La Chute du Diable Mountain Hardwear/Montrail

Le 1er septembre prochain, en Mauricie, aura lieu la première édition officielle de l’évènement de course en sentier La Chute du Diable Mountain Hardwear/Montrail. C’est avec plaisir que j’ai accepté l’offre de Michel Lampron et Mario Villemure d’être leur Président d’Honneur pour 2013. Plusieurs parcours seront proposés, du 1 km pour enfants au 50 km pour les plus aguerris, en passant par les 3, 5, 10 et 25 km. Il y en aura pour tous, petits et grands. Michel et Mario nous préparent, j’en suis convaincu, un weekend de course mémorable.

Voici un aperçu du National 50 km:

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On va s’amuser, c’est certain! Je n’ai encore jamais couru dans ce coin de pays et j’ai bien hâte d’y fouler les sentiers. Si tout se passe bien niveau blessure, ce 50 km sera un très bon test préparatoire pour le Virgil Crest 100 qui aura lieu trois semaines plus tard. Comme j’ai une petite revanche à prendre là-bas, aussi bien mettre toutes les chances de mon côté!

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À la conférence de presse du 2 avril, avec Mario Villemure et Michel Lampron, deux passionnés de trailrunning.

Les inscriptions sont ouvertes, n’hésitez pas!

«Le courage croît en osant et la peur en hésitant.»

– Proverbe roumain

Lors de la conférence de presse du 2 avril, j’ai eu l’occasion de déguster les excellentes bières de la micro-brasserie Le Trou du Diable. Après une course, il n’y a rien de meilleur qu’une vraie bonne bière (et un burger!). Celles du Trou du Diable seront à placer en tête de liste!

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On court ensemble en septembre?

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Voie de garage

En janvier, 317.76 km de course. En février, 308.60 km. En mars… une catastrophe: 163.66 maigres kilomètres, la plupart douloureux.

Les blessures, les douleurs plutôt, vont et viennent. En générale, elles sont mineures et ne portent pas trop à conséquence. Un ou deux jours de repos et hop! on repart. Mais voilà que début mars, il y en a une, de douleur, qui est apparue à l’arrière et sur le côté externe de ma jambe gauche. J’ai cru faire ce qu’il fallait. Courtes pauses, massages réguliers, glace, Voltaren, puis retour à l’entrainement. Sans grand succès. Comme j’ai une tête dure d’ultrarunner– un tête de cochon, on peut dire -, j’ai continué à courir en me disant que ça allait passer…

Force est de constater que ça ne passe pas.

Alors que le printemps semble vouloir enfin s’installer pour de bon, je me retrouve sur la voie de garage. Plus de course à pied pour moi pour les deux prochaines semaines, au moins. Après, on verra. Il est bien évident que mon 100 miles en Virgine le 18 mai est sérieusement compromis. Je n’ose encore dire que j’annule ma participation, mais le fait est que je ne peux pas me présenter au Massanutten avec une jambe qui déconne dès le départ. Et il n’est pas question que j’hypothèque le reste de ma saison par orgueil. Je vais donc profiter de ces deux semaines pour réfléchir à tout ça. Advenant une guérison «rapide», aurai-je le temps de bien me reconditionner pour les exigences du MMT100? Ça reste à voir. Et à prendre en considération. La neige étant fondue, j’aurai accès aux sentiers et aux montagnes, mais aurai-je le temps d’y courir assez longtemps et en assez bonne forme…?

Il est bien entendu que je ne vais pas passer ces deux semaines couché sur le dos en attendant que les jours passent. J’ai des rendez-vous  en massothérapie qui déjà semblent doucement porter fruits. Je me fais des traitement de glace. Et je peux nager, faire du vélo et de l’elliptique sans problème. Je vais me concentrer là-dessus. Retourner au gym et faire tout en mon pouvoir pour garder la forme et compenser mon manque de course.

Je préfère toujours regarder le côté positif des choses. Ça devrait aller, dans ce cas. Sinon, je me referai à neuf en mai-juin et viserai un solide VT100 en juillet et un tout aussi solide Virgil Crest en septembre.

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Pour le mois de mars, je prévoyais entre 350 à 400 km de course et pour avril, entre 400 à 500 km. C’est dire combien je suis loin du compte! J’ai une base d’endurance solide, je ne m’en fais pas trop avec ça. Mais n’empêche…

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When you rise in the morning, give thanks for the light,  for your life,  for your strength. Give thanks for your food and for the joy of living. If you see no reason to give thanks, the fault lies in yourself.

Tecumseh

Alimentation: entraînement et course

Je me suis peut-être mal exprimé dans mon dernier billet au sujet de mon alimentation avant entraînement. J’ai écrit que j’allais courir très tôt, avant déjeuner, et donc laissais entendre que je cours à jeun. Ce qui est faux. Je ne cours jamais à jeun. Je pourrais le faire pour un  4-5 km. Plus de 5 km, je n’irais pas loin. Mais lorsque je pars vers les 5 heures du matin, je mange très peu. En générale, un petit pudding de soya au chocolat ou un yaourt (qui passe parfois moins bien) et une banane. Un espresso court et de l’eau. Voilà. Je déjeune pour de bon à mon retour. Et je emporte toujours avec moi un ou deux gels juste au cas, mais je les prends rarement dans des entrainements de moins de 20 kilomètres.

Aussi en hiver, je transporte rarement de l’eau avec moi sauf lors de longues sorties sur route ou en trail. Je bois bien avant de partir et je me réhydrate au retour avec de l’eau de noix de coco (40mg de sodium, 15g de sucre, 680mg de potassium et 60 calories pour 330ml).

Lorsque je me lève en semaine avec la famille et que je vais courir après avoir reconduit ma petite dernière à la garderie, mon déjeuner habituel consiste en ce que j’ai baptisé un Ultrashake. Voici:

– Une poignée de bébés épinards;

– Une petite banane;

– Quelques morceaux de mangue congelés (ou bleuets, ou fraises, c’est selon);

– 2 dattes fraîches dénoyautées;

– 1 cuillère à table de graines de Chia ou de graines de lin moulues*;

– 1 cuillère à table de psyllium (facultatif)*;

– Lait de soya nature non-sucré.

On passe tout ça au mélangeur et voilà le travail. Naturellement, on peut remplacer le lait de soya par le lait qu’on préfère, que ce soit celui de vache, d’amandes ou autre. On peut aussi rajouter des protéines. Dans mon cas, je choisis maintenant du tofu mou nature ou du blanc d’oeuf. Le yaourt grec 0% fait l’affaire, mais la texture du shake devient un peu trop épaisse à mon goût. On peut aussi laisser tomber les fruits congelés, garder la banane et mettre une cuillère à table de beurre d’arachides ou d’amandes nature. L’idée étant de varier à l’occasion pour ne pas avoir l’impression de boire toujours la même chose.

L’avantage majeur d’un Ultrashake est que je n’ai pas besoin d’attendre trop longtemps avant d’aller courir. Il se digère plus facilement, plus rapidement que des céréales ou des toasts. Une heure, une heure et demie après, je peux partir courir sans problème. Ça me soutient amplement. Après la course, un lait au chocolat (soya ou non) ou une poignée de noix et de fruits séchés pour tenir le coup jusqu’au dîner.

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Il m’est plus difficile de me faire un shake avant une course à l’extérieur (Ottawa, Vermont, Bear Mountain, etc.), ainsi j’ai un tout autre rituel: bagel avec beurre d’amandes, bananes, café et généralement une boisson sportive de type Gatorade (plus pour le goût qu’autre chose, je l’avoue…). Deux heures avant le départ, ça me convient tout à fait. Comme la majorité des coureurs et coureuses, j’ai mangé un bon plat de pâtes la veille au souper. Durant un marathon, je bois un peu d’eau à chaque point d’aide et je descends généralement un gel – sans caféine – aux 3/4 d’heure. Avec ça, je m’en sors plutôt bien.

