Solo

Virgil Crest 100.

Samedi matin, 22 septembre, à 6:00, ce sera le départ. Mon deuxième 100 mile de la saison.

Si je me fis au site web, nous serons 74 à y prendre part (il y a aussi un 50 mile et un 50K qui lui aura lieu dimanche). Le temps limite pour terminer la course – le cut-off time – est de 36 heures, soit 6 heures de plus qu’au VT100. Le premier a avoir franchi la ligne d’arrivée en 2011 l’a fait en 23 heures 22 minutes. Ouais…

Je serai seul cette fois. Solo, total solo. Pas d’équipe aux stations d’aide, pas de pacer pour m’accompagner durant les longues heures de la nuit. Une nouvelle expérience, quoi. Ça risque d’être… assez intéressant.

Pour l’instant, la météo semble plutôt du bon côté pour le weekend. À Cortland NY, on prévoit 21 degrés samedi, ensoleillé avec risque d’averses, et un minimum de 13 degrés pour la nuit. Il est encore trop tôt pour s’en réjouir, mais si ça ressemble à ça, mes vieux os (hé hé) seront contents!

Équipement.

J’aurais bien voulu m’en passer, mais je vais devoir courir avec ma veste d’hydratation. Plus je cours, plus je tends à «épurer» mon équipement. J’ai adopté les bouteilles à la main pour les ultras et ça me plaît bien. La veste, je la porte en entrainement et quand je n’ai pas le choix. Cette fin de semaine, si je veux être le plus autonome possible, je ne l’aurai pas. J’ai un peu de mal à m’imaginer courir avec ça sur le dos pendant 24 heures, peut-être plus. Comme la météo, il faudra faire avec. Sur place, vendredi, je jaugerai la possibilité de la laisser à une station d’aide pour terminer le dernier quart de la course avec une bouteille… À voir.

Pour les souliers, aucun doute: Je compte commencer et finir la course avec mes Mountain Masochists de Montrail. En cas de forte pluie ou de problèmes majeurs, j’aurai mes S-Lab 5 Soft Ground de Salomon en back-up au 50ième mile, mais si je peux éviter de changer, tant mieux.

C’est précisément au 50ième mile que je devrai me préparer pour la nuit. L’idée est de faire ça le plus rapidement possible, sans avoir à trop penser, pour ne pas être tenté par l’abandon. Je me donne 5 minutes, sans lever les yeux de mon sac, avant de repartir au plus vite. (Au Virgil Crest 100, on court deux fois le même parcours: 25 miles pour l’allée, 25 miles pour le retour puis on recommence. Donc, le 50ième mile se trouve à être tant le début, le milieu que la fin de la course… La fatigue et l’approche de la nuit aidant, il doit être assez facile de lever la tête, de lorgner vers une chaise ou sa voiture, de penser à la bière fraîche et à la bouffe chaude et de se dire qu’on en a assez fait pour la journée.) Le changement ne concernera que le haut du corps: chandail en mérinos, coupe-vent imperméable si besoin, petits gants, bandeau, lampe frontale. Un peu de bouffe et c’est reparti.

Quelques trucs.

Je connais un ou deux trucs pour affronter un 100 mile:

D’abord, avancer. Courir, oui, bien sûr, mais surtout avancer. Coûte que coûte, peu importe la vitesse. Aussi, ne pas s’appuyer aux arbres pour reprendre notre souffle. Oublier le confort. Oublier la chaleur. Aux stations d’aide, sourire et ne pas s’attarder, dire aux chaises qui nous font de jolis yeux d’aller se faire foutre.

Avancer. Encore et toujours.

S’accrocher fort quand le corps veut lâcher et que la tête se dévisse.

Tenter de se détacher de soi…

Ouais. Bon. Ok.

On s’en reparle.

Playlist.

Il est plutôt rare que je cours avec de la musique. Je me suis habitué sans. Mais comme une fois n’est pas coutume, je me suis arrangé une petite playlist Virgil Crest 100. J’aurai mon iPod avec moi, juste au cas où. Vais-je m’en servir? Je ne sais pas. J’en doute. Quoiqu’au beau milieu de la nuit, m’offrir une trame sonore pour planer un peu… Pourquoi pas?

Je n’ai rien choisi de trop hard. J’ai plutôt pris des morceaux que j’aime bien écouter en voiture, des morceaux qui me font penser à ceux que j’aime. Des morceaux qui me permettront peut-être de me sentir moins seul.

En voici quelques uns:

The Kids Are Ready to Die – Run – Feels Good At First – Viva la Vida – The Winning Side – Wishing Well – Solsbury Hill – Just Breathe – Down Under – Walk On the Wild Side – The Cave – Long Nights – All These Things That I’ve Done – I Won’t Give Up – Cold Water – End of the Road – Hallelujah. 

Amusant. On dirait un 100 mile en condensé…

Naturellement, si je m’endors trop, il y aura toujours AC/DC.

Sur Twitter.

Lu cette semaine, du Dalai Lama lui-même (je veux bien le croire…):

Training the mind is the source of inner peace.

Dans la même veine, un article intéressant ici (en anglais) sur la force du mentale chez les athlètes d’endurance par Andy DuBois, aussi sur Twitter.

La force du mentale… La paix intérieure… Oui, j’y travaille. Mais ni l’une ni l’autre ne sont sur Twitter.

Eddie Vedder.

Voici ce que dit ce bon vieux Eddie dans la chanson Long Nights tirée du film Into the Night:

Have no fear

For when I’m alone

I’ll be better off than I was before

I’ve got this light

I’ll be around to grow

Who I was before

I cannot recall

I’ll take this soul that’s inside me now

Like a brand new friend

I’ll forever know

I’ve got this light

And the will to show

I will always be better than before

 Pour finir…

À tous ceux et celles qui participeront à l’une ou l’autre des courses du Rock’n Roll Marathon de Montréal, je vous souhaite le meilleur. Du plaisir, des dépassements, plein de records personnels! Sans blessures!!

Enjoy!

Un arbre en solitaire qui tient la route en Toscane, Italie. Août 2012.