Peak Center et VO2 max

Le but de ma visite au Peak Center de Montréal était de connaître mon VO2 max ainsi que mes zones d’entraînement optimales – fréquences cardiaques, vitesse, allure (pace). Je me suis toujours entraîné au feeling, au gré de mes humeurs, de mes envies. Pas de coach, pas de programme pré-établi. J’ai eu quelques bons résultats en course, d’autres plutôt lamentables. Des baisses d’énergie assez spectaculaires (Bear Mountain et Vermont 50 en 2011). Depuis un bon moment j’avais envie de monter mon niveau d’un cran. Le Peak Center me semblait l’endroit parfait pour en savoir plus sur moi-même en tant que coureur, de manière à améliorer mes «performances», toujours dans l’optique d’ultramarathons. Repartir sur un nouveau souffle.

Au départ, je n’avais aucune idée du genre de résultats auxquels je pouvais et devais m’attendre. Pour dire vrai, j’avais même peur qu’ils soient plutôt moyens, voire médiocres. En fait, j’avais peur que mon passé de fumeur (30 ans de cigarettes, juste le chiffre me coupe le souffle!) ait laissé des traces fulgurantes et indélébiles malgré le fait que je cours et m’entraîne beaucoup.

Le protocole qui précède les tests VO2 max et lactates est simple. On recommande 24 à 36 heures sans efforts soutenus et d’être à jeun 2 à 3 heures avant le dit test. Mon rendez-vous étant à 10:15 lundi matin (6 février), j’ai déjeuné comme à l’habitude – shake de protéines + banane et double expresso avant 8 heures. Mon dernier entraînement remontait au samedi, un 18 km tranquille, très tôt. J’étais prêt et reposé. Un peu nerveux.

Le test en tant que tel n’est pas long: 18 minutes. 40 en tenant compte de l’échauffement et du retour à la normale. Mais les 18 minutes sont intenses. Le nez bouché par une pince, on respire uniquement par la bouche avec un embout spécial qui recueille les échanges gazeux. Une minute et la gorge est complètement asséchée, la mâchoire crispée.

La vitesse augmente d’1 km/h par palier de 3 minutes. De 9 km/h elle passe à 10, puis à 11, ainsi de suite. À la fin de chaque palier, une goutte de sang est prélevée au bout d’un doigt pour analyse.

J’ai fait six paliers. Les dernières 40 secondes du palier numéro 6 n’étaient pas particulièrement amusantes.

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Ce que j’ai appris à la suite du test (il y aurait plusieurs choses à dire mais je pourrais aussi m’y perdre, je préfère ainsi m’en tenir aux grandes lignes):

– Je cours trop souvent en Zone II alors que 70 à 80% de mes entraînements devraient se faire en Zone I (chose assez fréquente, je crois, chez bon nombre de coureurs-coureuses).

– Je néglige trop souvent les entraînements de vitesse (réflexe d’ultramarathonien, j’imagine, j’ai toujours tendance à privilégier le kilométrage).

– Alors que mon corps brûle très très bien les lipides à basse vitesse, entre 9 et 12 km/h, il brûle aussi très rapidement mes réserves de glucides à haute vitesse, 12 km/h et + (ce qui expliquerait peut-être pourquoi je bonk souvent et relativement tôt lors de marathons sur route – allure plus rapide -, et beaucoup moins lors de courses en trail d’ultradistances – allure plus lente).

– J’ai un excellent VO2 max (ce qui m’a grandement surpris et aussi rassuré compte tenu de mon passé).

En regard des résultats, il me reste maintenant à les optimiser, les rendre le plus profitable possible. Donc, plus de constance dans les speedworks. Améliorer l’élimination de l’acide lactique, élever le seuil de tolérance anaérobique. Augmenter  ma vitesse de basse, déplacer graduellement la Zone I vers la Zone II, la II vers la III, etc., tout en maintenant un kilométrage élevé. Repousser toujours un peu plus les limites. Aussi, ajuster et parfaire ma nutrition d’avant et pendant course pour éviter les surprises désagréables.

Je vais pas m’ennuyer.

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Pas que je sois un fou furieux des statistiques ni des chiffres. Mais ce serait mentir de dire que je ne tiens pas compte des kilomètres accumulés à chaque mois.

Donc, en janvier: 263,88 km de course.

Voilà.

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Remerciements à Mathieu S., entraîneur au Peak Center, pour sa supervision et ses conseils.

http://www.peakcentremontreal.ca/