Horreur. Pure et simple. Une petite guerre du Vietnam perso. Perdue d’avance. Après 5 km, mon allure s’est dégradée joliment passant très vite de 6 minutes à 6 minutes 10 du kilo, puis à 6:15, 6:20, etc. J’avais beau essayer de rétablir, rien n’y faisait. J’ai réussi à freiner l’hémorragie, oscillant entre 6:10 et 6:25, faisant même de minis remontées à 5:55! Après 15 kilomètres, l’option voie de sortie s’est présentée, petit crochet vers la gauche et on rentre à la maison… Mais j’ai plutôt décidé de boire la coupe jusqu’à la lie et de me payer la totale. Donc, direction Parc Michel Chartrand à Longueuil, puis retour sur mes pas… Au final, une longue plus longue (en temps) que prévue, pénible et lamentable, qui m’a laissé complètement déshydraté (le tuyau de mon sac d’hydratation à superbement bien geler dès le kilomètre numéro 8 et ce, bien qu’il soit «isolé» contre le froid!) et sur les genoux pour les deux jours à suivants.

Comme il faut savoir s’amuser, il faut aussi savoir s’accrocher.

Tant et aussi longtemps qu’une blessure ne pointe pas à l’horizon…

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Cela dit, il est temps de mettre la pédale douce pour les jours à venir. Mon kilométrage total en février s’élève à 274,63. Un peu plus qu’en janvier. Le volume augmente tranquille. Mon premier ultra de la saison, TNF Endurance Challenge à Bear Mountain, est dans deux mois. Tout va bien.

Maintenant, permettre au corps de récupérer un peu. Et à l’esprit de se reposer.

Comme c’est le début de la relâche scolaire, je vais profiter de la semaine avec mes filles. Cinéma, musée, randonnées. Un peu de patin. On va voir…

Et ce soir, souper pizza avec les amis.

Life is good!

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Littérature.

Petit livre que je traîne avec moi depuis plusieurs années. En vivant, en écrivant, par Annie Dillard.

Ça commence ainsi:

«En écrivant, tu déploies une ligne de mots. Cette ligne de mots est un pic de mineur, un ciseau de sculpteur, une sonde de chirurgien. Tu manies ton outil et il fraie un chemin que tu suis. Tu te trouves bientôt profondément engagé en territoire inconnu. S’agit-il d’une impasse, ou bien as-tu localisé le vrai sujet? Tu le sauras demain, ou dans un an.»

Un petit bouquin sur l’art d’écrire. Petit livre zen où l’on peut aisément méditer sans se perdre, où un peu de magie scintille à chaque page.

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Inspirations…

Peak Center et VO2 max

Le but de ma visite au Peak Center de Montréal était de connaître mon VO2 max ainsi que mes zones d’entraînement optimales – fréquences cardiaques, vitesse, allure (pace). Je me suis toujours entraîné au feeling, au gré de mes humeurs, de mes envies. Pas de coach, pas de programme pré-établi. J’ai eu quelques bons résultats en course, d’autres plutôt lamentables. Des baisses d’énergie assez spectaculaires (Bear Mountain et Vermont 50 en 2011). Depuis un bon moment j’avais envie de monter mon niveau d’un cran. Le Peak Center me semblait l’endroit parfait pour en savoir plus sur moi-même en tant que coureur, de manière à améliorer mes «performances», toujours dans l’optique d’ultramarathons. Repartir sur un nouveau souffle.

Au départ, je n’avais aucune idée du genre de résultats auxquels je pouvais et devais m’attendre. Pour dire vrai, j’avais même peur qu’ils soient plutôt moyens, voire médiocres. En fait, j’avais peur que mon passé de fumeur (30 ans de cigarettes, juste le chiffre me coupe le souffle!) ait laissé des traces fulgurantes et indélébiles malgré le fait que je cours et m’entraîne beaucoup.

Le protocole qui précède les tests VO2 max et lactates est simple. On recommande 24 à 36 heures sans efforts soutenus et d’être à jeun 2 à 3 heures avant le dit test. Mon rendez-vous étant à 10:15 lundi matin (6 février), j’ai déjeuné comme à l’habitude – shake de protéines + banane et double expresso avant 8 heures. Mon dernier entraînement remontait au samedi, un 18 km tranquille, très tôt. J’étais prêt et reposé. Un peu nerveux.

