Intérieurs (Différentes choses)

Un peu de silence. Et de la Beauté. Oui. Tranquillement fermer les yeux. Et respirer… L’automne.

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Puisqu’il le faut

entraînons-nous à mourir

à l’ombre des fleurs

– Kobayashi Issa

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In these bodies we will live,

In these bodies we will die

Where you invest your love

You invest your life

– Mumford & Sons, Awake My Soul

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La tolérance est la racine de la tranquillité et de la confiance.

Vois la colère comme ton ennemie.

Cherche les failles en toi plutôt que chez les autres.

– Tokugawa Ieyasu

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Ma saison de course se termine officieusement demain, samedi 13 octobre. Ce sera le 21K du Xtrail Asics au Mont Orford. Je croyais ne pas pouvoir y participer cette année, suite à ma blessure au Virgil Crest. Mais comme tout semble relativement bien aller de ce côté – très peu de douleurs depuis quelques jours-, je ne m’en priverai pas. Pas d’attente, que du plaisir. Et des amis coureurs que je vois trop rarement.

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Ô vent, emporte-moi vers la grande Aventure.

Je veux boire la force âpre de la Nature,

Loin, par-delà l’encerclement des horizons

Que souille la fumée étroite des maisons!

Je veux dormir parmi les cimes blanches,

Sur un lit de frimas, de verglas et de branches,

Bercé par la rumeur de ta voix en courroux,

Et par le hurlement famélique des loups!

– Alfred DesRochers, Hymne au vent du Nord (À l’ombre de l’Orford)

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Moi

Je veux bien

M’entrainer tous les jours

À mourir

À l’ombre des fleurs.

80 sur 160 – Virgil Crest Ultra (VCU)

Je ne vais pas chercher d’excuses. Je n’ai pas réussi à livrer la marchandise, samedi 22 septembre, au Virgil Crest 100. C’est dommage, mais ce sont des choses qui arrivent. Je me sentais bien au départ, j’avais hâte, j’avais relativement bien dormi. Mon alimentation était parfaite, je ne suis pas parti trop vite ni trop lentement, j’ai économisé mes énergies pour plus tard. Mais ça n’a pas fonctionné. En aucun moment je ne suis parvenu à trouver mon rythme, ma zone. Je peinais à rester concentré, focusé. Puis de petites douleurs ont commencé à se faire sentir, ce qui est tout à fait normal. Seulement, elles m’apparaissaient cette fois plus aigües qu’à l’habitude et ma jambe droite m’envoyait de drôles de signaux. Elle se déglinguait doucement…

Après 60 et quelques kilomètres, j’ai commencé à marcher. J’ai déjà fait une périostite il y a quelques années alors que je m’entraînais à la corde à danser. Je sentais bien ce qui se passait. C’était désolant. Et j’en étais désolé. Sur une quinzaine de kilomètres, j’ai marché la plupart des montées, des plats et… des descentes! Quand dans un ultra tu te mets à marcher en descendant, eh bien y a un problème.

La blessure à la jambe a commencé à jouer dans ma tête, et comme je l’ai déjà dit, quand la tête n’y est plus…

«Juste avancer» n’était plus suffisant…

Pas d’excuse, donc. Mais une blessure. Et peut-être un petit manque de coeur. Qui sait? Avec le recul, il est certain que je me questionne. Sur le chemin du retour j’ai eu un sérieux blues de l’abandon. Aurais-je pu continuer? Aurais-je continuer?… On se dit oui, on se dit non. On se dit qu’on a bien fait. On se trouve con. Le problème avec du recul, c’est qu’on se trouve surtout un peu lâche. Et le sentiment désagréable d’avoir failli à la tâche nous colle dessus. Seulement voilà: je suis allé courir hier matin (mercredi 26 septembre) au Mont St-Bruno et honnêtement, j’en ai eu assez après 9.5 km super doucement. Aurais-je pu en faire 80 de plus dans la nuit de samedi à dimanche dernier sans aggraver ma blessure? J’en doute fortement.

À présent, il vaut mieux regarder le verre à moitié plein plutôt que celui à moitié vide. J’ai quand même couru 80 km sur 160. J’ai fait une «reconnaissance» du terrain. Je connais le parcours maintenant. Je sais ce qu’il a à offrir, je sais ce qu’il me reste à faire pour le dompter… Et j’ai un nouvel objectif pour 2013.

Une revanche, que ça s’appelle.

Le parcours du Virgil Crest. Aller-retour 1X pour le 50M, 2X pour le 100M.

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Je vais probablement mettre l’UTMB sur la glace en 2013. En toute honnêteté, je ne crois pas être prêt pour cette course. Pas prêt comme j’aimerais l’être. Il me manque de l’expérience sur 100 mile et aussi – je dirais surtout – de l’expérience en montagne. J’ai besoin de pouvoir maitriser un parcours comme celui du Virgil avant de m’attaquer à plus costaud. Certains coureurs m’ont affirmé que le Virgil Crest est parmi les 100 miles les plus difficiles qu’ils ont eu à faire. Plus difficile que le Leadville 100 – hormis l’altitude… Vrai? Faux? La seule comparaison que je puisse faire est celle avec le VT100 et il est certain que le Virgil Crest offre un degré de difficulté plus élevé. Mais il ne faut pas croire que le VT100 est un 100 mile facile… Reste que l’UTMB est d’une toute autre catégorie et j’aimerais pouvoir le compléter de belle façon. J’ai encore des classes à faire.

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Je n’aime pas ce qu’il y a d’écrit sous cette photo. On la retrouve sur le site du VCU. Je n’aime pas voir dropped associé à mon nom.

I

44 years old male

Boucherville, Qc

Dropped

Rectification du tir à l’automne prochain.

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Notes…

– À moins d’y être obligé par les règlements, je ne participerai plus à une course avec une veste d’hydratation. Je préfère – et de loin – avoir ma ou mes bouteilles à la main. Plus pratique, plus efficace, plus rapide lors des arrêts aux stations d’aide. Plus de liberté de mouvements aussi. Je peux comprendre que les bouteilles posent problème chez certaines personnes. Mais je m’y suis habitué et j’aime beaucoup cette approche plus minimaliste. Cela dit, en entraînement de longues distances en trail ou lorsque je vais travailler en courant, la veste et son 1.5 litres d’eau sont un must!

– J’ai toujours aimé courir en gardant un oeil sur mes fréquences cardiaques. Mais depuis quelques temps, j’éprouve des difficultés avec ma ceinture cardiofréquencemètre. Soit elle compile de mauvaises données, soit elle ne se synchronise tout simplement pas. C’est ce qui est arrivé au départ du Virgil Crest. Dead zone. Aucune fréquence visible sur la montre. Pourtant, j’étais bien vivant… J’ai couru les deux premiers kilomètres en croyant que ça allait revenir puis je l’ai enlevée. F*** it! Une nouvelle liberté! Depuis, je ne l’ai plus remise. Bien que je compte la porter – si elle fonctionne… – sur des distances comme le marathon ou le demi, elle risque fort de rester dans mon sac au cours de mes prochains ultras…

– Une semaine plus tard. Le KT Tape a fait merveille pour ma périostite. Pour la première fois ce matin, j’ai couru sans douleur. Ce qui est plutôt bon signe.

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Pour l’automne. Petit haïku d’automne…

Au fond de la brume

le bruit de l’eau –

je pars à sa rencontre

Ozaki Hôsai