Pour un ultra, si la recette du déjeuner est semblable, l’alimentation en course est différente. Je cours avec une bouteille d’eau de 16 ou 20 onces, deux quand la chaleur se pointe, et j’y vais doucement sur les gels et autres jujubes qui peuvent tomber violemment sur le coeur à cause du sucre. Aux stations d’aide, je vise les bananes, les quartiers d’oranges, les melons d’eau, les bretzels, parfois 1/4 de sandwich au beurre d’arachide et confiture. Quand ma famille et mes amis m’accompagnent comme au Vermont, ils peuvent me refiler des laits au chocolat bien frais, des barres d’énergies et du coke diète, sinon j’en mets dans certains de mes drop-bags. J’ai récemment découvert de petits biscuits «déjeuner» à l’épicerie et je me promets de les essayer en entraînement long. Ils me semblent parfaits: paquets de quatre, pas trop sucrés, pas trop gros. Je crois bien qu’ils tiendront la route… et l’estomac.

À propos d’estomac… Il est toujours pratique d’avoir des Tums ou un autre antiacide à portée de la main durant un ultra. Ça peut parfois faire la différence entre terminer ou abandonner une course…

Je ne suis pas un spécialiste de la nutrition sportive. Mais je ne crois pas aux recettes magiques ni miracles. Je ne suis pas anti-lait, anti-gluten, anti-soya, anti-rien. J’aime la variété. Je crois en une saine alimentation. Dans la vie de tous les jours, je mange de tout. Beaucoup de céréales, de légumes, de légumineuses, de petits fruits, de noix, de yaourt. De la viande, surtout de la volaille. Et oui, j’aime les chips à saveur de côtes levées chimiques et le chocolat, qu’il soit noir, brun ou blanc. À l’occasion, du junk food est ce qu’il y a de meilleur au monde! Je ne suis pas un spécialiste ni un expert et je n’ai aucun conseil à donner. Mais je sais qu’il s’écrit beaucoup de choses en nutrition et il faut faire attention à ce qu’on lit. Comme partout ailleurs, on nous abreuve d’un peu n’importe quoi. Je suis particulièrement suspicieux envers ceux et celles qui prônent l’exclusion, la restriction et la privation. Chez certains ultrarunners – notamment les américains -, la mode anti-gluten est très forte et on privilégie la diète paléolithique. À cela, je dis qu’il faut bien se renseigner avant d’entreprendre quoique ce soit. De lire plus d’un article, de les prendre à différents sources. De consulter une nutritionniste si besoin est (de grâce, pas la personne au gym «qui s’y connait»!). Il y a beaucoup de charlatans en circulation et ils ne sont pas tous pas en finance ou en politique…

Et dans le doute, il y a ce livre:

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 J’ai parlé ici de ce qui me convient, à moi, pour les entraînements et la course. Ce n’est en aucun cas une règle de base et ça ne convient certainement pas à tous et à toutes. J’ai fait et je fais encore beaucoup d’essai/erreur. C’est normal et c’est parfait comme ça. Je ne suis pas un coureur d’élite, je n’ai pas de coach, je n’ai pas de commanditaires à satisfaire. Je n’ai pas de pression sur les épaules quand je cours, en-dehors de la mienne propre. Quelque soit la distance, je cours pour dépasser mes  limites, bien sûr, mais aussi et surtout par passion et par plaisir.

Courir m’aide à mieux manger et ainsi, mieux manger m’aide aussi à mieux courir. Ce n’est pas trop compliqué. Le plan de base est de ne pas tout bousiller en faisant des conneries!

*Petite note ici: Beaucoup de fibres dans les graines de chia, de lin et dans le psyllium. Il s’agit d’y aller avec modération si on veut éviter les problèmes… Le mieux est de s’habituer en commençant par de plus petites quantités. Et comme je l’ai mentionné, ces ingrédients sont facultatifs.

Le froid

S’entraîner sous des températures adverses, difficiles, voire parfois extrêmes, c’est avant tout une sacrée bonne façon de mettre de «l’argent en banque» pour les jours meilleurs…

Je l’ai déjà dit, j’ai appris tranquillement et depuis peu à aimer courir l’hiver. Et je peux le certifier maintenant: j’adore ça! Surtout lorsqu’on traverse des périodes de grands froids comme ces derniers jours.

Il y a cette caricature de Côté, très amusante, parue aujourd’hui:

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Dans le moins amusant, j’ai aussi lu sur Twitter qu’on était «des criss de fous». Peut-être. Peut-être que nous sommes, coureurs et coureuses, des «criss de fous». Reste que c’est une maudite belle folie et je ne l’échangerais pour aucune autre!

Hier matin (mercredi), je me préparais à aller courir quand j’ai réalisé qu’il n’y avait plus d’eau dans la maison. Les tuyaux avaient gelé durant la nuit, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle quand on se réveille et qu’il fait un froid pareil. Résultat, j’ai passé une bonne partie de la journée à attendre le plombier au lieu d’aller courir à -30. Déçu, oui je l’étais. Mais j’avais quand même un peu peur que les tuyaux éclatent partout dans la maison…

Ce matin, tout étant revenu à la normale, je me suis offert un 15 kilomètre dans le froid mordant, craquant, et sous un magnifique soleil d’hiver. Bien sûr que j’ai gelé. Un peu. Les dix premières minutes. Il le faut bien. Mais après, le corps se réchauffe, on prend son rythme, et voilà! Il est toujours préférable de commencer vent de face et finir le vent dans le dos, mais la règle n’est pas toujours applicable. Ce matin, à mi-parcours, j’ai dû traverser une portion de 4-5 km avec un bon vent plein visage. C’est peut-être ce bout de chemin qui a été le plus «payant» de toute ma course…

Il arrive que je me lève les samedis ou les dimanches matins à 4 heures pour aller courir. Même en janvier, février ou mars. La raison est fort simple: ne pas nuire à la vie de famille en passant tous les weekends absent la moitié de la journée. Donc, je me lève à 4 heures du mat, je sors dehors vers 4:45-5:00, et je file pour un 15, 20 ou 30 kilomètre. 40 à l’occasion. Juste comme ça, avant déjeuner. C’est chiant parfois. Souvent. Surtout quand il fait très, très froid. Et que j’aurais pu dormir bien au chaud encore quelques heures, sans pression. Les rues sont tellement désertes que je pourrais pratiquement courir au beau milieu du boulevard Montarville sans aucun risque. Ces sorties-là ne sont pas les plus amusantes. Je l’avoue. Surtout qu’elles sont rarement courues à un rythme très enlevant. Mais il y a une chose par exemple: je sais pertinemment que quelques mois plus tard, au printemps, à l’été ou à l’automne, quand je serai au beau milieu d’un 50 ou d’un 100 mile (et je jure que c’est efficace quelle que soit la distance) et que j’en aurai assez, que je ne voudrai que m’arrêter pour de bon et abandonner au prochain point d’aide (ça arrive toujours dans les ultras, on en peut juste plus!), je sais que je n’aurai qu’à penser à ces foutus samedi ou dimanche matins de janvier ou février ou mars ou peu importe où je suis sorti courir sous des températures abominables, à des heures de cinglés. Et l’envie d’abandon passera sur le champ. Instantanément. On ne se lève pas à des heures pareilles, sous des températures semblables, pour abandonner rendu en pleine course! On ne fait pas ça pour rien. Alors on s’accroche, sérieux!

C’est pour ça que je parle «d’argent en banque» et de «payant».

Si seulement je pouvais être autant d’affaires avec mes RÉERs…

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Une règle importante à suivre lorsqu’on court par temps très froid: bien s’habiller. Il est normal de «geler» un peu les premières minutes, mais rapidement, ça devrait être «endurable». Le truc étant de ne pas avoir trop froid ni trop chaud. Pour ma part, je conseille les sous-vêtements en laine Mérino. Il y a différents degrés pour différentes températures. Ce matin, je portais du 200. J’aurais pu porter du 250 facilement. En générale, en haut de -15, je porte du 150, en-bas, du 200. Et je superpose toujours les couches de vêtements de façon à pouvoir en enlever. Comme je gèle facilement des mains, je mets parfois des Hot Shots dans mes mitaines. Se couvrir le visage est aussi primordiale. Ce matin, je portais une cagoule avec masque en néoprène intégré. Pratiquement tout le visage, sauf les yeux, est couvert et on y respire bien. On fait quelques essais/erreurs au début, mais on trouve rapidement ce qui nous convient.

