Chronique du Vermont 100

 

 Le départ à 4:00 du matin, samedi 21 juillet. (Photo Luc Hamel)


L’an dernier, j’ai couru mon premier Vermont 100 – et par le fait même mon premier 100 mile (160km) – en 23 heures 29. Un temps tout à fait respectable, dont je suis fier. J’ai récolté la fameuse Belt Buckle traditionnellement remise à ceux et celles qui terminent une épreuve de 100 mile sous la barre des 24 heures (le temps limite accordé au VT100 est de 30 heures). Jamais je n’avais eu à fournir un effort aussi grand, sur un aussi long terme. Dans les secondes suivants mon arrivée, j’étais prêt à jurer à qui voulait l’entendre que jamais, plus jamais! Pourtant, deux jours plus tard, la poussière retombée, les jambes revenues à la normale, j’étais prêt à m’y remettre sans aucun doute (les gens qui me connaissent bien savent que c’est typiquement moi, ils ne s’en font plus trop avec cela…).

Un an et une semaine plus tard, m’y voilà à nouveau. Prêt à partir. Prêt à en découdre une fois de plus. Et je ne voudrais être nulle part ailleurs. Je me sens bien, calme. Pour une rare fois la veille d’une course, j’ai bien dormi. J’ai fait tout ce qu’il fallait à l’entraînement. J’ai eu mes doutes, mes angoisses. J’ai eu des entraînements encourageants, d’autres parfaitement pathétiques. J’ai fait de très bonnes courses au printemps, d’autres moins bonnes. Maintenant, je n’y peux plus rien. Il me suffit de vivre et de respirer l’instant présent. Ici même, sur la ligne de départ du Vermont 100 Mile Endurance Run. Et je l’apprécie à fond. Il me suffit de vivre, de respirer l’instant présent. Il me suffit maintenant de faire le vide, de courir, d’avancer. Coûte que coûte.

À 4 heures 00, le départ est donné. Les quelques 300 coureurs et coureuses s’élancent dans la fraicheur du petit matin en poussant des cris de joie. Nous sommes plusieurs amis québécois cette année. Il y a devant moi Pierre, Patrick et les deux Vincent. J’entends mon ami Michel rire avec Marie-Pier, juste derrière. On est en milieu de peloton, encore assez serré. Tranquillement, le peloton va s’étirer, s’effilocher en petites grappes de 2-3 coureurs. Plus tard dans la journée, il y aura des moments où je courrai seul, sans voir personne pendant plus d’une heure. Mais pour l’instant, nous sommes ensemble, on discute un peu, on rigole. Le rythme est bon. Life is good.

Les premiers kilomètres se déroulent en douce. Je me fais un devoir de m’en tenir à mon plan qui est très simple: Ne pas partir trop vite, faire MA course et non celle des autres, et surtout, garder des forces pour les longs kilomètres qui m’attendent en fin de journée et dans la nuit. J’aurais envie d’ouvrir un peu la machine, déjà, mais je me répète comme un mantra: Smooth and easy, smooth and easy…

Les amis prennent de l’avance, et si j’ai envie de les suivre, je me retiens. Je jase pendant un moment avec Josh, un gars du Maine qui a couru le Leadville 100 l’an dernier. Il en est à son premier VT100. On marche une première longue montée, j’en profite pour prendre un gel au beurre d’arachide que je fais descendre avec une bonne gorgée d’eau. À la montée suivante, je continue à courir tandis que Josh ralentit le pas. Je me sens bien, je ne pousse pas, et ça roule. Malgré la fraîcheur du matin, la sueur commence à perler. Je bois régulièrement. Je suis parti avec une seule bouteille à la main. Mon équipe m’en refilera une deuxième plus tard si j’en ressens le besoin.

