Le froid

S’entraîner sous des températures adverses, difficiles, voire parfois extrêmes, c’est avant tout une sacrée bonne façon de mettre de «l’argent en banque» pour les jours meilleurs…

Je l’ai déjà dit, j’ai appris tranquillement et depuis peu à aimer courir l’hiver. Et je peux le certifier maintenant: j’adore ça! Surtout lorsqu’on traverse des périodes de grands froids comme ces derniers jours.

Il y a cette caricature de Côté, très amusante, parue aujourd’hui:

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Dans le moins amusant, j’ai aussi lu sur Twitter qu’on était «des criss de fous». Peut-être. Peut-être que nous sommes, coureurs et coureuses, des «criss de fous». Reste que c’est une maudite belle folie et je ne l’échangerais pour aucune autre!

Hier matin (mercredi), je me préparais à aller courir quand j’ai réalisé qu’il n’y avait plus d’eau dans la maison. Les tuyaux avaient gelé durant la nuit, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle quand on se réveille et qu’il fait un froid pareil. Résultat, j’ai passé une bonne partie de la journée à attendre le plombier au lieu d’aller courir à -30. Déçu, oui je l’étais. Mais j’avais quand même un peu peur que les tuyaux éclatent partout dans la maison…

Ce matin, tout étant revenu à la normale, je me suis offert un 15 kilomètre dans le froid mordant, craquant, et sous un magnifique soleil d’hiver. Bien sûr que j’ai gelé. Un peu. Les dix premières minutes. Il le faut bien. Mais après, le corps se réchauffe, on prend son rythme, et voilà! Il est toujours préférable de commencer vent de face et finir le vent dans le dos, mais la règle n’est pas toujours applicable. Ce matin, à mi-parcours, j’ai dû traverser une portion de 4-5 km avec un bon vent plein visage. C’est peut-être ce bout de chemin qui a été le plus «payant» de toute ma course…

Il arrive que je me lève les samedis ou les dimanches matins à 4 heures pour aller courir. Même en janvier, février ou mars. La raison est fort simple: ne pas nuire à la vie de famille en passant tous les weekends absent la moitié de la journée. Donc, je me lève à 4 heures du mat, je sors dehors vers 4:45-5:00, et je file pour un 15, 20 ou 30 kilomètre. 40 à l’occasion. Juste comme ça, avant déjeuner. C’est chiant parfois. Souvent. Surtout quand il fait très, très froid. Et que j’aurais pu dormir bien au chaud encore quelques heures, sans pression. Les rues sont tellement désertes que je pourrais pratiquement courir au beau milieu du boulevard Montarville sans aucun risque. Ces sorties-là ne sont pas les plus amusantes. Je l’avoue. Surtout qu’elles sont rarement courues à un rythme très enlevant. Mais il y a une chose par exemple: je sais pertinemment que quelques mois plus tard, au printemps, à l’été ou à l’automne, quand je serai au beau milieu d’un 50 ou d’un 100 mile (et je jure que c’est efficace quelle que soit la distance) et que j’en aurai assez, que je ne voudrai que m’arrêter pour de bon et abandonner au prochain point d’aide (ça arrive toujours dans les ultras, on en peut juste plus!), je sais que je n’aurai qu’à penser à ces foutus samedi ou dimanche matins de janvier ou février ou mars ou peu importe où je suis sorti courir sous des températures abominables, à des heures de cinglés. Et l’envie d’abandon passera sur le champ. Instantanément. On ne se lève pas à des heures pareilles, sous des températures semblables, pour abandonner rendu en pleine course! On ne fait pas ça pour rien. Alors on s’accroche, sérieux!

C’est pour ça que je parle «d’argent en banque» et de «payant».

