En route pour le Massanutten 100 – 2018

Je n’ai pas compté le nombre exactmais nous serons au moins une dizaine de québécois à prendre le départ du Massanutten 100 ce weekend (19-20 mai), en Virginie. Quand je l’ai couru en 2013, j’étais seul. Cette année, Joan, Pierre (qui en sera à sa quatrième participation), Fred, Martin et Vincent seront là. D’autres amis coureurs que je connais moins et que j’ai hâte de rencontrer. Cool. La température s’annonce  moyenne – de la pluie, des orages. So what? On fera avec.

C’est le temps de courir, pas de chialer.

Des attentes? Aucune à par celle de terminer. Et si possible, faire mieux qu’en 2013. Je me sens bien, ma préparation est bonne, meilleure que la première fois, mais pas optimale. Étant donné le printemps tardif, je n’ai eu accès librement aux sentiers que depuis un mois. On verra. Ça risque d’être intéressant, peu importe.

Encore une fois, je cours solo, c’est à dire sans équipe derrière moi ni pacer (accompagnateur). Je compte ne laisser qu’un seul sac de ravitaillement pour un changement rapide de chaussures et de chandail avant la nuit, mais pour le reste, j’aurai tout ce qu’il faut – un minimum – avec moi dans ma veste d’hydratation. Pour le reste, all good.

J’ai réalisé dernièrement que je n’ai pas terminé de 100 miles depuis l’UTMB en 2014. Je dois ramollir… J’ai couru des 24 heures et le Bigfoot en 2016 était un 200 mile, mais ça ne compte pas. Enfin, pas vraiment. Drôle de penser que je retourne à la distance de 160 kilomètres après quatre ans. Ce sera un bon test.

Départ demain à 6:00 pour un 10-12 heures de route jusqu’en Virginie. La course, elle, sera lancée samedi matin à 4:00.

J’en reparle à mon retour.

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Parcours, stations d’aide et dénivelé du Massanutten 100. 

 

Faire les choses

Se lever. Tôt. 4 heures du matin.

Préparer le café dans la Bialetti. Attendre qu’il soit prêt.

Enchaîner 50 push-ups en attendant. Sur le plancher froid de la cuisine.

Écrire deux, trois heures. En espérant le meilleur. Souvent en frôlant le pire. Mais recommencer. Jour après jour. Écrire, bordel.

Manger un fruit. Une banane, tiens. Quelques noix.

Aller courir. Peu importe le temps qu’il fait.

Ou aller au gym. Peu importe le degré de motivation.

Ne pas y penser. Y aller.

Sentir ses muscles brûler. Son cœur battre.

Prendre une douche. La commencer tiède, la finir froide. Si possible.

Travailler. Ou pas – il y a de ces périodes.

Écrire encore. Dans sa tête.

Casser la croûte.

Ou jeûner. Parfois.

Préparer le souper. Faire la vaisselle. Pelleter l’entrée. Tondre le foutue gazon. Plier le linge. Se raser. Se brosser les dents.

Prendre une bière. Ou pas – il y a aussi de ces périodes.

Lire un livre. Apprendre.

Méditer.

Penser aux autres. Non juste à soi.

Ne pas juger. Ne pas juger. Ne pas juger.

Être à l’écoute. S’ouvrir l’esprit.

Payer ses comptes.

Aimer les gens qui nous entourent. Leur dire qu’on les aime.

Savoir que l’on va mourir. En profiter pour vivre.

Se brosser les dents. Considérer l’importance de se brosser les dents.

Enchaîner 50 autres  push-ups avant de se coucher.

Aller dormir.

Se lever tôt.

Recommencer.

Faire les choses.

Et sourire.

Parfois, il faut juste faire les choses.

Tirée du livre Eat & Run de Scott Jurek.

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Été. Mont St-Hilaire, juin 2017.

Conférences.

Si vous êtes intéressés à recevoir ma conférence basée sur mon livre Territoires Inconnus pour votre entreprise, votre club de course ou votre école, vous pouvez communiquer avec moi à l’adresse courriel suivante: pat.zen.endurance@gmail.com

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Hiver. Boucherville, décembre 2017.

Perspectives

Rater une course. Livrer une contre-performance. Abandonner. Ne plus avoir le goût. Ce sont des choses qui arrivent. Entendons-nous, cela n’a rien de tragique ni de dramatique. Mais lorsque nous nous sommes entraîné pendant des semaines, pendant des mois, que nous avons fait tous les sacrifices nécessaires, que nous avons rêvé, anticipé, visualisé un événement particulier, cela est décevant. Bien sûr. Ce n’est cependant pas la fin du monde. Il n’y a pas mort d’homme. La beauté de la chose, c’est que nous aurons toujours la possibilité de nous reprendre.