Le test en tant que tel n’est pas long: 18 minutes. 40 en tenant compte de l’échauffement et du retour à la normale. Mais les 18 minutes sont intenses. Le nez bouché par une pince, on respire uniquement par la bouche avec un embout spécial qui recueille les échanges gazeux. Une minute et la gorge est complètement asséchée, la mâchoire crispée.

La vitesse augmente d’1 km/h par palier de 3 minutes. De 9 km/h elle passe à 10, puis à 11, ainsi de suite. À la fin de chaque palier, une goutte de sang est prélevée au bout d’un doigt pour analyse.

J’ai fait six paliers. Les dernières 40 secondes du palier numéro 6 n’étaient pas particulièrement amusantes.

***

Ce que j’ai appris à la suite du test (il y aurait plusieurs choses à dire mais je pourrais aussi m’y perdre, je préfère ainsi m’en tenir aux grandes lignes):

– Je cours trop souvent en Zone II alors que 70 à 80% de mes entraînements devraient se faire en Zone I (chose assez fréquente, je crois, chez bon nombre de coureurs-coureuses).

– Je néglige trop souvent les entraînements de vitesse (réflexe d’ultramarathonien, j’imagine, j’ai toujours tendance à privilégier le kilométrage).

– Alors que mon corps brûle très très bien les lipides à basse vitesse, entre 9 et 12 km/h, il brûle aussi très rapidement mes réserves de glucides à haute vitesse, 12 km/h et + (ce qui expliquerait peut-être pourquoi je bonk souvent et relativement tôt lors de marathons sur route – allure plus rapide -, et beaucoup moins lors de courses en trail d’ultradistances – allure plus lente).

– J’ai un excellent VO2 max (ce qui m’a grandement surpris et aussi rassuré compte tenu de mon passé).

En regard des résultats, il me reste maintenant à les optimiser, les rendre le plus profitable possible. Donc, plus de constance dans les speedworks. Améliorer l’élimination de l’acide lactique, élever le seuil de tolérance anaérobique. Augmenter  ma vitesse de basse, déplacer graduellement la Zone I vers la Zone II, la II vers la III, etc., tout en maintenant un kilométrage élevé. Repousser toujours un peu plus les limites. Aussi, ajuster et parfaire ma nutrition d’avant et pendant course pour éviter les surprises désagréables.

Je vais pas m’ennuyer.

***

Pas que je sois un fou furieux des statistiques ni des chiffres. Mais ce serait mentir de dire que je ne tiens pas compte des kilomètres accumulés à chaque mois.

Donc, en janvier: 263,88 km de course.

Voilà.

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Remerciements à Mathieu S., entraîneur au Peak Center, pour sa supervision et ses conseils.

http://www.peakcentremontreal.ca/

Ici et maintenant

Donc, pas d’Ultra Trail du Mont Blanc pour moi cette année. Pas de mal. Ce n’est que partie remise pour 2013 où j’éviterai cette fois la loterie, étant déjà pré-sélectionné. En août 2012, ce sera l’Italie – plutôt que la France – en vacances et en famille et je me promets quelques kilomètres matinaux le longs des routes de la Toscane. Ça sonne ma foi plutôt bien.

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Le Virgil Crest 100 est maintenant au programme. 22-23 septembre prochain. Inscriptions dans moins d’une semaine.

Profile du Virgil Crest Ultra. «Out and back», 50 miles. Pour 100 miles, on double la dose.

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Dimanche matin, 7:30. -22 degrés Celsius. Courir le long du fleuve St-Laurent, sur la rive-sud. Le fleuve qui craque et gèle, la brume glacée qui s’en élève. La beauté blanche et l’ombre lumineuse des arbres givrés qui se profilent de l’autre côté, sur les Îles de Boucherville. Simplement cela.

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Pourquoi je cours.

Pour ne pas mourir. Peut-être. Pour en retarder le temps.

Je cours parfois pour la vitesse, plus souvent pour la beauté.

Pourquoi je cours.

Pour permettre à mon âme de se pardonner à elle-même et s’offrir à la liberté lorsqu’elle n’en peut plus d’être ternie et oxydée par la connerie et l’absurdité.

Je cours pour être un peu meilleur vis-à-vis moi-même. Vis-à-vis du monde.

Je cours pour avoir la force de marcher.

Pour rager à l’occasion, enrager, grogner et maudire. Puis faire place à l’apaisement.

Pourquoi je cours.

Pour aucune raison. Pour un millier d’autres.

