En route pour le Massanutten 100 – 2018

Je n’ai pas compté le nombre exactmais nous serons au moins une dizaine de québécois à prendre le départ du Massanutten 100 ce weekend (19-20 mai), en Virginie. Quand je l’ai couru en 2013, j’étais seul. Cette année, Joan, Pierre (qui en sera à sa quatrième participation), Fred, Martin, Gilles et Vincent seront là. D’autres amis coureurs que je connais moins et que j’ai hâte de rencontrer. La température s’annonce  moyenne – de la pluie, des orages. So what? On fera avec.

C’est le temps de courir, pas de chialer.

Des attentes? Aucune à part celle de terminer. Et si possible, faire mieux qu’en 2013. Je me sens bien, ma préparation est bonne, meilleure que la première fois, mais pas optimale. Étant donné le printemps tardif, je n’ai eu accès librement aux sentiers que depuis un mois. On verra. Ça risque d’être intéressant, peu importe.

Encore une fois, je cours solo, c’est à dire sans équipe derrière moi ni pacer (accompagnateur). Je compte ne laisser qu’un seul sac de ravitaillement pour un changement rapide de chaussures et de chandail avant la nuit, mais pour le reste, j’aurai tout ce qu’il faut – un minimum – avec moi dans ma veste d’hydratation. Pour le reste, all good.

J’ai réalisé dernièrement que je n’ai pas terminé de 100 miles depuis l’UTMB en 2014. Je dois ramollir… J’ai couru des 24 heures et le Bigfoot en 2016 était un 200 mile, mais ça ne compte pas. Enfin, pas vraiment. Drôle de penser que je retourne à la distance de 160 kilomètres après quatre ans. Ce sera un bon test.

Départ demain à 6:00 pour un 10-12 heures de route jusqu’en Virginie. La course, elle, sera lancée samedi matin à 4:00.

J’en reparle à mon retour.

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Parcours, stations d’aide et dénivelé du Massanutten 100. 

 

Faire les choses

Se lever. Tôt. 4 heures du matin.

Préparer le café dans la Bialetti. Attendre qu’il soit prêt.

Enchaîner 50 push-ups en attendant. Sur le plancher froid de la cuisine.

Écrire deux, trois heures. En espérant le meilleur. Souvent en frôlant le pire. Mais recommencer. Jour après jour. Écrire, bordel.

Manger un fruit. Une banane, tiens. Quelques noix.

Aller courir. Peu importe le temps qu’il fait.

Ou aller au gym. Peu importe le degré de motivation.

Ne pas y penser. Y aller.

Sentir ses muscles brûler. Son cœur battre.

Prendre une douche. La commencer tiède, la finir froide. Si possible.

Travailler. Ou pas – il y a de ces périodes.

Écrire encore. Dans sa tête.

Casser la croûte.

Ou jeûner. Parfois.

Préparer le souper. Faire la vaisselle. Pelleter l’entrée. Tondre le foutue gazon. Plier le linge. Se raser. Se brosser les dents.

Prendre une bière. Ou pas – il y a aussi de ces périodes.

Lire un livre. Apprendre.

Méditer.

Penser aux autres. Non juste à soi.

Ne pas juger. Ne pas juger. Ne pas juger.

Être à l’écoute. S’ouvrir l’esprit.

Payer ses comptes.

Aimer les gens qui nous entourent. Leur dire qu’on les aime.

Savoir que l’on va mourir. En profiter pour vivre.

Se brosser les dents. Considérer l’importance de se brosser les dents.

Enchaîner 50 autres  push-ups avant de se coucher.

Aller dormir.

Se lever tôt.

Recommencer.

Faire les choses.

Et sourire.

Parfois, il faut juste faire les choses.

Tirée du livre Eat & Run de Scott Jurek.

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Été. Mont St-Hilaire, juin 2017.

Conférences.

Si vous êtes intéressés à recevoir ma conférence basée sur mon livre Territoires Inconnus pour votre entreprise, votre club de course ou votre école, vous pouvez communiquer avec moi à l’adresse courriel suivante: pat.zen.endurance@gmail.com

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Hiver. Boucherville, décembre 2017.

Perspectives

Rater une course. Livrer une contre-performance. Abandonner. Ne plus avoir le goût. Ce sont des choses qui arrivent. Entendons-nous, cela n’a rien de tragique ni de dramatique. Mais lorsque nous nous sommes entraîné pendant des semaines, pendant des mois, que nous avons fait tous les sacrifices nécessaires, que nous avons rêvé, anticipé, visualisé un événement particulier, cela est décevant. Bien sûr. Ce n’est cependant pas la fin du monde. Il n’y a pas mort d’homme. La beauté de la chose, c’est que nous aurons toujours la possibilité de nous reprendre.

Et que nous avons, par le fait même, l’opportunité d’apprendre.

J’apprends plus de mes échecs que de mes (petites) victoires. Les victoires nous flattent, nous gonflent l’ego. Cela n’est pas déplaisant, au contraire. Seulement, il ne faut  pas s’y complaire. Je ne dis pas non plus qu’il faut s’abonner à l’échec. Ça n’aurait aucun sens. Ça ne ferait aucun sens. Mais les échecs que nous subissons nous confrontent à nous-même. Ils nous forcent à faire le point, à nous questionner. À nous reprendre en main. Ils nous donnent la chance de prendre un nouvel envol. Un nouveau départ.