Première station d’aide après 7 miles. Densmore Hill. Je remplis ma bouteille et je repars aussitôt. Je commence à sentir des crampes dans mon ventre et je me demande si ce n’est pas un effet secondaire des antiacides que j’ai pris juste avant le départ. Rien de trop inconfortable, mais quand même, pas agréable. Le genre de malaise qui joue aussi dans la tête, qu’on ne veut pas voir s’aggraver, sur lequel on a très peu de prise… Je préfère avoir mal au genou ou partout ailleurs plutôt qu’au ventre…

Station #2, Dunham Hill. Il y a une toilette chimique, mais elle est déjà occupée et deux autres coureurs font la file. Sans entrer dans les détails, je commence à comprendre d’où viennent les crampes. Je choisis d’attendre mon tour et de faire la file. D’autres coureurs arrivent, font le plein, repartent. D’abord un, puis deux, cinq, dix. Bordel! Je prends une chance et je me remets à courir sans plus attendre. Peut-être y a-t-il une autre toilette à Taftsville Bridge, la station d’aide #3. Je ne m’en souviens plus, mais peu importe, je suis reparti.

En quittant Dunham Hill, on embarque rapidement sur la route asphaltée et s’en suit une longue descente jusqu’à une petite ville qu’on traverse sous les encouragements des habitants et de quelques supporteurs. Mes crampes commencent à être sérieuses. Mais je n’ai pas le choix, il faut que je continue. Je cours de mon mieux, essayant de me concentrer sur ma foulée, sur mes pas. Je sens ma tête qui commence à me lâcher, les pensées négatives se bousculent et je les repousse les unes après les autres.

À Taftsville Bridge, j’arrive à régler mon « problème » et lorsque je repars, je me sens instantanément mieux. Mon moral revient d’un coup. Je rattrape plusieurs coureurs. Et mon rythme s’accélère, toujours dans les limites raisonnables. Encore une petite station d’aide pour refaire le plein en eau et je serai bientôt à Pretty House, la station d’aide où les coureurs rencontrent pour la première fois de la journée leur équipe.

À Pretty House, je retrouve ma blonde, Nathalie, et mes deux grandes filles (ma petite Marion, 3 ans, est resté à la maison avec sa mamie), mes parents ainsi que Charles et Geneviève, mes amis qui vont plus tard courir avec moi les derniers kilomètres de cette journée.

Il est 7 heures 53 quand j’y arrive. Charles remplit ma bouteille d’eau et je remets à Geneviève les manches que je portais au départ et ma lampe frontale. Nathalie me remet des gels au beurre d’arachide que je glisse dans ma Spybelt (petite ceinture à la taille) pour remplacer ceux que j’ai pris. Je prends ma deuxième bouteille par sécurité (la chaleur est là et je ne veux pas manquer d’eau). Je suis prêt. J’essaie de passer le moins de temps possible dans les stations d’aide. Et surtout, de ne pas m’asseoir.

Mais Nathalie ne me laisse pas repartir sans m’embrasser, ce qui deviendra de station en station, le baiser de la chance.

Arrivée à la station #5, Pretty House. (Photo Daniel Grimard.)

Les 8 prochains miles se déroulent plutôt bien. Les chevaux ont commencé à nous rejoindre (traditionnellement aux USA, les courses de 100 miles étaient des courses de chevaux et le VT100 est, à ma connaissance, la seule course du genre où hommes et bêtes se côtoient tout au long du parcours). Le sentier monte sur de hautes collines dans les herbes et si le paysage est magnifique rendu en haut, la descente, elle, s’avère plutôt brutale pour les jambes. Et pour mes pieds.

J’ai choisi de commencer la course avec les Montrail Rogue Fly, souliers de type plutôt minimaliste. Sur les routes de terre et les quelques sentiers que nous avons parcourus depuis le début, ils font merveilles. Mais voilà qu’après pas loin de 50 kilomètres de course, mon pied droit commence à rouler dangereusement vers l’intérieur dès que le parcours devient le moindrement technique. Immédiatement, je prends la décision de changer au ravitaillement suivant. Je n’ai pas de chance à prendre et je sais que mon autre paire, Mountain Masochist II aussi de Montrail, va faire un super beau travail, même si j’avais initialement prévu les mettre à la mi-course ou même seulement en début de soirée.

À l’approche de Stage Road, station #7, j’entends mes filles crier: Papa! Papa! Et ça, c’est un boost d’enfer!