Dimanche prochain, ce sera le Marathon Intérieur JOGX de Montréal. J’en serai. Je n’ai jamais fait ça, courir 42,2 kilomètres en rond, 222 tours sur une piste de 190 mètres… Quand j’y pense, je ris un peu par en-dedans. Et je me dis que je suis un «criss de fou». Reste que ça va être intéressant, ce marathon. Et… oui, «payant».

Quand votre esprit est étroit, les petites choses vous agitent facilement. Faites de votre esprit un océan, rien ne l’agitera plus.

– Lama Thubten Yeshe

Étranges comme sont les choses parfois…

Étrange comment la mort d’un homme peut nous toucher alors qu’on ne s’y attend pas.

Richard Garneau est décédé la fin de semaine dernière. Un grand journaliste, un grand communicateur.

Je ne l’ai pas connu personnellement. Je ne l’ai même jamais rencontré. Je n’ai même pas été, contrairement à plusieurs de ma génération, un accroc de la Soirée du Hockey où il était un des Maîtres d’oeuvres.

Et pourtant…

Son décès m’a beaucoup touché.

Ces dernières années j’ai suivi Richard Garneau à l’émission de Joël LeBigot à la Première Chaîne de Radio-Canada. Et c’était même celui que j’aimais le plus entendre.

Cet automne, pour la première fois depuis longtemps, je n’ai pas écouté l’émission une seule fois. Je le regrette amèrement. Puisque Richard Garneau y était.

Il n’y sera plus maintenant.

Au revoir, Monsieur Garneau.

Nous avions comme (seul) point commun d’être tous deux marathoniens. J’aurais aimé en parler avec vous. Ça ne se fera pas. Mais l’écho de votre voix, l’une des plus grandes de notre monde, résonnera à jamais en moi.

Au revoir, au revoir…

Une bonne année

Voilà.

L’année vient de se terminer. Elle a été plutôt bonne, niveau course.

Des records personnels (PR) sur 21.1 km (Banque Scotia en avril), au marathon d’Ottawa en mai et sur 100 miles (Vermont 100 en juillet).  J’ai aussi un meilleur temps «non-officiel» sur 50 miles, puisque j’ai couru la première moitié du VT100 en 8 heures 30, approx.

Quelques déceptions aussi: Bear Mountain, Ultimate XC 50K St-Donat, Virgil Crest 100. Ce dernier m’est un peu resté en travers de la gorge. Un 100 miles qui s’est terminé en 50 miles. Douleurs au périoste qui m’ont poussé à abandonner. Ai-je eu raison de le faire? Aurais-je pu continuer? Honnêtement, je m’en veux un peu d’avoir baisser les bras à mi-parcours. J’aurais dû m’accrocher encore quelques miles juste pour voir. Je me demande encore si ce n’est pas ma tête qui a lâché et non le corps… Mais bon, on ne peut pas refaire le passé, on peut seulement en tirer des leçons. En septembre prochain, I’ll be back with a vengeance. 

Xtrail Asics, Orford

Je n’ai pas écrit de billet sur le Xtrail Asics du Mont Orford. Pas par manque d’intérêt, plutôt par manque de temps. Le 21K du Xtrail est une de mes courses préférées. J’aime l’ambiance, le parcours, la camaraderie. C’est un évènement parfaitement bien organisé, familiale, qui offre de nombreux défis. Et chaque année, la température nous réserve des surprises. À la mi-octobre, il peut faire très beau tout comme il peut faire très mauvais. On ne sait jamais ce qui nous attend, ce qui participe à la beauté de la chose. C’est aussi avec cette course que je termine toujours officiellement ma saison. Après, je prends une pause dans l’entraînement, je diminue le volume.

Le Xtrail a donc été ma dernière course en 2012. Le plaisir y était  à 100% et  en bout de ligne, c’est ce qui compte, non?

Minimalisme.

Je ne suis pas partisan du minimalisme à tout prix. J’y trouve certaines qualités et si je refuse maintenant de porter des souliers trop structurés et trop lourds, je me vois encore mal courir 80 ou 160 kilomètres dans des FiveFingers ou des Minimus. (Je cours de plus en plus sur route avec les Mushas de Mizuno qui sont assez léger en soi. En trail, mes souliers de prédilection restent les Mountain Masochits de Montrail, suivi par les S-Lab et les Speedcross de Salomon.)

Par contre, là où j’ai définitivement adopté le minimalisme en ultra, c’est au niveau des accessoires. Less is more. À moins d’y être contraint – ou en entraînement -, on ne me verra plus beaucoup courir avec un Camelback. Encore moins avec une ceinture d’hydratation. Il peut sembler difficile pour certains de s’adapter à la bouteille qu’on tient à la main, mais honnêtement, on oublie vite. C’est selon moi, la méthode la plus rapide, la plus efficace pour s’hydrater et se réapprovisionner lors qu’une course.

Pour ce qui est des gels, barre d’énergies, que l’on porte avec soi… J’ai réalisé que j’en traînais toujours trop. Beaucoup trop. Je suis d’avis qu’une bonne gestion de l’alimentation aux stations d’aide est la meilleure façon d’éviter d’emporter «tout le dépanneur». Un ou deux gels de secours, dépendent de la distance à parcourir, sont suffisants. Ou un petit sachet de fruits séchés. Ou encore un peu de bretzels. Ce qui fait l’affaire. Mais juste le strict nécessaire. Il faut simplement bien se connaître, bien connaître aussi ce que nous offriront les stations de ravitaillement (règle générale, ça ressemble beaucoup à des buffets all you can eat version ultramarathon: oranges, bananes, melons d’eau, cornichons, M&M, jujubes, bretzels, chips, sandwichs au beurre d’arachides et confiture et plus encore… ). Bien gérer aussi les drop bags que l’on sème à certaines stations quand on court sans soutient extérieur. Pour moi, aux endroits stratégiques, laits de soya au chocolat, biscottes salées, barres de protéines font le travail avec quelques morceaux de fruits frais qui nous sont offerts.

Ma version très personnelle du minimalisme: Des vêtements confortables, de bons souliers. Ma montre GPS. Une bouteille. Un GU au beurre d’arachide. Plein de kilomètres devant. Beaucoup d’entêtement.

C’est le plan pour 2013.

Kilométrage 2012.

Mon plus gros mois: 405.43 km, juin.

Mon plus petit: 150.93, août (trois semaines en Italie).

Je croyais bien atteindre les 4000 kilomètres et plus en 2012. Je suis arrivé un peu court. Résultat: 3582.48 kilomètres.

En fait, je m’en fous un peu. Peu importe le nombre de kilomètres couru, que ce soit 100 ou 5000, ce qui compte vraiment, ce qui a une réelle importance, c’est de se lever et d’y aller. De courir.

C’est là où réside la magie.

Musique(s).

Je l’ai déjà dit, je ne cours pas souvent avec de la musique. Je préfère souvent ma propre musique intérieure, celle de mon coeur, de mes pas, de mes pensées. Cette automne par contre, j’ai fait exception à plusieurs reprises et j’ai couru en écoutant Mumford & SonsThe Airborne Toxic Event et aussi, beaucoup, la trame sonore du film Into The Wild.

Voici la chanson qui m’a le plus inspirée cette année. Guaranteed, Eddie Vedder.

Et quelques images…

Petite méditation:

Quand tu marches, marche.
Assis, sois assis.
Surtout n’hésite pas.
– Yun-Men

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(Mont St-Hilaire, 5 janvier 2013.)

 

Joyeuses Fêtes – et bonnes courses!

Déjà Noël et je réalise que je n’ai pas écrit mon blogue depuis le 12 octobre dernier… Plus de deux mois d’absence. Woah! Je m’en excuse. Mais ce n’est pas par paresse. Beaucoup, beaucoup de travail ces derniers temps. Et seulement un peu de course (rien d’extraordinaire, juste assez pour garder la forme).