Certaines personnes diront que j’accorde trop d’importance à la course à pied. Elles ont peut-être raison. Mais aussi, elles me comprennent peut-être mal. Une chose est sûre, ces personnes ne me connaissent pas.

La course à pied m’a changé. Profondément. J’ai réussi à cesser de fumer – après plus de 25 ans – en grande partie grâce à la course (devenir père de famille y a aussi fortement contribué). Au début des années 2000, sans raisons apparentes, j’ai fait de solides crises de panique et d’anxiété. Je ne comprenais pas ce qui se passait, ce qui m’arrivait, j’avais l’impression de m’enfoncer dans la noirceur, dans l’isolement. La pratique quotidienne de la course m’a aidé à me sortir de ces états sombres, des idées noires qui m’envahissaient. À cette époque, je n’avais d’autre ambition que de me remettre en forme et de courir un peu chaque jour. Je ne comptais pas les kilomètres parcourus. Je ne songeais pas à m’inscrire à une course officielle. Je n’avais pas de montre. Ça n’avait pas d’importance. Je courrais pour me refaire, en quelque sorte, pour me garder en vie. Ce n’est que deux ou trois années plus tard que j’ai appris l’existence des ultramarathons et que je me suis donné le défi d’en courir un, au moins un. Un de 160 kilomètres. Juste pour voir. Si j’étais capable. Je ne le savais pas à ce moment, mais j’étais déjà sur le chemin. Depuis longtemps. Je n’en étais seulement pas conscient.

La course m’a changé, transformé, comme elle l’a fait, comme elle le fait encore, pour bon nombre de personnes. Des gens en surplus de poids, des gens en dépression. Des gens qui ne croyaient jamais pouvoir un jour franchir le fil d’arrivée d’un 5 km ou d’un marathon. Des hommes et de femmes ayant survécus à de graves maladies, à des infarctus, et qui se sont vu offrir la chance de repartir sur de nouvelles bases. Des personnes âgées n’ayant jamais pratiqué aucun sport et qui se sont mises d’abord à la marche, puis à la course légère, et qui enchaînent maintenant les épreuves sur route de 5, 10 ou 21 kilomètres. Des plus jeunes aussi. Des enfants qui s’élancent sur des 1 ou 2 km avec leurs parents lors de grands événements comme le Marathon d’Ottawa. Des gens qui viennent de partout, de toutes les sphères de la société.

J’ai un ami – salut Benoît! – qui lutte contre le cancer depuis deux ans et qui espère pouvoir courir à nouveau à mes côtés aux 24 heures de course de la Fondation du Centre Jeunesse de la Montérégie en septembre prochain. La course, malgré ce qu’il vit en ce moment, est toujours dans ses pensées. Je souhaite de tout cœur pouvoir partager ce moment avec lui. Je ne peux rien faire d’autre pour l’aider, le soulager. Sinon l’accompagner. À ma façon. À travers ce lien qui nous unit. La course.

Courir, ce n’est pas la vie. Et la vie, ce n’est pas courir. Mais courir, je le crois, nous garde vivants. Tant de corps que d’esprit.

Et je parle de course car il s’agit de mon sport. Il y a d’autres voies, aussi. Il s’agit de les trouver, de s’y engager. Ce n’est pas toujours simple. Mais ça en vaut la peine.

Quelqu’un m’a déjà demandé – le plus sérieusement du monde – ce que je fuyais en courant de la sorte.

Rien. Je ne fuis pas quand je cours. J’avance.

Route. Paysage d’hiver. Photographie tirée du Web.

2018 est là. Je vous souhaite une belle, une bonne année. Foncez. Aimez. Rêvez. Grandissez. Encore. Toujours.

Si tu veux connaître le futur, prends soin de ton esprit. -Mathieu Ricard

En ne s’attachant pas aux choses, on les traverse librement. – Linji Yixuan

Citations tirées du livre 365 pensées, Sur les traces de Bouddha.

Repartir la machine

Il arrive que l’on tombe. Il s’agit alors de se relever. C’est la seule chose à faire. On a pas le choix. Pourquoi on resterait couché sur le dos, les bras en croix, à fixer le vide? Aucune raison. Il faut se relever, se secouer, poursuivre. Et tenter de ne pas s’emmêler les pieds à nouveau.

2017 n’aura pas été ma meilleure année d’un point de vue course à pied. Pas tellement meilleure du côté de l’écriture puisque je n’ai pour ainsi dire rien écrit de valable depuis un bon moment. Et ce blogue qui s’empoussière, vivant sur respirateur artificiel depuis un an et demi. Je bosse sur mon second roman depuis plusieurs mois. J’y avance à petits pas. Petits, petits pas.

Écrire un roman, c’est courir un ultramarathon. Mais assis sur une chaise.

Enfin.