Arrivé à Stage Road à 9 heures 26, après 50 km de course, je suis accueilli par mes filles, Julia et Simone. Le bonheur! (Photo Luc Hamel)

Nathalie m’annonce en souriant que je suis 15 minutes en avance sur mon temps de l’année dernière. C’est plutôt bon à entendre! Elle me demande de quoi j’ai besoin et je lui dit que je vais changer de souliers mais pas de bas et que je ne veux pas m’asseoir. Pendant que Nathalie me met de la crème solaire, mon père me tend un Coke Diète que je cale d’un trait. Pourquoi diète, alors que les autres coureurs boivent du Classique? Parce que le sucre du Coke normal me donne des brûlements d’estomac. Aussi simple que ça. Et un Coke Diète froid avec de la caféine passe beaucoup mieux qu’un café chaud!

Rapide changement de souliers avec le sourire et un coke diète… (Photo Geneviève Lavigne)

En passant devant la table de ravitaillement, je prends quelques morceaux de bananes et de melons d’eau que j’emporte avec moi. Je marche un peu en prenant le temps de manger, mais très vite le pas de course reprend le dessus.

Je fais les 4 ou 5 kilomètres suivants sans voir trop de coureurs. Je suis dans ma bulle, dans ma zone, et tout fonctionne parfaitement. À un certain moment, je sens quelqu’un s’approcher derrière moi. Je me retourne et découvre Pierre, souriant, qui me rejoint. Je le croyais devant moi depuis longtemps, mais il me dit qu’il a pris tout son temps à une des stations d’aide principales. Pierre est un excellent coureur. Il en est à son premier 100 mile. À partir de ce moment, on va faire un bon bout de chemin ensemble.

Les 17 kilomètres qui suivent nous apportent notre lot de longues montées, de bonnes descentes, ainsi qu’un grand bout de route asphaltée, avant de nous faire passer par une belle petite portion de single track. Au sortir du sentier, il y a une petite montée qui nous amène à la station #13, Jenne Farm. De là, il ne reste 2.5 km avant Camp 10 Bear I qui est la station située quasiment à la mi-parcours (on passe à cette station deux fois, la deuxième fois au 70ième mile). Je décide d’ouvrir un peu les valves pour ces 2 kilomètres et demi qui sont pratiquement en descente et je me lance. J’y vais assez vite, sans mettre les freins sur mes quadriceps, je me laisse aller. Je file pas mal et Pierre me suit. J’arrive aux abords de Camp 10 Bear à plein gaz. J’aperçois tout de suite Junior, Luc et Daniel, le Team de mon ami Michel, et aussi les photographes attitrés. Je suis content de les voir. Je me dirige vers la pesée obligatoire. À mon arrivée au check-up médical, vendredi 15:00, j’ai été pesé à 175.3 livres. Je pèse à présent 172.1 livres. Je suis ok pour continuer (une perte de 5% de notre poids initial et nous sommes mis sous observation et réhydratation, 7% et c’est la fin de la course, à l’inverse une prise de poids de + de 6% peut indiquer un problème sérieux comme un dysfonctionnement des reins et c’est l’arrêt immédiat).

Pesée officielle à Camp 10 Bear I, 12 heures 43. (Photo Daniel Chartier)

Cinq minutes plus tôt et j’aurais manqué mon équipe qui est arrivée tout juste comme je descendais de la balance. J’avais maintenant près de 40 minutes d’avance sur mon temps de 2011. On s’est rapidement installé dans un coin pour le ravitaillement.

Et c’est là où j’ai faille gaffer…

Dans mon désir de ne pas m’attarder aux stations d’aide, j’ai ingurgité tout ce qu’on me donnait à boire et à manger à la vitesse de l’éclair et je suis reparti les mains pleines de melons et de bananes. Ça aurait pu mal tourner… Il y avait un long bout de chemin de campagne à faire au soleil et je savais qu’une solide et sévère montée m’attendait dans le bois. Je courrais d’un bon pas… et j’ai commencé à avoir mal au coeur et à me sentir gonflé. Je me suis trouvé idiot d’avoir bouffé comme ça, mais je ne pouvais plus rien y faire. Je me suis concentré sur mes pas, sur mon rythme de course/marche, j’ai mis mon esprit un peu au devant de moi pour qu’il me tire vers l’avant. Ç’a fonctionné et rendu tout en haut, j’ai vu la petite affiche où l’on pouvait lire: 51 miles done, 49 to go. J’ai souri en me disant qu’à partir de maintenant, métaphoriquement du moins, ça descendait…