Si seulement je pouvais être autant d’affaires avec mes RÉERs…

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Une règle importante à suivre lorsqu’on court par temps très froid: bien s’habiller. Il est normal de «geler» un peu les premières minutes, mais rapidement, ça devrait être «endurable». Le truc étant de ne pas avoir trop froid ni trop chaud. Pour ma part, je conseille les sous-vêtements en laine Mérino. Il y a différents degrés pour différentes températures. Ce matin, je portais du 200. J’aurais pu porter du 250 facilement. En générale, en haut de -15, je porte du 150, en-bas, du 200. Et je superpose toujours les couches de vêtements de façon à pouvoir en enlever. Comme je gèle facilement des mains, je mets parfois des Hot Shots dans mes mitaines. Se couvrir le visage est aussi primordiale. Ce matin, je portais une cagoule avec masque en néoprène intégré. Pratiquement tout le visage, sauf les yeux, est couvert et on y respire bien. On fait quelques essais/erreurs au début, mais on trouve rapidement ce qui nous convient.

Dimanche prochain, ce sera le Marathon Intérieur JOGX de Montréal. J’en serai. Je n’ai jamais fait ça, courir 42,2 kilomètres en rond, 222 tours sur une piste de 190 mètres… Quand j’y pense, je ris un peu par en-dedans. Et je me dis que je suis un «criss de fou». Reste que ça va être intéressant, ce marathon. Et… oui, «payant».

Quand votre esprit est étroit, les petites choses vous agitent facilement. Faites de votre esprit un océan, rien ne l’agitera plus.

– Lama Thubten Yeshe

Étranges comme sont les choses parfois…

Étrange comment la mort d’un homme peut nous toucher alors qu’on ne s’y attend pas.

Richard Garneau est décédé la fin de semaine dernière. Un grand journaliste, un grand communicateur.

Je ne l’ai pas connu personnellement. Je ne l’ai même jamais rencontré. Je n’ai même pas été, contrairement à plusieurs de ma génération, un accroc de la Soirée du Hockey où il était un des Maîtres d’oeuvres.

Et pourtant…

Son décès m’a beaucoup touché.

Ces dernières années j’ai suivi Richard Garneau à l’émission de Joël LeBigot à la Première Chaîne de Radio-Canada. Et c’était même celui que j’aimais le plus entendre.

Cet automne, pour la première fois depuis longtemps, je n’ai pas écouté l’émission une seule fois. Je le regrette amèrement. Puisque Richard Garneau y était.

Il n’y sera plus maintenant.

Au revoir, Monsieur Garneau.

Nous avions comme (seul) point commun d’être tous deux marathoniens. J’aurais aimé en parler avec vous. Ça ne se fera pas. Mais l’écho de votre voix, l’une des plus grandes de notre monde, résonnera à jamais en moi.

Au revoir, au revoir…

Une bonne année

Voilà.

L’année vient de se terminer. Elle a été plutôt bonne, niveau course.

Des records personnels (PR) sur 21.1 km (Banque Scotia en avril), au marathon d’Ottawa en mai et sur 100 miles (Vermont 100 en juillet).  J’ai aussi un meilleur temps «non-officiel» sur 50 miles, puisque j’ai couru la première moitié du VT100 en 8 heures 30, approx.

Quelques déceptions aussi: Bear Mountain, Ultimate XC 50K St-Donat, Virgil Crest 100. Ce dernier m’est un peu resté en travers de la gorge. Un 100 miles qui s’est terminé en 50 miles. Douleurs au périoste qui m’ont poussé à abandonner. Ai-je eu raison de le faire? Aurais-je pu continuer? Honnêtement, je m’en veux un peu d’avoir baisser les bras à mi-parcours. J’aurais dû m’accrocher encore quelques miles juste pour voir. Je me demande encore si ce n’est pas ma tête qui a lâché et non le corps… Mais bon, on ne peut pas refaire le passé, on peut seulement en tirer des leçons. En septembre prochain, I’ll be back with a vengeance. 

Xtrail Asics, Orford

Je n’ai pas écrit de billet sur le Xtrail Asics du Mont Orford. Pas par manque d’intérêt, plutôt par manque de temps. Le 21K du Xtrail est une de mes courses préférées. J’aime l’ambiance, le parcours, la camaraderie. C’est un évènement parfaitement bien organisé, familiale, qui offre de nombreux défis. Et chaque année, la température nous réserve des surprises. À la mi-octobre, il peut faire très beau tout comme il peut faire très mauvais. On ne sait jamais ce qui nous attend, ce qui participe à la beauté de la chose. C’est aussi avec cette course que je termine toujours officiellement ma saison. Après, je prends une pause dans l’entraînement, je diminue le volume.