Parce que je cours. Point.

Parce qu’un jour il n’y aura plus rien.

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Denis Vanier (1949-2000) est un poète violent et tendre, brutal et beau, dont on parle trop peu il me semble.

Ici, deux extraits tirés de son recueil et poème éponyme, L’URINE DES FORÊTS (titre parfait pour les TrailRunners…):

j’ai forcé la démesure

jusqu’au plus plat,

mouillé tel un lac artificiel

où l’eau tourne son dos 

teinté d’essence

au rayonnement des étoiles.

Puis:

Serions-nous de ceux qui se foudroient.

***

«Serions-nous de ceux qui se foudroient»… À méditer. Ou non. Comme ça vous chante.

«You Can’t Always Get What You Want» – The Rolling Stones

Dans moins de quatre jours je serai fixé: ce sera l’UTMB ou ce ne sera pas.  C’est une question de chance maintenant, environ 30-40%. En comparaison, à la loterie du Western State 100 en décembre, c’était plutôt de l’ordre du 10%. Même moins.

Le tirage aura lieu samedi à 10:00 (heure de Paris). À mon réveil je saurai donc si je prendrai place sur la ligne de départ. Si oui, j’aurai une meilleure idée de tout le travail qui m’attend jusqu’au mois d’août prochain. Je pourrai y réfléchir tranquillement en courant dans les rues endormies et enneigées de mon quartier.

Et si ce n’est pas le cas, si la chance n’est pas de mon côté? Aucun mal. J’aurai droit à une priorité d’inscription pour 2013. Ce qui est mieux que rien quand on y pense. On ne peut pas tout avoir. Il suffit de ne faut pas trop s’en faire. De toute manière, peu importe ce qui arrive, il y aura d’autres courses. Encore. Et encore. Je pourrai aussi réfléchir à ça en courant…

***

Dans la nuit de lundi à mardi.

J’ai rêvé comme un dingue que je courrais le Hardrock 100. Pas exactement une petite promenade au parc… Je me suis réveillé à 4 heures du matin, en sueur, complètement épuisé. Vidé, crevé. Incapable de retrouver le sommeil. Un putain de rêve en 3D. Le Hardrock, je veux bien. Mais pas quand je dors. Y aurait pas moyen parfois de rêver d’un «hamac au Mexique» et d’une cerveza por favor…?

Aujourd’hui.

Enrhumé comme rarement. Ceci explique-t-il cela? Trop couru dans mes rêves ou trop couru tout court?

Les mauvaises nuits, le manque de repos, n’aident en rien la bonne récupération.

Et on dirait que j’accumule un peu des deux…

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Aucun rapport avec la course ici.

Lecture: Les Imperfectionnistes de Tom Rachman. En attente: Les Corrections de Jonathan Franzen.

Musique: All At Once de The Airborne Toxic Event.

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Quand tout est calme.

Se faire un expresso bien serré. Prendre un bouquin de poésie – peu importe. Dans le cas présent, Octavio Paz. L’ouvrir au hasard, pointer son doigt et y lire:

Le monologue te guette à chaque pas, et ses exclamations, ses signes d’interrogation, ses nobles sentiments, ses points sur les i durant un baiser, son moulin de lamentations et son répertoire de miroirs brisés. Poursuis: tu n’as rien à te dire.

(Promenade Nocturne)

Maintenant, relire…

***

Aller en Alaska, passer par le désert

Il n’y a pas si longtemps, je n’aurais jamais pensé aimer courir au froid. Je n’ai jamais été particulièrement fou de l’hiver, hormis pour le ski alpin et peut-être le patin quand j’étais plus jeune. Mais on change, on évolue. Ce qui est tant mieux pour l’être humain, même si on a parfois l’impression que l’humanité, elle, régresse… Anyway… Pour peu qu’on s’en donne la peine, on arrive tranquillement à apprivoiser les choses qui nous déplaisaient encore la veille. Voilà qu’hier matin, en courant par -16 C (on s’entend qu’il y a pire, mais c’est quand même un bon début) dans les sentiers enneigés du Mont St-Bruno, totalement seul, totalement libre, mais n’ayant pas encore assez d’espace, je me suis pris à penser au Susitna 100*, une course de 100 miles… en Alaska. 100 miles par grand froid, grands vents, grandes étendues gelées. Je me suis mis à rêver à la beauté de ce parcours, beauté immense et blanche de plaines et de montagnes, beauté quasi infinie qui doit être à couper le souffle. En l’espace de quelques secondes, et dans la perspective d’une aventure hors norme, mon regard sur l’hiver, le froid et la neige s’est transformé. Du coup, j’étais solidement partant pour l’Alaska!