Et que nous avons, par le fait même, l’opportunité d’apprendre.

J’apprends plus de mes échecs que de mes (petites) victoires. Les victoires nous flattent, nous gonflent l’ego. Cela n’est pas déplaisant, au contraire. Seulement, il ne faut  pas s’y complaire. Je ne dis pas non plus qu’il faut s’abonner à l’échec. Ça n’aurait aucun sens. Ça ne ferait aucun sens. Mais les échecs que nous subissons nous confrontent à nous-même. Ils nous forcent à faire le point, à nous questionner. À nous reprendre en main. Ils nous donnent la chance de prendre un nouvel envol. Un nouveau départ.

Certaines personnes diront que j’accorde trop d’importance à la course à pied. Elles ont peut-être raison. Mais aussi, elles me comprennent peut-être mal. Une chose est sûre, ces personnes ne me connaissent pas.

La course à pied m’a changé. Profondément. J’ai réussi à cesser de fumer – après plus de 25 ans – en grande partie grâce à la course (devenir père de famille y a aussi fortement contribué). Au début des années 2000, sans raisons apparentes, j’ai fait de solides crises de panique et d’anxiété. Je ne comprenais pas ce qui se passait, ce qui m’arrivait, j’avais l’impression de m’enfoncer dans la noirceur, dans l’isolement. La pratique quotidienne de la course m’a aidé à me sortir de ces états sombres, des idées noires qui m’envahissaient. À cette époque, je n’avais d’autre ambition que de me remettre en forme et de courir un peu chaque jour. Je ne comptais pas les kilomètres parcourus. Je ne songeais pas à m’inscrire à une course officielle. Je n’avais pas de montre. Ça n’avait pas d’importance. Je courrais pour me refaire, en quelque sorte, pour me garder en vie. Ce n’est que deux ou trois années plus tard que j’ai appris l’existence des ultramarathons et que je me suis donné le défi d’en courir un, au moins un. Un de 160 kilomètres. Juste pour voir. Si j’étais capable. Je ne le savais pas à ce moment, mais j’étais déjà sur le chemin. Depuis longtemps. Je n’en étais seulement pas conscient.

La course m’a changé, transformé, comme elle l’a fait, comme elle le fait encore, pour bon nombre de personnes. Des gens en surplus de poids, des gens en dépression. Des gens qui ne croyaient jamais pouvoir un jour franchir le fil d’arrivée d’un 5 km ou d’un marathon. Des hommes et de femmes ayant survécus à de graves maladies, à des infarctus, et qui se sont vu offrir la chance de repartir sur de nouvelles bases. Des personnes âgées n’ayant jamais pratiqué aucun sport et qui se sont mises d’abord à la marche, puis à la course légère, et qui enchaînent maintenant les épreuves sur route de 5, 10 ou 21 kilomètres. Des plus jeunes aussi. Des enfants qui s’élancent sur des 1 ou 2 km avec leurs parents lors de grands événements comme le Marathon d’Ottawa. Des gens qui viennent de partout, de toutes les sphères de la société.

J’ai un ami – salut Benoît! – qui lutte contre le cancer depuis deux ans et qui espère pouvoir courir à nouveau à mes côtés aux 24 heures de course de la Fondation du Centre Jeunesse de la Montérégie en septembre prochain. La course, malgré ce qu’il vit en ce moment, est toujours dans ses pensées. Je souhaite de tout cœur pouvoir partager ce moment avec lui. Je ne peux rien faire d’autre pour l’aider, le soulager. Sinon l’accompagner. À ma façon. À travers ce lien qui nous unit. La course.

Courir, ce n’est pas la vie. Et la vie, ce n’est pas courir. Mais courir, je le crois, nous garde vivants. Tant de corps que d’esprit.

Et je parle de course car il s’agit de mon sport. Il y a d’autres voies, aussi. Il s’agit de les trouver, de s’y engager. Ce n’est pas toujours simple. Mais ça en vaut la peine.

Quelqu’un m’a déjà demandé – le plus sérieusement du monde – ce que je fuyais en courant de la sorte.

Rien. Je ne fuis pas quand je cours. J’avance.

Route. Paysage d’hiver. Photographie tirée du Web.

2018 est là. Je vous souhaite une belle, une bonne année. Foncez. Aimez. Rêvez. Grandissez. Encore. Toujours.