Je ne vais pas écrire longuement non plus aujourd’hui. Je voulais simplement vous souhaiter de Joyeuses Fêtes et vous dire aussi que j’essaierai d’être plus présent et constant en 2013 sur Zen/Endurance. J’y apporterai quelques modifications et tenterai d’étoffer les sujets, toujours en rapport à la course d’ultra longue distance.

D’ici le 31 décembre, je trouverai sûrement le temps de faire mon bilan-course pour l’année 2012. Les bons moments, les moins bons, le kilométrage couru, les «à refaire» ou «à ne pas refaire», etc. Ce n’est peut-être pas très original, mais ça peut parfois être utile. Une sorte d’aide-mémoire.

Alors voilà. Je vous souhaite à tous et à toutes de très Joyeuses Fêtes, de bons moments en famille et entre amis, de bonnes bouffes et de bonnes bouteilles, et quelques difficiles mais gratifiants kilomètres dans le froid, la pluie, la neige, ou la slush pour aider à digérer tout ça!

Plein de bonheur, plein de bonnes courses!

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Chaque journée

Est une bonne journée.

– Inconnu

Intérieurs (Différentes choses)

Un peu de silence. Et de la Beauté. Oui. Tranquillement fermer les yeux. Et respirer… L’automne.

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Puisqu’il le faut

entraînons-nous à mourir

à l’ombre des fleurs

– Kobayashi Issa

***

In these bodies we will live,

In these bodies we will die

Where you invest your love

You invest your life

– Mumford & Sons, Awake My Soul

***

La tolérance est la racine de la tranquillité et de la confiance.

Vois la colère comme ton ennemie.

Cherche les failles en toi plutôt que chez les autres.

– Tokugawa Ieyasu

***

Ma saison de course se termine officieusement demain, samedi 13 octobre. Ce sera le 21K du Xtrail Asics au Mont Orford. Je croyais ne pas pouvoir y participer cette année, suite à ma blessure au Virgil Crest. Mais comme tout semble relativement bien aller de ce côté – très peu de douleurs depuis quelques jours-, je ne m’en priverai pas. Pas d’attente, que du plaisir. Et des amis coureurs que je vois trop rarement.

***

Ô vent, emporte-moi vers la grande Aventure.

Je veux boire la force âpre de la Nature,

Loin, par-delà l’encerclement des horizons

Que souille la fumée étroite des maisons!

Je veux dormir parmi les cimes blanches,

Sur un lit de frimas, de verglas et de branches,

Bercé par la rumeur de ta voix en courroux,

Et par le hurlement famélique des loups!

– Alfred DesRochers, Hymne au vent du Nord (À l’ombre de l’Orford)

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***

Moi

Je veux bien

M’entrainer tous les jours

À mourir

À l’ombre des fleurs.

80 sur 160 – Virgil Crest Ultra (VCU)

Je ne vais pas chercher d’excuses. Je n’ai pas réussi à livrer la marchandise, samedi 22 septembre, au Virgil Crest 100. C’est dommage, mais ce sont des choses qui arrivent. Je me sentais bien au départ, j’avais hâte, j’avais relativement bien dormi. Mon alimentation était parfaite, je ne suis pas parti trop vite ni trop lentement, j’ai économisé mes énergies pour plus tard. Mais ça n’a pas fonctionné. En aucun moment je ne suis parvenu à trouver mon rythme, ma zone. Je peinais à rester concentré, focusé. Puis de petites douleurs ont commencé à se faire sentir, ce qui est tout à fait normal. Seulement, elles m’apparaissaient cette fois plus aigües qu’à l’habitude et ma jambe droite m’envoyait de drôles de signaux. Elle se déglinguait doucement…

Après 60 et quelques kilomètres, j’ai commencé à marcher. J’ai déjà fait une périostite il y a quelques années alors que je m’entraînais à la corde à danser. Je sentais bien ce qui se passait. C’était désolant. Et j’en étais désolé. Sur une quinzaine de kilomètres, j’ai marché la plupart des montées, des plats et… des descentes! Quand dans un ultra tu te mets à marcher en descendant, eh bien y a un problème.

La blessure à la jambe a commencé à jouer dans ma tête, et comme je l’ai déjà dit, quand la tête n’y est plus…

«Juste avancer» n’était plus suffisant…

Pas d’excuse, donc. Mais une blessure. Et peut-être un petit manque de coeur. Qui sait? Avec le recul, il est certain que je me questionne. Sur le chemin du retour j’ai eu un sérieux blues de l’abandon. Aurais-je pu continuer? Aurais-je continuer?… On se dit oui, on se dit non. On se dit qu’on a bien fait. On se trouve con. Le problème avec du recul, c’est qu’on se trouve surtout un peu lâche. Et le sentiment désagréable d’avoir failli à la tâche nous colle dessus. Seulement voilà: je suis allé courir hier matin (mercredi 26 septembre) au Mont St-Bruno et honnêtement, j’en ai eu assez après 9.5 km super doucement. Aurais-je pu en faire 80 de plus dans la nuit de samedi à dimanche dernier sans aggraver ma blessure? J’en doute fortement.

À présent, il vaut mieux regarder le verre à moitié plein plutôt que celui à moitié vide. J’ai quand même couru 80 km sur 160. J’ai fait une «reconnaissance» du terrain. Je connais le parcours maintenant. Je sais ce qu’il a à offrir, je sais ce qu’il me reste à faire pour le dompter… Et j’ai un nouvel objectif pour 2013.

Une revanche, que ça s’appelle.

Le parcours du Virgil Crest. Aller-retour 1X pour le 50M, 2X pour le 100M.

***

Je vais probablement mettre l’UTMB sur la glace en 2013. En toute honnêteté, je ne crois pas être prêt pour cette course. Pas prêt comme j’aimerais l’être. Il me manque de l’expérience sur 100 mile et aussi – je dirais surtout – de l’expérience en montagne. J’ai besoin de pouvoir maitriser un parcours comme celui du Virgil avant de m’attaquer à plus costaud. Certains coureurs m’ont affirmé que le Virgil Crest est parmi les 100 miles les plus difficiles qu’ils ont eu à faire. Plus difficile que le Leadville 100 – hormis l’altitude… Vrai? Faux? La seule comparaison que je puisse faire est celle avec le VT100 et il est certain que le Virgil Crest offre un degré de difficulté plus élevé. Mais il ne faut pas croire que le VT100 est un 100 mile facile… Reste que l’UTMB est d’une toute autre catégorie et j’aimerais pouvoir le compléter de belle façon. J’ai encore des classes à faire.

***

Je n’aime pas ce qu’il y a d’écrit sous cette photo. On la retrouve sur le site du VCU. Je n’aime pas voir dropped associé à mon nom.

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44 years old male

Boucherville, Qc

Dropped

Rectification du tir à l’automne prochain.

***

Notes…

– À moins d’y être obligé par les règlements, je ne participerai plus à une course avec une veste d’hydratation. Je préfère – et de loin – avoir ma ou mes bouteilles à la main. Plus pratique, plus efficace, plus rapide lors des arrêts aux stations d’aide. Plus de liberté de mouvements aussi. Je peux comprendre que les bouteilles posent problème chez certaines personnes. Mais je m’y suis habitué et j’aime beaucoup cette approche plus minimaliste. Cela dit, en entraînement de longues distances en trail ou lorsque je vais travailler en courant, la veste et son 1.5 litres d’eau sont un must!

– J’ai toujours aimé courir en gardant un oeil sur mes fréquences cardiaques. Mais depuis quelques temps, j’éprouve des difficultés avec ma ceinture cardiofréquencemètre. Soit elle compile de mauvaises données, soit elle ne se synchronise tout simplement pas. C’est ce qui est arrivé au départ du Virgil Crest. Dead zone. Aucune fréquence visible sur la montre. Pourtant, j’étais bien vivant… J’ai couru les deux premiers kilomètres en croyant que ça allait revenir puis je l’ai enlevée. F*** it! Une nouvelle liberté! Depuis, je ne l’ai plus remise. Bien que je compte la porter – si elle fonctionne… – sur des distances comme le marathon ou le demi, elle risque fort de rester dans mon sac au cours de mes prochains ultras…

– Une semaine plus tard. Le KT Tape a fait merveille pour ma périostite. Pour la première fois ce matin, j’ai couru sans douleur. Ce qui est plutôt bon signe.