Bien sûr, c’est tout à fait impensable d’y être cette année. La course a lieu dans moins de cinq semaines et je suis loin d’avoir la forme en ce moment pour affronter 160 km, qui plus est dans des conditions extrêmes. Mais dans un an, deux, trois peut-être. Pourquoi pas? Ça reste à voir. D’ici là, j’ai encore du temps pour m’entraîner à aimer courir au froid…

Il est toujours bon d’avoir ce genre de truc derrière la tête. Ça entretient le rêve. L’inspiration. Ça entretient la passion.

À l’opposé de Susitna 100, je songe toujours et de façon plus constante au Badwater 135. Dans la chaleur intense, cette fois. Death Valley. 135 miles. Et plus j’y songe, plus j’en ai envie. Seulement, c’est toute la logistique propre à cette course qui me rebute un peu… Ce n’est pas un ultra où l’on peut voyager léger, disons. Enfin… Reste que de penser au Badwater 135 quand on court en plein hiver et qu’on en a fini avec nos rêveries sur le Susitna, c’est une sacrée bonne façon de relativiser le facteur vent.

Susitna. Badwater. Le froid. Le chaud.

Entre les deux, une multitudes d’ultras à différents degrés Celsius de difficultés…

*Dans le même genre, il existe «plus fou» que Susitna 100: Iditarod Trail Invitational. 350 miles et 1000 milesNuff said.

***

Entretenir le rêve. Toujours. Prendre son inspiration quand elle passe, où qu’elle soit. Rechercher la beauté, la lumière, même la nuit. Et se dire que tout ce qu’on a à faire, c’est d’avancer.

***

Demain, au programme, quinze kilomètres de trail. Peut-être en raquettes si le temps reste à l’hiver.

Samedi, 20-25K sur route.

***

You haven’t experienced ultrarunning until you complete 100 miles. It’s so much harder than 50, almost like three 50 milers, and it throws everything at you.

Karl Meltzer in TrailRunner, oct. 2010

2012 – Ce qui est à venir

Ainsi, 2012 est bien entamé et déjà quelques bons kilomètres (94) au compteur.

Voici la liste plus ou moins officielle des courses à venir:

– Demi-marathon Banque Scotia (avril).

– TNF Endurance Challenge 50 mile Bear Mountain (début mai).

– Ottawa 5K et marathon (fin mai).

– Ultimate XC 50K (juin).

– Vermont 100 (juillet).

– UTMB (août) – en attente des résultats de la loterie.

– Virgil Crest 100 (septembre) – alternative à l’UTMB.

– Vermont 50 (septembre) – ???…

– X-Trail Asics Orford 21K (octobre).

Essentiellement, ce sont les même gros morceaux qu’en 2011, sauf pour l’UTMB et le Virgil Crest. À cela pourrait s’ajouter quelques autres courses, 5 ou 10K, à voir selon l’inspiration du moment… Les défis maintenant seront d’augmenter le kilométrage de manière efficace et intelligente, éviter les blessures, améliorer les chronos autant que faire se peut et, le cas échéant, affronter le Mont Blanc de la meilleure façon possible, dans le meilleur état possible.

2012 risque d’être une bonne année.

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Hier et ce matin, entraînements au Mont St-Bruno. Pas très rapide à cause de la glace cachée sous une mince couche de neige, mais tout à fait agréable de pouvoir parcourir les sentiers en plein hiver. Sans raquettes ni crampons…

Mont St-Bruno, 9 janvier.

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À méditer ou à se rappeler quand on voudrait rester bien au chaud:

There’s no such thing as bad weather, just soft people. 

Bill Bowerman

Haïkus (l’hiver à méditer)

Ces haïkus sont tombés sous mes yeux en feuilletant un livre au hasard. Ils me semblent particulièrement plein de sens en ce début janvier, surtout avant un entraînement très très tôt le matin… Courir… Courir…

tout simplement

sous la neige qui tombe

Kobayashi Issa

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Sans savoir pourquoi

j’aime ce monde

où nous venons pour mourir

Natsume Sôseki

(Tirés de Haiku, Anthologie du poème court japonais, Poésie/Gallimard)