Si tu veux connaître le futur, prends soin de ton esprit. -Mathieu Ricard

En ne s’attachant pas aux choses, on les traverse librement. – Linji Yixuan

Citations tirées du livre 365 pensées, Sur les traces de Bouddha.

Repartir la machine

Il arrive que l’on tombe. Il s’agit alors de se relever. C’est la seule chose à faire. On a pas le choix. Pourquoi on resterait couché sur le dos, les bras en croix, à fixer le vide? Aucune raison. Il faut se relever, se secouer, poursuivre. Et tenter de ne pas s’emmêler les pieds à nouveau.

2017 n’aura pas été ma meilleure année d’un point de vue course à pied. Pas tellement meilleure du côté de l’écriture puisque je n’ai pour ainsi dire rien écrit de valable depuis un bon moment. Et ce blogue qui s’empoussière, vivant sur respirateur artificiel depuis un an et demi. Je bosse sur mon second roman depuis plusieurs mois. J’y avance à petits pas. Petits, petits pas.

Écrire un roman, c’est courir un ultramarathon. Mais assis sur une chaise.

Enfin.

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Traversée des Présidentielles au New Hampshire avec Marie-Pier et Michel, mon meilleur moment course de la saison, septembre 2017. Photographie de Michel Caron

Courir.

Le Moab 240 a été un fiasco qui m’est resté en travers de la gorge pendant plusieurs semaines – encore aujourd’hui, y penser me fait grogner et froncer les sourcils. Outre ma blessure au tendon d’Achille, j’ai cherché à comprendre ce qui s’était passé. Ce n’est pas tellement compliqué: mauvaise préparation, mauvais état d’esprit. Si ça se trouve, j’ai même sous-estimé la distance et l’ampleur de la tache. Sur 384 kilomètres. Faut le faire! Blessure ou non, quand la tête ne va pas, rien ne va.

I was not in the game, man, so I fucked up.

Dans les jours qui ont suivi, je me suis sérieusement posé la question: Ai-je envie de continuer?

La réponse est: Oui.

Bien sûr que c’est oui. J’ai cependant eu peur que ce soit non pendant un moment

J’avais besoin de reprendre mon souffle. De remettre les compteurs à zéro. De me donner un nouvel élan. Je travaille encore là-dessus. Ça semble bon.

La blessure? Mon ostéopathe fait des miracles. Mon tendon prend du mieux, il remonte la pente.

2018 devrait être une bonne année.

Hier soir à la télé c’était Forrest Gump. Cours, Forrest, cours! 

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Écrire.

L’histoire avance. Elle est en mouvement, vivante. Elle change de forme. Elle me surprend. Sa trajectoire diffère de celle initialement prévue. Elle évolue. Elle me force à reprendre, à me questionner. À reculer d’un pas pour en faire deux. Il arrive aussi que je me prenne sérieusement la tête à deux mains avec l’envie de tout balancer par-dessus bord. Souvent, c’est a ce moment qu’apparaît un mot, une phrase, un peu de lumière. Il faut être attentif. L’histoire est capricieuse. Mais elle progresse. Elle avance. En mouvement, toujours.

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Dalva après un 12 km frisquet.

Il fait froid ce matin. Ne regardez pas le temps ressenti, ça ne compte pas. Le facteur vent? Et alors? C’est l’hiver. Il fait froid et c’est normal. Respirez un grand coup. Habillez-vous. Allez jouer dehors. It’s all good.

… But my glory, it doesn’t happen in front of a crowd. It doesn’t happen in a stadium or on a stage. There are no medals handed out. It happens in the darkness of the early morning. In solitude. Where I try. And I try. And I try again. With everything I have, to be the best that I can possibly be. Better than I was yesterday. Better than people thought I could be. Better than I thought I could be. Faster and stronger and smarter. And claim one victory that no one can ever take away from me. Ever. A victory that is earned every single day. A victory of determination and will and discipline. A victory achieved because: I will not stop.

Extrait du livre DISCIPLINE EQUALS FREEDOM – FIELD MANUEL de Jocko Willink.

Bigfoot 200 Endurance Run (photos)

Daring to live means daring to die at any moment but also means daring to be born, crossing great stages of life in which the person we have been dies, and is replaced by another with a renewed vision of the world, and at the same time realizing that there will be many obstacles to overcome before we reach the final stage of Enlightenment.