***

Pour l’automne. Petit haïku d’automne…

Au fond de la brume

le bruit de l’eau –

je pars à sa rencontre

Ozaki Hôsai

Solo

Virgil Crest 100.

Samedi matin, 22 septembre, à 6:00, ce sera le départ. Mon deuxième 100 mile de la saison.

Si je me fis au site web, nous serons 74 à y prendre part (il y a aussi un 50 mile et un 50K qui lui aura lieu dimanche). Le temps limite pour terminer la course – le cut-off time – est de 36 heures, soit 6 heures de plus qu’au VT100. Le premier a avoir franchi la ligne d’arrivée en 2011 l’a fait en 23 heures 22 minutes. Ouais…

Je serai seul cette fois. Solo, total solo. Pas d’équipe aux stations d’aide, pas de pacer pour m’accompagner durant les longues heures de la nuit. Une nouvelle expérience, quoi. Ça risque d’être… assez intéressant.

Pour l’instant, la météo semble plutôt du bon côté pour le weekend. À Cortland NY, on prévoit 21 degrés samedi, ensoleillé avec risque d’averses, et un minimum de 13 degrés pour la nuit. Il est encore trop tôt pour s’en réjouir, mais si ça ressemble à ça, mes vieux os (hé hé) seront contents!

Équipement.

J’aurais bien voulu m’en passer, mais je vais devoir courir avec ma veste d’hydratation. Plus je cours, plus je tends à «épurer» mon équipement. J’ai adopté les bouteilles à la main pour les ultras et ça me plaît bien. La veste, je la porte en entrainement et quand je n’ai pas le choix. Cette fin de semaine, si je veux être le plus autonome possible, je ne l’aurai pas. J’ai un peu de mal à m’imaginer courir avec ça sur le dos pendant 24 heures, peut-être plus. Comme la météo, il faudra faire avec. Sur place, vendredi, je jaugerai la possibilité de la laisser à une station d’aide pour terminer le dernier quart de la course avec une bouteille… À voir.

Pour les souliers, aucun doute: Je compte commencer et finir la course avec mes Mountain Masochists de Montrail. En cas de forte pluie ou de problèmes majeurs, j’aurai mes S-Lab 5 Soft Ground de Salomon en back-up au 50ième mile, mais si je peux éviter de changer, tant mieux.

C’est précisément au 50ième mile que je devrai me préparer pour la nuit. L’idée est de faire ça le plus rapidement possible, sans avoir à trop penser, pour ne pas être tenté par l’abandon. Je me donne 5 minutes, sans lever les yeux de mon sac, avant de repartir au plus vite. (Au Virgil Crest 100, on court deux fois le même parcours: 25 miles pour l’allée, 25 miles pour le retour puis on recommence. Donc, le 50ième mile se trouve à être tant le début, le milieu que la fin de la course… La fatigue et l’approche de la nuit aidant, il doit être assez facile de lever la tête, de lorgner vers une chaise ou sa voiture, de penser à la bière fraîche et à la bouffe chaude et de se dire qu’on en a assez fait pour la journée.) Le changement ne concernera que le haut du corps: chandail en mérinos, coupe-vent imperméable si besoin, petits gants, bandeau, lampe frontale. Un peu de bouffe et c’est reparti.

Quelques trucs.

Je connais un ou deux trucs pour affronter un 100 mile:

D’abord, avancer. Courir, oui, bien sûr, mais surtout avancer. Coûte que coûte, peu importe la vitesse. Aussi, ne pas s’appuyer aux arbres pour reprendre notre souffle. Oublier le confort. Oublier la chaleur. Aux stations d’aide, sourire et ne pas s’attarder, dire aux chaises qui nous font de jolis yeux d’aller se faire foutre.

Avancer. Encore et toujours.

S’accrocher fort quand le corps veut lâcher et que la tête se dévisse.

Tenter de se détacher de soi…

Ouais. Bon. Ok.

On s’en reparle.

Playlist.

Il est plutôt rare que je cours avec de la musique. Je me suis habitué sans. Mais comme une fois n’est pas coutume, je me suis arrangé une petite playlist Virgil Crest 100. J’aurai mon iPod avec moi, juste au cas où. Vais-je m’en servir? Je ne sais pas. J’en doute. Quoiqu’au beau milieu de la nuit, m’offrir une trame sonore pour planer un peu… Pourquoi pas?

Je n’ai rien choisi de trop hard. J’ai plutôt pris des morceaux que j’aime bien écouter en voiture, des morceaux qui me font penser à ceux que j’aime. Des morceaux qui me permettront peut-être de me sentir moins seul.

En voici quelques uns:

The Kids Are Ready to Die – Run – Feels Good At First – Viva la Vida – The Winning Side – Wishing Well – Solsbury Hill – Just Breathe – Down Under – Walk On the Wild Side – The Cave – Long Nights – All These Things That I’ve Done – I Won’t Give Up – Cold Water – End of the Road – Hallelujah. 

Amusant. On dirait un 100 mile en condensé…

Naturellement, si je m’endors trop, il y aura toujours AC/DC.

Sur Twitter.

Lu cette semaine, du Dalai Lama lui-même (je veux bien le croire…):

Training the mind is the source of inner peace.

Dans la même veine, un article intéressant ici (en anglais) sur la force du mentale chez les athlètes d’endurance par Andy DuBois, aussi sur Twitter.

La force du mentale… La paix intérieure… Oui, j’y travaille. Mais ni l’une ni l’autre ne sont sur Twitter.

Eddie Vedder.

Voici ce que dit ce bon vieux Eddie dans la chanson Long Nights tirée du film Into the Night:

Have no fear

For when I’m alone

I’ll be better off than I was before

I’ve got this light

I’ll be around to grow

Who I was before

I cannot recall

I’ll take this soul that’s inside me now

Like a brand new friend

I’ll forever know

I’ve got this light

And the will to show

I will always be better than before

 Pour finir…

À tous ceux et celles qui participeront à l’une ou l’autre des courses du Rock’n Roll Marathon de Montréal, je vous souhaite le meilleur. Du plaisir, des dépassements, plein de records personnels! Sans blessures!!

Enjoy!

Un arbre en solitaire qui tient la route en Toscane, Italie. Août 2012.

Retour à la normale

Tranquillement,  je me remets du Vermont 100. J’ai repris l’entraînement sans forcer, sans me presser. La forme revient en douce. Les jambes sont encore raides, la vitesse est quasi absente, mais le corps fonctionne, il répond bien. Pas de douleur. Pas de mal. C’est surtout un sacré méchant rhume qui m’a plombé dans les jours suivant la course.  Système immunitaire à zéro, on peut comprendre. Et petit blues aussi.

Tranquillement, tout revient à la normale.

***

Il y aurait encore plein de choses à dire sur le VT100. La plus importante, il me semble, serait de glisser un mot à propos de mon «équipe». Ma blonde, mes amis Charles et Geneviève, mes parents, mes filles. Ils ont pris leur weekend pour moi. Ils ont été là à chaque instant, prêts à m’aider, à me supporter,  à me remonter le moral au besoin. À chaque station d’aide où je pouvais les voir, je reprenais des forces. Ils ont parfois été le vent qui me poussait vers l’avant et grâce à eux, je suis reparti à chaque fois avec le sourire. Je veux les remercier. Je l’ai fait en personne, je le refais encore.

Merci. Merci. Merci. Mille fois.

Sans vous, l’épreuve en aurait été une d’un tout autre degré.

***

La prochaine course d’importance sera cette fois en total solo (sans équipe, sans pacer): le Virgil Crest 100, le 22 septembre. J’en reparlerai.

***

Voilà, c’est maintenant le temps des vacances et d’un joli voyage en Italie avec ma famille. Le bonheur. Purement, simplement.

Il y aura un peu de course, naturellement. En Toscane. Au petit matin. Juste pour le plaisir. Juste avant de petit-déjeuner avec ma blonde et mes filles et de partir visiter toutes les beautés qui s’offriront à nous. Et bien sûr, il sera aussi question de bonne bouffe et de bon vin!