J’ai retrouvé toute mon équipe à Tracer Brook, station #17.  Cette fois, j’ai pris le temps de mastiquer les aliments… Nathalie a mis de la glace dans un foulard qu’elle a noué autour de mon cou. Je ne me suis quand même pas attarder, mais j’avais le moral. Les kilomètres précédents, je les avais bien couru, ça c’était bien enchaîné et j’avais rattrapé pas mal de coureurs. J’avais maintenant plus d’une heure d’avance sur mon temps de l’année précédente. Je ne m’énervais pas trop avec ça, mais ça me donnait confiance.

En quittant Tracer Brook, une montée interminable s’offrait aux coureurs. Une de celles qui semblent vouloir s’éterniser à jamais.

De la glace autour du cou à Tracer Brook, 14 heures 47. (Photo Geneviève Lavigne)

Tout va bien, je repars! Avec mon père en arrière-plan et Charles à mes côtés. (Photo Luc Hamel)

Pierre m’a rejoint à nouveau tout de suite après la station #18, Prospect Hill. On a retrouvé nos équipes respectives à Margaritaville où l’on ne s’est pas attardé ni l’un ni l’autre. De Margaritaville à Camp 10 Bear II, 12 kilomètres à faire. Je courrais avec Pierre mais j’étais aussi beaucoup dans ma tête. Intérieurement, j’ai du me battre avec moi-même au cours de cette portion du parcours. J’avais l’impression que je n’y arriverais tout simplement pas. Je ne sais pas pourquoi, mais ça s’est insinué en moi comme ça. Je me sentais lourd, crevé. Je n’ai rien dit à Pierre. Je traversais un creux. Un mur. Un méchant coup de barre!

Quand j’ai vu Julia à l’approche de Camp 10 Bear II, j’ai comme eu un coup de fouet. 70ième mile. 112.65 kilomètres de parcouru. Encore 47 autres km à faire. À peine plus qu’un marathon… La nuit s’en vient… Allez, hop! On se botte le cul!

17 heures 30 à ma deuxième visite de Camp 10 Bear. Je pèse 171.4. Good to goJ’en profite pour changer de camisole. Je mange un peu même si j’ai tout sauf faim… Je sens ma forme qui est revenue. Geneviève s’est préparée pour courir avec moi puisque les pacers sont autorisé à nous accompagner à partir d’ici jusqu’à la fin, mais je préfère repartir seul pour une dernière fois. C’était prévu comme ça, de toute manière. J’ai besoin de ces derniers kilomètres en solo avec moi-même pour finir la course.

Changement à Camp 10 Bear II. (Photo Geneviève Lavigne)

Ready to go for another round. (Photo Luc Hamel)

Départ de Camp 10 Bear II avant la nuit. (Photo Luc Hamel)

Quand j’arrive à Spirit of 76 près d’une heure quarante-cinq plus tard, je commence à me sentir pas mal vidé et j’appréhende un peu la portion à venir. Les 18 kilomètres qui m’attendent m’avaient parus durer toujours en 2011. Mais je les avais couru dans la noirceur la plus complète, alors que maintenant, il fait encore clair et pour au moins une bonne grosse heure et plus. Au niveau du moral, c’est un avantage certain.

À partir d’ici, Charles embarque avec moi. Il m’accompagnera jusqu’à Bill’s où Geneviève prendra le relais et je le retrouverai à Polly’s pour terminer la course avec lui.

À Spirit of 76, juste avant de repartir pour 18 longs km, je me sens vidé. (Photo de Geneviève Lavigne)

Encore une fois, je ne m’attarde pas à la station. Je dis à Charles que je vais courir devant et c’est ok pour lui. Mais il se rend vite compte que je traîne de la patte. Il me suggère de prendre la tête dans les montées et de me laisser leader les descentes (j’ai encore du jus dans les descentes). Parfait. Je dois me parler intérieurement, me fouetter un peu. Je sens la paresse m’envahir. Je crois y arriver, je trouve encore du gaz dans le réservoir, et on termine ces 18 foutus kilomètres en 2 heures 20 environ.