Arnaud Desjardins

Il s’agit ici de faire court avec du long. Du très, très long. Parce que le temps me manque, parce que mon esprit n’a pas encore totalement assimilé l’aventure, tous ces kilomètres et toutes ces heures passés à parcourir les sentiers extrêmes et magnifiques du Bigfoot 200, autour des Monts Ste-Hélène et Adams, dans l’état de Washington. Entre 320 et 330 kilomètres (les chiffres semblent variables d’une fois à l’autre…). 82 heures et 20 minutes de course pour ma part, incluant 5 heures 30 minutes de pseudo-sommeil. Des pieds enflés comme des pattes d’éléphant, des ampoules plutôt formidables – et douloureuses. Des hauts et des bas, physiques aussi bien que métaphoriques.

Bref. Voici en photos, l’essentiel du Bigfoot 200.

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Arrivée à Randle, WA, pour le check-in et le meeting d’avant-course, 11 août.

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Dépôt des drop-bags, sacs de ravitaillement. J’en ai six, dont trois serviront sur deux stations chacun. La logistique pour faire ces sacs est énorme, du moins pour la première fois. Je saurais maintenant mieux m’y prendre. En quittant, après la course, j’ai oublié un de mes sacs là-bas. Too bad.

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L’arche de départ, vendredi matin, 8:15, 12 août. L’homme en rouge de dos avec un pack-sack s’appelle Todd. C’est le directeur médical de la course, un magicien des ampoules. Le coureur avec un chandail vert est Vic, avec qui j’aurai l’occasion de partager plusieurs kilomètres à la tombée de la nuit. Il terminera deuxième.

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Bigfoot 200, Class of 2016. Signatures requises.

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Ouais, bon, un selfie… Il fait déjà chaud. 5 minutes avant le départ.

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Game on.

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À chaque pas durant ces premières heures on a le souffle coupé.

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Un champ d’énormes pierres volcaniques. On court là dessus. On suit les fanions roses.

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Tu tombes? Bien, tu tombes…

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Cet idiot souriant qui gâche ma photo!

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Le Mont Ste-Hélène se dévoile. Je me souviens de son éruption en 1980. Là, j’y suis. J’ai peine à y croire.

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La traversée du désert…

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Coldwater Aid Station. Les 25-30 prochains kilomètres seront très durs. Je prévoyais arriver à la prochaine station, Norway Pass, vers 1:00 du matin. J’y mettrai pieds vers 3:00. Suivant ma stratégie, j’y dormirai 2h30. J’étais à ce moment dans le top 10. Je perdrai alors des positions que je ne pourrai reprendre, me faisant un peu regretter d’avoir dormi.

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Deuxième matin. J’ai repris la route. Le Mont St-Hélène s’éloigne.

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Le Mont Adams se profile.

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Tu tombes… prise 214.

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Vous voulez que je vous conte une bonne blague?

La voici:

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Yep. Sans drink et avec un burger végé.

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Troisième matin. J’ai dormi deux autres heures à la station précédente, Lewis Lake, que j’ai quitté vers les 1:30 du matin. Je cours seul dans la forêt dense de la Côte Pacifique. Un sentiment étrange et parfaitement grisant. De la peur? Aucunement.

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Lumière, un regain d’énergie!

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Garder l’équilibre.

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À nouveau, lentement, la nuit qui s’annonce. La dernière en ce qui me concerne. Je l’espère…

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Mont Adams.

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Arrivée à Klickitat Aid Station. Deux de mes plus grosses ampoules ont éclatées dans mes chaussures, me procurant un «certain» soulagement et un inconfort certain. N’empêche. Il est temps de remédier au problème.

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Les bénévoles de Klickitat ont été extraordinaires! On s’est occupé de moi comme je n’avais jamais vu. Ils m’ont réchauffé, ont nettoyé mes pieds, se sont occupé de mes ampoules, m’ont fourni en Ginger Ale, m’ont nourri de côtelettes de porc et de patates rissolées. J’ai dormi là une heure pour me refaire des forces (bu 4 café à mon réveil). J’y serai resté jusqu’au matin. Mais j’ai levé les pattes peu avant 1h30. Je garderai ces gens-là dans mon coeur à jamais.

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Sasquatch Street. Au milieu de la nuit, au milieu de nulle part. Sourire. Et aussi: «Quand est-ce qu’on fucking arrive???»

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Dernier matin. Encore près de 10 heures de course à venir.

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Pompay Peak. Un sommet… juste pour faire un sommet. Candice Burt style (la directrice de course).