Surtout de bonne bouffe et de bon vin!

Life is good.

Bonnes vacances!

Oui. La Toscane. Des collines. Pas de problème.

Chronique du Vermont 100

 

 Le départ à 4:00 du matin, samedi 21 juillet. (Photo Luc Hamel)


L’an dernier, j’ai couru mon premier Vermont 100 – et par le fait même mon premier 100 mile (160km) – en 23 heures 29. Un temps tout à fait respectable, dont je suis fier. J’ai récolté la fameuse Belt Buckle traditionnellement remise à ceux et celles qui terminent une épreuve de 100 mile sous la barre des 24 heures (le temps limite accordé au VT100 est de 30 heures). Jamais je n’avais eu à fournir un effort aussi grand, sur un aussi long terme. Dans les secondes suivants mon arrivée, j’étais prêt à jurer à qui voulait l’entendre que jamais, plus jamais! Pourtant, deux jours plus tard, la poussière retombée, les jambes revenues à la normale, j’étais prêt à m’y remettre sans aucun doute (les gens qui me connaissent bien savent que c’est typiquement moi, ils ne s’en font plus trop avec cela…).

Un an et une semaine plus tard, m’y voilà à nouveau. Prêt à partir. Prêt à en découdre une fois de plus. Et je ne voudrais être nulle part ailleurs. Je me sens bien, calme. Pour une rare fois la veille d’une course, j’ai bien dormi. J’ai fait tout ce qu’il fallait à l’entraînement. J’ai eu mes doutes, mes angoisses. J’ai eu des entraînements encourageants, d’autres parfaitement pathétiques. J’ai fait de très bonnes courses au printemps, d’autres moins bonnes. Maintenant, je n’y peux plus rien. Il me suffit de vivre et de respirer l’instant présent. Ici même, sur la ligne de départ du Vermont 100 Mile Endurance Run. Et je l’apprécie à fond. Il me suffit de vivre, de respirer l’instant présent. Il me suffit maintenant de faire le vide, de courir, d’avancer. Coûte que coûte.

À 4 heures 00, le départ est donné. Les quelques 300 coureurs et coureuses s’élancent dans la fraicheur du petit matin en poussant des cris de joie. Nous sommes plusieurs amis québécois cette année. Il y a devant moi Pierre, Patrick et les deux Vincent. J’entends mon ami Michel rire avec Marie-Pier, juste derrière. On est en milieu de peloton, encore assez serré. Tranquillement, le peloton va s’étirer, s’effilocher en petites grappes de 2-3 coureurs. Plus tard dans la journée, il y aura des moments où je courrai seul, sans voir personne pendant plus d’une heure. Mais pour l’instant, nous sommes ensemble, on discute un peu, on rigole. Le rythme est bon. Life is good.

Les premiers kilomètres se déroulent en douce. Je me fais un devoir de m’en tenir à mon plan qui est très simple: Ne pas partir trop vite, faire MA course et non celle des autres, et surtout, garder des forces pour les longs kilomètres qui m’attendent en fin de journée et dans la nuit. J’aurais envie d’ouvrir un peu la machine, déjà, mais je me répète comme un mantra: Smooth and easy, smooth and easy…

Les amis prennent de l’avance, et si j’ai envie de les suivre, je me retiens. Je jase pendant un moment avec Josh, un gars du Maine qui a couru le Leadville 100 l’an dernier. Il en est à son premier VT100. On marche une première longue montée, j’en profite pour prendre un gel au beurre d’arachide que je fais descendre avec une bonne gorgée d’eau. À la montée suivante, je continue à courir tandis que Josh ralentit le pas. Je me sens bien, je ne pousse pas, et ça roule. Malgré la fraîcheur du matin, la sueur commence à perler. Je bois régulièrement. Je suis parti avec une seule bouteille à la main. Mon équipe m’en refilera une deuxième plus tard si j’en ressens le besoin.

Première station d’aide après 7 miles. Densmore Hill. Je remplis ma bouteille et je repars aussitôt. Je commence à sentir des crampes dans mon ventre et je me demande si ce n’est pas un effet secondaire des antiacides que j’ai pris juste avant le départ. Rien de trop inconfortable, mais quand même, pas agréable. Le genre de malaise qui joue aussi dans la tête, qu’on ne veut pas voir s’aggraver, sur lequel on a très peu de prise… Je préfère avoir mal au genou ou partout ailleurs plutôt qu’au ventre…

Station #2, Dunham Hill. Il y a une toilette chimique, mais elle est déjà occupée et deux autres coureurs font la file. Sans entrer dans les détails, je commence à comprendre d’où viennent les crampes. Je choisis d’attendre mon tour et de faire la file. D’autres coureurs arrivent, font le plein, repartent. D’abord un, puis deux, cinq, dix. Bordel! Je prends une chance et je me remets à courir sans plus attendre. Peut-être y a-t-il une autre toilette à Taftsville Bridge, la station d’aide #3. Je ne m’en souviens plus, mais peu importe, je suis reparti.

En quittant Dunham Hill, on embarque rapidement sur la route asphaltée et s’en suit une longue descente jusqu’à une petite ville qu’on traverse sous les encouragements des habitants et de quelques supporteurs. Mes crampes commencent à être sérieuses. Mais je n’ai pas le choix, il faut que je continue. Je cours de mon mieux, essayant de me concentrer sur ma foulée, sur mes pas. Je sens ma tête qui commence à me lâcher, les pensées négatives se bousculent et je les repousse les unes après les autres.

À Taftsville Bridge, j’arrive à régler mon « problème » et lorsque je repars, je me sens instantanément mieux. Mon moral revient d’un coup. Je rattrape plusieurs coureurs. Et mon rythme s’accélère, toujours dans les limites raisonnables. Encore une petite station d’aide pour refaire le plein en eau et je serai bientôt à Pretty House, la station d’aide où les coureurs rencontrent pour la première fois de la journée leur équipe.

À Pretty House, je retrouve ma blonde, Nathalie, et mes deux grandes filles (ma petite Marion, 3 ans, est resté à la maison avec sa mamie), mes parents ainsi que Charles et Geneviève, mes amis qui vont plus tard courir avec moi les derniers kilomètres de cette journée.

Il est 7 heures 53 quand j’y arrive. Charles remplit ma bouteille d’eau et je remets à Geneviève les manches que je portais au départ et ma lampe frontale. Nathalie me remet des gels au beurre d’arachide que je glisse dans ma Spybelt (petite ceinture à la taille) pour remplacer ceux que j’ai pris. Je prends ma deuxième bouteille par sécurité (la chaleur est là et je ne veux pas manquer d’eau). Je suis prêt. J’essaie de passer le moins de temps possible dans les stations d’aide. Et surtout, de ne pas m’asseoir.

Mais Nathalie ne me laisse pas repartir sans m’embrasser, ce qui deviendra de station en station, le baiser de la chance.

Arrivée à la station #5, Pretty House. (Photo Daniel Grimard.)

Les 8 prochains miles se déroulent plutôt bien. Les chevaux ont commencé à nous rejoindre (traditionnellement aux USA, les courses de 100 miles étaient des courses de chevaux et le VT100 est, à ma connaissance, la seule course du genre où hommes et bêtes se côtoient tout au long du parcours). Le sentier monte sur de hautes collines dans les herbes et si le paysage est magnifique rendu en haut, la descente, elle, s’avère plutôt brutale pour les jambes. Et pour mes pieds.

J’ai choisi de commencer la course avec les Montrail Rogue Fly, souliers de type plutôt minimaliste. Sur les routes de terre et les quelques sentiers que nous avons parcourus depuis le début, ils font merveilles. Mais voilà qu’après pas loin de 50 kilomètres de course, mon pied droit commence à rouler dangereusement vers l’intérieur dès que le parcours devient le moindrement technique. Immédiatement, je prends la décision de changer au ravitaillement suivant. Je n’ai pas de chance à prendre et je sais que mon autre paire, Mountain Masochist II aussi de Montrail, va faire un super beau travail, même si j’avais initialement prévu les mettre à la mi-course ou même seulement en début de soirée.