Arrivée à Bill’s. Nouvelle pesée médicale: 171.0. La bénévole me demande: How do you feel? Je réponds en riant: Best shape of my life!!! Naturellement, je blague et ça la fait sourire, mais n’empêche que je me sens pas si mal. Je repars avec Geneviève pour un autre 11 kilomètres. Dès les premières foulées, je la préviens de la « monstrueuse » montée que nous allons avoir à affronter dans quelques mètres. Du moins, dans mon souvenir, cette montée m’avait parue « monstrueuse »… Il n’en est rien! Tant mieux! Rendu en haut, c’est une longue descente dans les champs. J’aperçois des lampes frontale qui dansent au loin. Bientôt, on rejoint la route et on rattrape encore quelques coureurs.

Les 11 kilomètres sont réglés en plus ou moins 1 heures 15.

Enfin, Polly’s! Station #28. 95.9 miles (154.33 kilomètres). Je n’ai plus tellement la notion du temps. On me dit qu’il est 23 heures 11. Dans le pire des cas, je serai rendu à minuit et demi.

J’embrasse Nathalie. Quand on va se revoir, ce sera à la ligne d’arrivée!

Dans l’empressement, Charles et moi passons tout droit alors qu’il aurait fallu tourner à gauche. Ni l’un ni l’autre n’avons vu la flèche. Deux cents mètres plus loin, nous arrivons devant une route. Aucune indication. Cul-de-sac pour nous. Oups! Je me retourne et vois passer des lumières de frontales dans le bois un peu plus haut. On fait tout de suite demi-tour. On court. L’embranchement est là, on l’a simplement manqué. Heureusement, on s’en est aperçu tôt.

La course reprend. Mais je n’ai plus grand-chose dans le corps. Je commence sérieusement à manquer de gaz, je veux juste finir. J’aurais aimé courir cette portion de bout en bout mais, typique du VT100, ça monte encore et encore alors que l’on croit que c’est fini… Lorsque j’aperçois la petite pancarte qui indique: 1 mile to go! Je sais pertinemment que ce sera le one mile le plus long de cette longue, longue journée!

À 00:08, dimanche le 22 juillet, je franchis la ligne d’arrivée. Toute ma gang est là. On se sert dans nos bras, on s’embrasse. Un bénévole me remet une médaille de participation. Je demande à mon père: Où est la chaise? Elle est tout près, on m’y amène, je m’y assois. Je ne réalise pas encore que j’ai retranché 3 heures 20 à mon temps de l’an passé. Je viens de terminer le VT100 en 20 heures 08 minutes et 54 secondes…

Enfin rendu! L’effet embrouillé de la photo reflète très bien l’état de mon esprit…

Une fois les classements ajustés, je serai 35ième overall et 10ième sur 67 chez les 40-49. Mon meilleur temps dans une course.

J’aurais aimé resté à la ligne d’arrivée pour attendre mes amis. Mais la nuit fraîche m’a donné le frisson instantané et même habillé chaudement, je grelottais. Une douche chaude m’aurait aidé, mais comme il n’y en avait pas sur place, j’ai choisi de rentrer à l’hôtel avec les autres pour me laver et dormir un peu.

Je suis revenu sur place à 9 heures le matin pour encourager les derniers coureurs. Michel était là. Et Patrick avec Louis, qui n’a pas pu courir à cause d’une blessure mais qui a passé la journée et une bonne partie de la nuit à être bénévole. Et Vincent. Pierre nous a rejoint avec sa famille sous la tente, un peu plus tard, pour le BBQ et la remise des Belt Buckles. On s’est tous félicité, raconté un peu nos courses. On a mangé, pris quelques bières, reçu nos prix. Et on s’est dit au revoir.

Voilà!

See you next year, VT100!

Remise de la Belt Buckle (emballée!) par la Race Director, Julia Hutchinson.