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Après avoir couru les 50  kilomètres précédents avec mes Altra Superior, j’ai changé pour mes vieux Pearl Izumi N2 les derniers 21 km. Erreur. Mes pieds enflés ne les supportaient plus. J’alternais course/marche. Course en chaussures, marche nu pieds. (Photographie: Howie Stern)

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Le dernier 100 mètres avec ma famille. Pure bonheur! Et Sprint avec Marion. (Photographie: Howie Stern)

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Après une douche rapide, un bon bain de pieds glacé. Rick, à ma droite, a couru le Colorado 200 trois semaines plus tôt. Il vient de terminer le Bigfoot 200 dix minutes avant moi. Dans trois semaines, il sera du Tahoe 200 en Californie. Moi? J’ai un 24 heures dans 20 jours…

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Pied droit.

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Pied gauche.

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Pieds d’éléphant.

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Cinq jours plus tard, it’s all good.

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Cheers!

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Life is movement. The more life there is, the more flexibility there is. The more fluid you are, the more alive you are.

Arnaud Desjardins

Verrai-je la Bête?

Au Canada, on dit Sasquatch. Aux États-Unis, on préfère plutôt le nom de Bigfoot. Verrai-je la Bête? La question se pose. Car si cet animal mythique existe vraiment (disons…), je serai plutôt bien placé pour l’apercevoir en août prochain, dans la chaine des montagnes Cascades, dans l’état de Washington. C’est là qu’aura lieu la course, le Bigfoot 200 Endurance Run.

Et c’est là que je serai en août 2016.

Le Bigfoot 200? Two hundred…? Oui, two hundredMiles. 320 kilomètres, en faisant la conversion. Une course qui va d’un point à un autre. Pas une boucle immense ou des allers-retours à n’en plus finir. Non. D’un point à un autre point sur… 320 kilomètres. Voilà. En gros, on nous conduit au départ, on nous y dépose et on nous attend à l’arrivée, quatre jours et des poussières plus tard pour les plus «lents». (Bien sûr, il y a des ravitaillements entre le départ et l’arrivée…) Ce sera la deuxième édition cette année. En 2015, le plus rapide a terminé l’épreuve en 64 heures 12 minutes 35 secondes. Je me dis que 70-75 heures devrait être jouable.

Je m’entraine déjà à ne plus dormir…

Donc, verrai-je la Bête? La question se pose sérieusement. Étant donné ma propension à halluciner durant les longues nuits d’ultra, je peux quasiment affirmer que oui, je la verrai. Et il y a même de fortes chances pour que je discute avec elle sur un bon bout de chemin. Dans la langue de son choix.

In the 1987 movie “Harry and the Hendersons,” Bigfoot, aka Harry, was portrayed by 7-foot-2-inch actor Kevin Peter Hall in costume. For the nine members of the Tri-County Bigfoot Group, the legendary creature is more fact than movie fiction.

(Image tirée du film Harry et les Henderson)

Nouveau Départ

Ça fait longtemps, je sais. 

J’ai été plus que silencieux tout au long de la dernière année. Il y a eu, bien sûr, l’écriture, la publication et la promotion de mon premier livre, Territoires Inconnus. Puis, le tournage durant l’été d’une série télé, Blue Moon, qui a aussi pris beaucoup de mon temps. Et la famille, l’entrainement, le quotidien. La vie, quoi.

Le fait est que j’ai  longuement tergiversé à savoir si oui ou non j’allais garder mon blogue actif. Cela depuis plusieurs semaines. Et jusqu’à tout récemment, j’y mettais fin. Sauf que voilà, j’ai changé d’avis.

J’ai toujours considéré ce blogue comme un laboratoire d’écriture sur la course à pied, sur les ultramarathons que je pratique, ainsi que sur la méditation (j’ai à mon sens négligé ce volet plus souvent qu’autrement). À partir de maintenant, j’élargirai mon horizon. Bien sûr, la course d’endurance sera toujours le sujet principal, mais j’espère aller ailleurs aussi parfois. Équipements, littérature, poésie, réflexions. Photographies. Méditation… Je vais tenter de moins me restreindre, d’aller plus loin. On verra.

Depuis une semaine, j’ai quitté Facebook. J’en avais marre. Marre d’y lire certains messages publics, marre d’y perdre mon temps, marre de commenter alors qu’il aurait été préférable de m’abstenir. Les mauvais côtés de ce réseau ont, pour une seconde fois dans mon cas, pris le dessus sur les bons. Y reviendrai-je? Cela reste à penser. Mais quitte à perdre du temps, aussi bien le faire ici de manière plus constructive. Alors pour ceux et celles qui se demandent, je suis toujours là. Life is good!

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Pause sous les pins, Mont-St-Bruno, mi-décembre 2015.