À l’approche de Stage Road, station #7, j’entends mes filles crier: Papa! Papa! Et ça, c’est un boost d’enfer!


Arrivé à Stage Road à 9 heures 26, après 50 km de course, je suis accueilli par mes filles, Julia et Simone. Le bonheur! (Photo Luc Hamel)

Nathalie m’annonce en souriant que je suis 15 minutes en avance sur mon temps de l’année dernière. C’est plutôt bon à entendre! Elle me demande de quoi j’ai besoin et je lui dit que je vais changer de souliers mais pas de bas et que je ne veux pas m’asseoir. Pendant que Nathalie me met de la crème solaire, mon père me tend un Coke Diète que je cale d’un trait. Pourquoi diète, alors que les autres coureurs boivent du Classique? Parce que le sucre du Coke normal me donne des brûlements d’estomac. Aussi simple que ça. Et un Coke Diète froid avec de la caféine passe beaucoup mieux qu’un café chaud!

Rapide changement de souliers avec le sourire et un coke diète… (Photo Geneviève Lavigne)

En passant devant la table de ravitaillement, je prends quelques morceaux de bananes et de melons d’eau que j’emporte avec moi. Je marche un peu en prenant le temps de manger, mais très vite le pas de course reprend le dessus.

Je fais les 4 ou 5 kilomètres suivants sans voir trop de coureurs. Je suis dans ma bulle, dans ma zone, et tout fonctionne parfaitement. À un certain moment, je sens quelqu’un s’approcher derrière moi. Je me retourne et découvre Pierre, souriant, qui me rejoint. Je le croyais devant moi depuis longtemps, mais il me dit qu’il a pris tout son temps à une des stations d’aide principales. Pierre est un excellent coureur. Il en est à son premier 100 mile. À partir de ce moment, on va faire un bon bout de chemin ensemble.

Les 17 kilomètres qui suivent nous apportent notre lot de longues montées, de bonnes descentes, ainsi qu’un grand bout de route asphaltée, avant de nous faire passer par une belle petite portion de single track. Au sortir du sentier, il y a une petite montée qui nous amène à la station #13, Jenne Farm. De là, il ne reste 2.5 km avant Camp 10 Bear I qui est la station située quasiment à la mi-parcours (on passe à cette station deux fois, la deuxième fois au 70ième mile). Je décide d’ouvrir un peu les valves pour ces 2 kilomètres et demi qui sont pratiquement en descente et je me lance. J’y vais assez vite, sans mettre les freins sur mes quadriceps, je me laisse aller. Je file pas mal et Pierre me suit. J’arrive aux abords de Camp 10 Bear à plein gaz. J’aperçois tout de suite Junior, Luc et Daniel, le Team de mon ami Michel, et aussi les photographes attitrés. Je suis content de les voir. Je me dirige vers la pesée obligatoire. À mon arrivée au check-up médical, vendredi 15:00, j’ai été pesé à 175.3 livres. Je pèse à présent 172.1 livres. Je suis ok pour continuer (une perte de 5% de notre poids initial et nous sommes mis sous observation et réhydratation, 7% et c’est la fin de la course, à l’inverse une prise de poids de + de 6% peut indiquer un problème sérieux comme un dysfonctionnement des reins et c’est l’arrêt immédiat).

Pesée officielle à Camp 10 Bear I, 12 heures 43. (Photo Daniel Chartier)

Cinq minutes plus tôt et j’aurais manqué mon équipe qui est arrivée tout juste comme je descendais de la balance. J’avais maintenant près de 40 minutes d’avance sur mon temps de 2011. On s’est rapidement installé dans un coin pour le ravitaillement.

Et c’est là où j’ai faille gaffer…

Dans mon désir de ne pas m’attarder aux stations d’aide, j’ai ingurgité tout ce qu’on me donnait à boire et à manger à la vitesse de l’éclair et je suis reparti les mains pleines de melons et de bananes. Ça aurait pu mal tourner… Il y avait un long bout de chemin de campagne à faire au soleil et je savais qu’une solide et sévère montée m’attendait dans le bois. Je courrais d’un bon pas… et j’ai commencé à avoir mal au coeur et à me sentir gonflé. Je me suis trouvé idiot d’avoir bouffé comme ça, mais je ne pouvais plus rien y faire. Je me suis concentré sur mes pas, sur mon rythme de course/marche, j’ai mis mon esprit un peu au devant de moi pour qu’il me tire vers l’avant. Ç’a fonctionné et rendu tout en haut, j’ai vu la petite affiche où l’on pouvait lire: 51 miles done, 49 to go. J’ai souri en me disant qu’à partir de maintenant, métaphoriquement du moins, ça descendait…

J’ai retrouvé toute mon équipe à Tracer Brook, station #17.  Cette fois, j’ai pris le temps de mastiquer les aliments… Nathalie a mis de la glace dans un foulard qu’elle a noué autour de mon cou. Je ne me suis quand même pas attarder, mais j’avais le moral. Les kilomètres précédents, je les avais bien couru, ça c’était bien enchaîné et j’avais rattrapé pas mal de coureurs. J’avais maintenant plus d’une heure d’avance sur mon temps de l’année précédente. Je ne m’énervais pas trop avec ça, mais ça me donnait confiance.

En quittant Tracer Brook, une montée interminable s’offrait aux coureurs. Une de celles qui semblent vouloir s’éterniser à jamais.

De la glace autour du cou à Tracer Brook, 14 heures 47. (Photo Geneviève Lavigne)

Tout va bien, je repars! Avec mon père en arrière-plan et Charles à mes côtés. (Photo Luc Hamel)

Pierre m’a rejoint à nouveau tout de suite après la station #18, Prospect Hill. On a retrouvé nos équipes respectives à Margaritaville où l’on ne s’est pas attardé ni l’un ni l’autre. De Margaritaville à Camp 10 Bear II, 12 kilomètres à faire. Je courrais avec Pierre mais j’étais aussi beaucoup dans ma tête. Intérieurement, j’ai du me battre avec moi-même au cours de cette portion du parcours. J’avais l’impression que je n’y arriverais tout simplement pas. Je ne sais pas pourquoi, mais ça s’est insinué en moi comme ça. Je me sentais lourd, crevé. Je n’ai rien dit à Pierre. Je traversais un creux. Un mur. Un méchant coup de barre!

Quand j’ai vu Julia à l’approche de Camp 10 Bear II, j’ai comme eu un coup de fouet. 70ième mile. 112.65 kilomètres de parcouru. Encore 47 autres km à faire. À peine plus qu’un marathon… La nuit s’en vient… Allez, hop! On se botte le cul!

17 heures 30 à ma deuxième visite de Camp 10 Bear. Je pèse 171.4. Good to goJ’en profite pour changer de camisole. Je mange un peu même si j’ai tout sauf faim… Je sens ma forme qui est revenue. Geneviève s’est préparée pour courir avec moi puisque les pacers sont autorisé à nous accompagner à partir d’ici jusqu’à la fin, mais je préfère repartir seul pour une dernière fois. C’était prévu comme ça, de toute manière. J’ai besoin de ces derniers kilomètres en solo avec moi-même pour finir la course.

Changement à Camp 10 Bear II. (Photo Geneviève Lavigne)

Ready to go for another round. (Photo Luc Hamel)

Départ de Camp 10 Bear II avant la nuit. (Photo Luc Hamel)

Quand j’arrive à Spirit of 76 près d’une heure quarante-cinq plus tard, je commence à me sentir pas mal vidé et j’appréhende un peu la portion à venir. Les 18 kilomètres qui m’attendent m’avaient parus durer toujours en 2011. Mais je les avais couru dans la noirceur la plus complète, alors que maintenant, il fait encore clair et pour au moins une bonne grosse heure et plus. Au niveau du moral, c’est un avantage certain.

À partir d’ici, Charles embarque avec moi. Il m’accompagnera jusqu’à Bill’s où Geneviève prendra le relais et je le retrouverai à Polly’s pour terminer la course avec lui.

