Trail d’hiver de la Tribu – Courir lentement…

Mont 107, Forêt  Ouareau. Chertsey.

20 kilomètres. Même en hiver, même en forêt, en principe ça ne prend pas une éternité… Sauf si le printemps se substitut à l’hiver, que la température monte bien au-dessus de zéro et que le soleil nous en fout plein la gueule!

C’est ce qui s’est produit le 17 mars dernier, au Trail d’hiver de la Tribu. Toute une course! Un exercice autant physique que mental, où il valait mieux sourire et en rire si on ne voulait pas s’effondrer et s’enfoncer dans la neige pour le reste de la journée…

Parfaitement bien organisée par un ami pour la Fondation DesÉquilibres (www.fondationdesequilibres.org), un organisme qui vient en aide aux jeunes en difficultés à travers le sport, cette course en sentier se faisait en équipe de deux, histoire de transmettre et inspirer des valeurs comme l’entraide, la patience, l’esprit d’équipe, etc. Pour un loner hardcore comme moi, courir en équipe c’était déjà du nouveau!

Mon partenaire, André B., que je connaissais surtout par Facebook, était déjà sur place à mon arrivée, vers les 7 heures 15 du matin. De Boucherville à Chertsey, je venais de conduire une heure et quart dans une brume épaisse et opaque qui, me semble-t-il, annonçait bien les intentions de Miss Météo pour la journée à venir. Il faisait déjà chaud pour un petit matin de la mi-mars. Je savais qu’André était un très bon coureur – plus rapide que moi – et j’étais certain que nous allions passer un bon moment ensemble. L’idée de cette course, avant même la compétition, était de s’amuser. Oh yeah! On allait être servi!

Après avoir bu un café, échangé des salutations à gauche et à droite et retrouvé quelques amis(es), le sujet de discussion s’est vite porté sur le parcours et l’état de la neige qui le couvrait… Deux choix s’offraient simplement: avec raquettes ou sans raquettes. Comme on voulait VRAIMENT courir, l’option sans raquettes a eu la faveur d’une bonne majorité d’équipe. À ma connaissance, seules mon amie MP et sa partenaire ont choisi consciemment les raquettes dès le départ. À 5 ou 6 km dans la course, leur choix allait s’avérer des plus judicieux, puisqu’elles nous ont dépassés joyeusement, en sautillant comme des petits lièvres, alors qu’on tentait tant bien que mal de courir plus de trois enjambées avant de s’enfoncer jusqu’à mi-cuisse et de piquer du nez dans la neige granuleuse…

Trente-cinq équipes souriantes et motivées ont pris le départ vers les 9 heures 05. Après avoir couru d’un bon rythme le premier kilomètre sur route, nous sommes rapidement entrés dans la forêt Ouareau pour en ressortir… beaucoup beaucoup plus tard!

André connaissant déjà le parcours, il a naturellement pris la tête de notre équipe (les Rocking Balboa – clin d’oeil à un certain boxeur fictif et à son entrainement en Sibérie…). La première montée s’est fait sans trop de mal, mais déjà je me suis mis à avoir trop chaud et j’ai dû me défaire de ma veste pour ne courir qu’en chandail. Les sections de sentier encore à l’ombre se courraient relativement bien. Une autre histoire c’était en plein soleil…

Tout au long de l’épreuve, nous nous sommes échangé le lead, André et moi. Après de longues montées lentes et ardues, des descentes kamikazes où il valait mieux éviter de se planter et de se prendre un arbre en pleine figure, après avoir traversé quelques ruisseaux dont un avec de l’eau jusqu’aux genoux, après s’être gelé pieds et orteils et lacéré les chevilles (dans mon cas du moins), nous avons finalement franchi la ligne d’arrivée en  4 heures et 01 minutes, soit en 4ième position. Mes deux amies en raquettes nous ont devancés en troisième position, premières chez les femmes. De l’excellent travail!

4 heures 01 minutes pour couvrir 20 kilomètres… Une éternité, oui. Certains et certaines ont mis près de 7 heures à couvrir le parcours. Mais peu importe les positions, peu importe le temps passé à se débattre dans les sentiers et dans la neige, peu importe les petites blessures, tous et toutes ont terminé l’épreuve avec le sourire. Et rempli de fierté.

C’est ça, la beauté de la course en sentier et en forêt, la beauté du trailrunning.

À l’arrivée, le chili con carne était succulent, ainsi que les carrés aux dattes. On y est tous allé du récit de notre aventure, et tout le monde avait quelque chose à raconter. Une superbe journée.

En prime, j’ai rencontré un excellent partenaire de course. On remet ça quand tu veux, André!

Seulement, l’hiver prochain on embarque les foutues raquettes!

***

Bouddha dit:

«Il y a seulement deux erreurs qu’on peut faire tout au long du chemin de la vérité: ne pas aller jusqu’au bout et ne pas commencer.»

(Zen and the Art of Running)

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Un gros merci au directeur de course du Trail d’hiver pour son super travail, Frédéric Houde.


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