Aller en Alaska, passer par le désert

Il n’y a pas si longtemps, je n’aurais jamais pensé aimer courir au froid. Je n’ai jamais été particulièrement fou de l’hiver, hormis pour le ski alpin et peut-être le patin quand j’étais plus jeune. Mais on change, on évolue. Ce qui est tant mieux pour l’être humain, même si on a parfois l’impression que l’humanité, elle, régresse… Anyway… Pour peu qu’on s’en donne la peine, on arrive tranquillement à apprivoiser les choses qui nous déplaisaient encore la veille. Voilà qu’hier matin, en courant par -16 C (on s’entend qu’il y a pire, mais c’est quand même un bon début) dans les sentiers enneigés du Mont St-Bruno, totalement seul, totalement libre, mais n’ayant pas encore assez d’espace, je me suis pris à penser au Susitna 100*, une course de 100 miles… en Alaska. 100 miles par grand froid, grands vents, grandes étendues gelées. Je me suis mis à rêver à la beauté de ce parcours, beauté immense et blanche de plaines et de montagnes, beauté quasi infinie qui doit être à couper le souffle. En l’espace de quelques secondes, et dans la perspective d’une aventure hors norme, mon regard sur l’hiver, le froid et la neige s’est transformé. Du coup, j’étais solidement partant pour l’Alaska!

Bien sûr, c’est tout à fait impensable d’y être cette année. La course a lieu dans moins de cinq semaines et je suis loin d’avoir la forme en ce moment pour affronter 160 km, qui plus est dans des conditions extrêmes. Mais dans un an, deux, trois peut-être. Pourquoi pas? Ça reste à voir. D’ici là, j’ai encore du temps pour m’entraîner à aimer courir au froid…

Il est toujours bon d’avoir ce genre de truc derrière la tête. Ça entretient le rêve. L’inspiration. Ça entretient la passion.

À l’opposé de Susitna 100, je songe toujours et de façon plus constante au Badwater 135. Dans la chaleur intense, cette fois. Death Valley. 135 miles. Et plus j’y songe, plus j’en ai envie. Seulement, c’est toute la logistique propre à cette course qui me rebute un peu… Ce n’est pas un ultra où l’on peut voyager léger, disons. Enfin… Reste que de penser au Badwater 135 quand on court en plein hiver et qu’on en a fini avec nos rêveries sur le Susitna, c’est une sacrée bonne façon de relativiser le facteur vent.

Susitna. Badwater. Le froid. Le chaud.

Entre les deux, une multitudes d’ultras à différents degrés Celsius de difficultés…

*Dans le même genre, il existe «plus fou» que Susitna 100: Iditarod Trail Invitational. 350 miles et 1000 milesNuff said.

***

Entretenir le rêve. Toujours. Prendre son inspiration quand elle passe, où qu’elle soit. Rechercher la beauté, la lumière, même la nuit. Et se dire que tout ce qu’on a à faire, c’est d’avancer.

***

Demain, au programme, quinze kilomètres de trail. Peut-être en raquettes si le temps reste à l’hiver.

Samedi, 20-25K sur route.

***

You haven’t experienced ultrarunning until you complete 100 miles. It’s so much harder than 50, almost like three 50 milers, and it throws everything at you.

Karl Meltzer in TrailRunner, oct. 2010

5 thoughts on “Aller en Alaska, passer par le désert

  1. armagédon777droit 24 mai 2012 / 7 h 42 min

    les températures les plus basse moins combien?

    • patgodin 24 mai 2012 / 15 h 19 min

      Selon le site de la course:
      «In short, as befits a wilderness race, expect temperatures to be anywhere in the 80 degrees between 40-above-zero and 40-below-zero F.»

  2. Pierre 13 janvier 2012 / 16 h 06 min

    Bonjour Pat, tu ne manque pas d’inspiration et d’ambition dans tes prochains objectifs d’ultras! Je me croise les doigts pour la loterie du UTMB de août 2012, et si tu es pigé, ton été sera vraiment chargé à souhait! J’espère bien courir avec toi un de ces jours, peut-être au Mont St-Bruno, d’abord pour faire connaissance et ensuite tu pourrais me raconter tes expériences du VT100 et VT50. Comme je vois que tu es inscrit pour refaire le VT100 cette année (21-22 juillet) et que ce sera mon premier, j’écouterais attentivement tes histoires de trail et tes trucs d’entrainement et de préparation!

  3. Necia G (@Necia1908) 13 janvier 2012 / 15 h 37 min

    « Entretenir le rêve » <— TELLEMENT important !!!!

    Comme disait Joseph Joubert: "Un rêve est la moitié d'une réalité."

  4. Veronique 13 janvier 2012 / 8 h 15 min

    Cool!
    Moi, tu vois, le froid, ça m’inspire. L’Alaska, wow, et merci pour la découverte de Susitna.
    Mais le chaud extrême, eh boy, non! Jongler avec les extrêmes de la sorte, pas évident! Tu es inspirant dans tes projets!

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s