33 thoughts on “Chronique du Vermont 100

  1. Pierre Clermont 16 septembre 2015 / 11 h 52 min

    Bonjour Patrice, Je viens de terminer ton livre  »Territoires inconnus ». C’est comme si j’avais bouffer 10 Vectors en ligne. Je me suis reconnu dans ton parcours et j’en avais des frissons. C’est très inspirant et surtout, réconfortant. Ce qui m’a poussé à jeter un coup d’oeil sur ce blog et c’est tout simplement incroyable ce que tu accomplis. Bravo et merci pour ton inspiration. Je te saluerai quand je te croiserai au Mont St-Bruno. Salut!

  2. loulou 6 septembre 2012 / 12 h 46 min

    Ca prend vraiment beaucoup de courage!!
    Bravo mille fois. Très inspirant!

  3. Steve Litalien 25 août 2012 / 12 h 52 min

    Wow félicitations!!! Un super combat avec soi même. C’est tellement motivant de lire tes récits de course.

    BRAVO !!!

  4. Daniel Parent 4 août 2012 / 16 h 21 min

    Bravo Pat, quel homme de feu!

  5. Vincent Ostiguy 3 août 2012 / 13 h 37 min

    Super récit…j’aime bien te lire Pat! J’espère un jour pouvoir faire mon premier VT100! Félicitation pour cette performance!

    • patgodin 6 septembre 2012 / 21 h 25 min

      Merci Vincent! L’an prochain, ce sera le 25ième du VT100. Ça va être un bon moment!

  6. Martin Coulombe 2 août 2012 / 20 h 36 min

    Félicitation pour cette brillante performance Patrice. Bravo, aussi, pour le parcours qui t’aura permis de vivre cette journée inoubliable.

    • patgodin 3 août 2012 / 7 h 44 min

      Merci Martin! J’espère que tu vas bien!

  7. traitdemarc 31 juillet 2012 / 9 h 37 min

    Wow. Ton récit m’a tenu en haleine jusqu’à la fin. Félicitations!

  8. Chantal Mercier 30 juillet 2012 / 11 h 23 min

    Très inspirant. Moi qui a peine à courir 5 km hihihi! rien de comparable. Ça me permet de voir que tout est possible, Je commence la course et j’ai hâte de voir ce que c’est le feeling de faire une course organisé…en septembre peut-être. Bravo!

  9. Lee Neveu 30 juillet 2012 / 10 h 52 min

    1000 fois bravo! Tu es vraiment inspirant! Merci de partager ce défi incroyable avec nous!

  10. Annie Turbide 30 juillet 2012 / 10 h 04 min

    Wow toujours aussi impressionnant ! Bravo Pat c’est incroyable ce défi !

  11. Josée Prévost 30 juillet 2012 / 7 h 28 min

    Lors de mon prochain marathon je vais utiliser ton truc  » j’ai mis mon esprit un peu au devant de moi pour qu’il me tire vers l’avant ». Et j’espère bien l’utiliser un jour pour un ultra-marathon. Merci pour ce très beau récit!

  12. Audrey Larroquette 28 juillet 2012 / 16 h 47 min

    Bravo pour ta magnifique course et pour tout le parcours qui t’a mené là! Parceque, l’entraînement, c’est une ligne de départ sans coup de pistolet. Toutes mes félicitations, tu es une inspiration 🙂

  13. Pierre Lequient (@pliqo) 28 juillet 2012 / 9 h 53 min

    Pour avoir été le Pierre coureur à tes côtés pendant plusieurs kilomètres, sur deux long segments, je dois le dire: chapeau et respect. Une performance extraordinaire. J’ai beaucoup aimé courir avec toi. Quand tu es reparti devant après le 2e ravito de Camp 10 Bear (mile 70), je te sentais déterminé et fort, et tu l’as été jusqu’au bout. Une force inspirante pour moi. Ta chronique raconte vraiment bien et en détails tout ce que tu as vécu, physiquement et mentalement, j’aime beaucoup ton style direct, et toutes les excellentes photos! Bravo aussi à ta formidable équipe de soutien, qui t’a merveilleusement épaulé. On se reverra sans faute dans d’autres défis ultras, c’est sûr… bonne récup cher Pat !