À Spirit of 76, juste avant de repartir pour 18 longs km, je me sens vidé. (Photo de Geneviève Lavigne)

Encore une fois, je ne m’attarde pas à la station. Je dis à Charles que je vais courir devant et c’est ok pour lui. Mais il se rend vite compte que je traîne de la patte. Il me suggère de prendre la tête dans les montées et de me laisser leader les descentes (j’ai encore du jus dans les descentes). Parfait. Je dois me parler intérieurement, me fouetter un peu. Je sens la paresse m’envahir. Je crois y arriver, je trouve encore du gaz dans le réservoir, et on termine ces 18 foutus kilomètres en 2 heures 20 environ.

Arrivée à Bill’s. Nouvelle pesée médicale: 171.0. La bénévole me demande: How do you feel? Je réponds en riant: Best shape of my life!!! Naturellement, je blague et ça la fait sourire, mais n’empêche que je me sens pas si mal. Je repars avec Geneviève pour un autre 11 kilomètres. Dès les premières foulées, je la préviens de la « monstrueuse » montée que nous allons avoir à affronter dans quelques mètres. Du moins, dans mon souvenir, cette montée m’avait parue « monstrueuse »… Il n’en est rien! Tant mieux! Rendu en haut, c’est une longue descente dans les champs. J’aperçois des lampes frontale qui dansent au loin. Bientôt, on rejoint la route et on rattrape encore quelques coureurs.

Les 11 kilomètres sont réglés en plus ou moins 1 heures 15.

Enfin, Polly’s! Station #28. 95.9 miles (154.33 kilomètres). Je n’ai plus tellement la notion du temps. On me dit qu’il est 23 heures 11. Dans le pire des cas, je serai rendu à minuit et demi.

J’embrasse Nathalie. Quand on va se revoir, ce sera à la ligne d’arrivée!

Dans l’empressement, Charles et moi passons tout droit alors qu’il aurait fallu tourner à gauche. Ni l’un ni l’autre n’avons vu la flèche. Deux cents mètres plus loin, nous arrivons devant une route. Aucune indication. Cul-de-sac pour nous. Oups! Je me retourne et vois passer des lumières de frontales dans le bois un peu plus haut. On fait tout de suite demi-tour. On court. L’embranchement est là, on l’a simplement manqué. Heureusement, on s’en est aperçu tôt.

La course reprend. Mais je n’ai plus grand-chose dans le corps. Je commence sérieusement à manquer de gaz, je veux juste finir. J’aurais aimé courir cette portion de bout en bout mais, typique du VT100, ça monte encore et encore alors que l’on croit que c’est fini… Lorsque j’aperçois la petite pancarte qui indique: 1 mile to go! Je sais pertinemment que ce sera le one mile le plus long de cette longue, longue journée!

À 00:08, dimanche le 22 juillet, je franchis la ligne d’arrivée. Toute ma gang est là. On se sert dans nos bras, on s’embrasse. Un bénévole me remet une médaille de participation. Je demande à mon père: Où est la chaise? Elle est tout près, on m’y amène, je m’y assois. Je ne réalise pas encore que j’ai retranché 3 heures 20 à mon temps de l’an passé. Je viens de terminer le VT100 en 20 heures 08 minutes et 54 secondes…

Enfin rendu! L’effet embrouillé de la photo reflète très bien l’état de mon esprit…

Une fois les classements ajustés, je serai 35ième overall et 10ième sur 67 chez les 40-49. Mon meilleur temps dans une course.

J’aurais aimé resté à la ligne d’arrivée pour attendre mes amis. Mais la nuit fraîche m’a donné le frisson instantané et même habillé chaudement, je grelottais. Une douche chaude m’aurait aidé, mais comme il n’y en avait pas sur place, j’ai choisi de rentrer à l’hôtel avec les autres pour me laver et dormir un peu.

Je suis revenu sur place à 9 heures le matin pour encourager les derniers coureurs. Michel était là. Et Patrick avec Louis, qui n’a pas pu courir à cause d’une blessure mais qui a passé la journée et une bonne partie de la nuit à être bénévole. Et Vincent. Pierre nous a rejoint avec sa famille sous la tente, un peu plus tard, pour le BBQ et la remise des Belt Buckles. On s’est tous félicité, raconté un peu nos courses. On a mangé, pris quelques bières, reçu nos prix. Et on s’est dit au revoir.

Voilà!

See you next year, VT100!

Remise de la Belt Buckle (emballée!) par la Race Director, Julia Hutchinson.

Se préparer au pire, espérer le meilleur

Nous y voilà presque. Seize jours encore. Deux petites semaines. Aussi bien dire demain.

Ce sera le Vermont 100 Mile Endurance Run.

J’en serai à ma deuxième année. Mon deuxième 100 mile. J’ai bien sûr envie d’y faire un bon temps, selon mes standards. Un temps meilleur que celui de l’an passé. Mais ce n’est pas le seul but. En fait, le temps ici importe peu. La journée sera longue. On ne court pas 160 kilomètres comme on court un marathon. On ne peut pas courir après le temps sur un 100 mile, à moins bien sûr d’être un coureur élite. Et je suis loin d’en être un. Je n’ai pas la prétention de le devenir, je n’en ai pas non plus le talent. On court un 100 mile pour l’aventure personnelle, pour l’envie de se dépasser à très grande échelle. Pour le voyage intérieur aussi. On ne peut pas courir 160 kilomètres sans aimer être seul à l’intérieur de soi pendant de longs, longs moments. On ne peut pas non plus courir 160 kilomètres sans aimer (un peu) souffrir. Beaucoup. Sans aimer un peu souffrir beaucoup.

***

«Prepare for the worst, hope for the best.»

J’ai lu cette phrase il y a quelques années déjà, dans la revue Ultrarunning. Un proverbe anglais. Anonyme. Qui pourrait être, à ce que j’ai pu comprendre, une interprétation de certains passages de la Bible, notamment dans les Actes de l’Apôtre Paul… Ouais… Je ne lis pas beaucoup la Bible. Jamais pour ainsi dire. Par contre, je lis beaucoup Ultrarunning.

J’ai lu cette phrase il y a longtemps et elle m’est restée. Comme d’autres plus littéraires de Kerouac, d’Henry Miller, de Jim Harrison… Phrases que j’ai souvent du mal à retrouver dans les livres, mais dont j’ai encore le goût, la sensation, la force dans mon esprit… Il y en a une de Jim Harrison. Dans son roman Dalva. Qui parle de chiens perdus qui font des centaines de kilomètres sur les routes de campagnes, sous la pluie, qui dorment sous les ponts, des chiens qui marchent et courent des centaines de kilomètres pour retrouver leur famille… Je ne peux pas la citer mots pour mots, mais je me souviens de sa tristesse, de sa beauté… Je me souviens de sa force. Comme un poème.

«Prepare for the worst, hope for the best.» 

Cette petite phrase, donc, facile à retenir, s’applique parfaitement aux Ultras. Et particulièrement bien aux 100 miles. Ce n’est pas une phrase qui vaut cher. Mais elle n’en reste pas moins forte.

Elle s’applique aux Ultras comme à la vie en générale. On pourrait se dire ça juste avant de venir au monde…

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J’ai fait ce qu’il fallait en entraînement. Je suis prêt au pire, il me reste maintenant à espérer le meilleur.

Encore seize jours, deux petites semaines, aussi bien dire jusqu’à demain pour me garder à niveau…

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Timothy A. Olson a remporté en un temps record la dernière édition du Western State 100. Pour ceux et celles qui aimeraient lire son rapport de course:

http://www.irunfar.com/2012/07/laughing-out-loud-timothy-olsons-2012-western-states-100-race-report.html

Non seulement Tim Olson me donne envie de me dépasser et d’être un meilleur coureur, il m’a aussi donné envie de lire Siddhartha d’Hermann Hesse. Je ne l’avais encore jamais fait. On aura jamais assez d’une vie pour lire tout ce qu’on voudrait.

Siddhartha. Ça ne fera pas de moi un coureur plus rapide, mais c’est ce livre qui m’accompagnera jusqu’au Vermont.

Littérature et ultrarunning. Rien à redire.