Le Xtrail a donc été ma dernière course en 2012. Le plaisir y était  à 100% et  en bout de ligne, c’est ce qui compte, non?

Minimalisme.

Je ne suis pas partisan du minimalisme à tout prix. J’y trouve certaines qualités et si je refuse maintenant de porter des souliers trop structurés et trop lourds, je me vois encore mal courir 80 ou 160 kilomètres dans des FiveFingers ou des Minimus. (Je cours de plus en plus sur route avec les Mushas de Mizuno qui sont assez léger en soi. En trail, mes souliers de prédilection restent les Mountain Masochits de Montrail, suivi par les S-Lab et les Speedcross de Salomon.)

Par contre, là où j’ai définitivement adopté le minimalisme en ultra, c’est au niveau des accessoires. Less is more. À moins d’y être contraint – ou en entraînement -, on ne me verra plus beaucoup courir avec un Camelback. Encore moins avec une ceinture d’hydratation. Il peut sembler difficile pour certains de s’adapter à la bouteille qu’on tient à la main, mais honnêtement, on oublie vite. C’est selon moi, la méthode la plus rapide, la plus efficace pour s’hydrater et se réapprovisionner lors qu’une course.

Pour ce qui est des gels, barre d’énergies, que l’on porte avec soi… J’ai réalisé que j’en traînais toujours trop. Beaucoup trop. Je suis d’avis qu’une bonne gestion de l’alimentation aux stations d’aide est la meilleure façon d’éviter d’emporter «tout le dépanneur». Un ou deux gels de secours, dépendent de la distance à parcourir, sont suffisants. Ou un petit sachet de fruits séchés. Ou encore un peu de bretzels. Ce qui fait l’affaire. Mais juste le strict nécessaire. Il faut simplement bien se connaître, bien connaître aussi ce que nous offriront les stations de ravitaillement (règle générale, ça ressemble beaucoup à des buffets all you can eat version ultramarathon: oranges, bananes, melons d’eau, cornichons, M&M, jujubes, bretzels, chips, sandwichs au beurre d’arachides et confiture et plus encore… ). Bien gérer aussi les drop bags que l’on sème à certaines stations quand on court sans soutient extérieur. Pour moi, aux endroits stratégiques, laits de soya au chocolat, biscottes salées, barres de protéines font le travail avec quelques morceaux de fruits frais qui nous sont offerts.

Ma version très personnelle du minimalisme: Des vêtements confortables, de bons souliers. Ma montre GPS. Une bouteille. Un GU au beurre d’arachide. Plein de kilomètres devant. Beaucoup d’entêtement.

C’est le plan pour 2013.

Kilométrage 2012.

Mon plus gros mois: 405.43 km, juin.

Mon plus petit: 150.93, août (trois semaines en Italie).

Je croyais bien atteindre les 4000 kilomètres et plus en 2012. Je suis arrivé un peu court. Résultat: 3582.48 kilomètres.

En fait, je m’en fous un peu. Peu importe le nombre de kilomètres couru, que ce soit 100 ou 5000, ce qui compte vraiment, ce qui a une réelle importance, c’est de se lever et d’y aller. De courir.

C’est là où réside la magie.

Musique(s).

Je l’ai déjà dit, je ne cours pas souvent avec de la musique. Je préfère souvent ma propre musique intérieure, celle de mon coeur, de mes pas, de mes pensées. Cette automne par contre, j’ai fait exception à plusieurs reprises et j’ai couru en écoutant Mumford & SonsThe Airborne Toxic Event et aussi, beaucoup, la trame sonore du film Into The Wild.

Voici la chanson qui m’a le plus inspirée cette année. Guaranteed, Eddie Vedder.

Et quelques images…

Petite méditation:

Quand tu marches, marche.
Assis, sois assis.
Surtout n’hésite pas.
– Yun-Men

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(Mont St-Hilaire, 5 janvier 2013.)