    • patgodin 28 juillet 2012 / 9 h 57 min

      Ç’a été un véritable plaisir de courir avec toi aussi. Tu as fait fort aussi!! On va se revoir pour sûr! Bonne récup à toi et j’ai hâte de lire ta version (pas de pression, hé hé)!

  14. patitemarie 27 juillet 2012 / 23 h 03 min

    Très beau récit!..Toute une expérience! Bravo! Se dépasser…ça c’est sentir vivant!
    Bonne chance pour tes prochains 100 mile! =O)

  15. carmen 27 juillet 2012 / 22 h 53 min

    Wow, Pat, quel réçit!! Frissons après frissons, je t’admire tellement, et je vais me rappeler de ça lorsque j’aurai envie de me plaindre pour une raison ou une autre. Et tout commes les autres récits, tu m’as fait cramper de rire. Te sentir « envahi par la paresse » alors que tu avais couru plus de 110 kilos? Pouahaha!

    Encore BRAVO, Pat!

  16. Benoit Richard 27 juillet 2012 / 22 h 52 min

    Félicitations Pat pour cet exploit, je connais le feeling après un marathon, je ne peux même pas imaginer
    faire 4 fois cette distance… c’est vraiment extraordinaire. J’ai bien aimé ton texte et tes photos mais principalement celle ou tu coures avec tes filles, tu est vraiment un bon modèle pour eux. Continue à te dépasser, un jour on va lire ton blog à propos de l’UTMB, j’ai bien hâte.

    Ben

  17. Isabelle O'Brien 27 juillet 2012 / 21 h 23 min

    C’est tellement émouvant à lire ,,,c’est comme si on y était ….WOW !!! Je dois garder quelques-une de tes phrases en tête quand j’ai envie de mourir pendant une de mes classes! Tout mon respect !!!

  18. Sebastien Martin 27 juillet 2012 / 20 h 58 min

    Bravo pour la course, un récit très motivant. Tu me donnes une belle motivation pour mon PETIT 21 km de Orford en octobre. Encore BRAVO!

  19. trainingforboston 27 juillet 2012 / 20 h 36 min

    impressionnant comme course, mais toute une gestion pendant la course. Cela fait beaucoup de chose à penser en plus de l’effort physique. Le cerveau ne doit pas disjoncter pendant la course. Mes félicitations.

  20. Liane Simard 27 juillet 2012 / 18 h 38 min

    Bravo Patrice! Un exploit extraordinaire! Tu as une très belle plume, très intéressant à lire! Liane

  21. Alexandre Emond 27 juillet 2012 / 17 h 04 min

    Tu avais une condition physique EXCEPTIONNELLE au départ. Ça t’a permis de courir tout le long. Merci de nous partager ça.

  22. alexmailhot 27 juillet 2012 / 16 h 24 min

    Premièrement bravo pour ton exploit, 100miles ce n’est pas rien. Mais surtout retrancher plus de 3h sur ton temps de l’an dernier…RESPECT! 😉
    Et que dire du résultat…wow. Quel combat physique mais surtout mental. Tout cet entraînement qui donne enfin des résultats, tous les sacrifices que tu as fait qui ont enfin été récompensés. C’est vraiment inspirant. Bravo également pour ton billet, bien écrit comme toujours mais aussi, on réussi (presque!) à penser que nous étions sur place, ça donne le goût de vivre ça. Les photos sont géniales. Lâche pas, bonne récup!!
    @+

  23. petedenis 27 juillet 2012 / 14 h 48 min

    Je te suis depuis quelques temps et tes histoires de course sont très motivantes. Quel exploit ce vt100. Bravo et n’arrête surtout pas.

    Pete

  24. petedenis 27 juillet 2012 / 14 h 37 min

    Je te suis depuis quelques temps et tes histoires de course sont très motivante. Quel exploit à vt100. Bravo.
    Pierre

  25. Matt Proulx 27 juillet 2012 / 14 h 05 min

    Encore subjugué par cet accomplissement et ce défi incroyable. Bravo Patrice !!

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