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Traversée des Présidentielles au New Hampshire avec Marie-Pier et Michel, mon meilleur moment course de la saison, septembre 2017. Photographie de Michel Caron

Courir.

Le Moab 240 a été un fiasco qui m’est resté en travers de la gorge pendant plusieurs semaines – encore aujourd’hui, y penser me fait grogner et froncer les sourcils. Outre ma blessure au tendon d’Achille, j’ai cherché à comprendre ce qui s’était passé. Ce n’est pas tellement compliqué: mauvaise préparation, mauvais état d’esprit. Si ça se trouve, j’ai même sous-estimé la distance et l’ampleur de la tache. Sur 384 kilomètres. Faut le faire! Blessure ou non, quand la tête ne va pas, rien ne va.

I was not in the game, man, so I fucked up.

Dans les jours qui ont suivi, je me suis sérieusement posé la question: Ai-je envie de continuer?

La réponse est: Oui.

Bien sûr que c’est oui. J’ai cependant eu peur que ce soit non pendant un moment

J’avais besoin de reprendre mon souffle. De remettre les compteurs à zéro. De me donner un nouvel élan. Je travaille encore là-dessus. Ça semble bon.

La blessure? Mon ostéopathe fait des miracles. Mon tendon prend du mieux, il remonte la pente.

2018 devrait être une bonne année.

Hier soir à la télé c’était Forrest Gump. Cours, Forrest, cours! 

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Écrire.

L’histoire avance. Elle est en mouvement, vivante. Elle change de forme. Elle me surprend. Sa trajectoire diffère de celle initialement prévue. Elle évolue. Elle me force à reprendre, à me questionner. À reculer d’un pas pour en faire deux. Il arrive aussi que je me prenne sérieusement la tête à deux mains avec l’envie de tout balancer par-dessus bord. Souvent, c’est a ce moment qu’apparaît un mot, une phrase, un peu de lumière. Il faut être attentif. L’histoire est capricieuse. Mais elle progresse. Elle avance. En mouvement, toujours.

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Dalva après un 12 km frisquet.

Il fait froid ce matin. Ne regardez pas le temps ressenti, ça ne compte pas. Le facteur vent? Et alors? C’est l’hiver. Il fait froid et c’est normal. Respirez un grand coup. Habillez-vous. Allez jouer dehors. It’s all good.

… But my glory, it doesn’t happen in front of a crowd. It doesn’t happen in a stadium or on a stage. There are no medals handed out. It happens in the darkness of the early morning. In solitude. Where I try. And I try. And I try again. With everything I have, to be the best that I can possibly be. Better than I was yesterday. Better than people thought I could be. Better than I thought I could be. Faster and stronger and smarter. And claim one victory that no one can ever take away from me. Ever. A victory that is earned every single day. A victory of determination and will and discipline. A victory achieved because: I will not stop.

Extrait du livre DISCIPLINE EQUALS FREEDOM – FIELD MANUEL de Jocko Willink.

Bigfoot 200 Endurance Run (photos)

Daring to live means daring to die at any moment but also means daring to be born, crossing great stages of life in which the person we have been dies, and is replaced by another with a renewed vision of the world, and at the same time realizing that there will be many obstacles to overcome before we reach the final stage of Enlightenment.

Arnaud Desjardins

Il s’agit ici de faire court avec du long. Du très, très long. Parce que le temps me manque, parce que mon esprit n’a pas encore totalement assimilé l’aventure, tous ces kilomètres et toutes ces heures passés à parcourir les sentiers extrêmes et magnifiques du Bigfoot 200, autour des Monts Ste-Hélène et Adams, dans l’état de Washington. Entre 320 et 330 kilomètres (les chiffres semblent variables d’une fois à l’autre…). 82 heures et 20 minutes de course pour ma part, incluant 5 heures 30 minutes de pseudo-sommeil. Des pieds enflés comme des pattes d’éléphant, des ampoules plutôt formidables – et douloureuses. Des hauts et des bas, physiques aussi bien que métaphoriques.

Bref. Voici en photos, l’essentiel du Bigfoot 200.

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Arrivée à Randle, WA, pour le check-in et le meeting d’avant-course, 11 août.

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Dépôt des drop-bags, sacs de ravitaillement. J’en ai six, dont trois serviront sur deux stations chacun. La logistique pour faire ces sacs est énorme, du moins pour la première fois. Je saurais maintenant mieux m’y prendre. En quittant, après la course, j’ai oublié un de mes sacs là-bas. Too bad.

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L’arche de départ, vendredi matin, 8:15, 12 août. L’homme en rouge de dos avec un pack-sack s’appelle Todd. C’est le directeur médical de la course, un magicien des ampoules. Le coureur avec un chandail vert est Vic, avec qui j’aurai l’occasion de partager plusieurs kilomètres à la tombée de la nuit. Il terminera deuxième.

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Bigfoot 200, Class of 2016. Signatures requises.

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Ouais, bon, un selfie… Il fait déjà chaud. 5 minutes avant le départ.

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Game on.

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À chaque pas durant ces premières heures on a le souffle coupé.

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Un champ d’énormes pierres volcaniques. On court là dessus. On suit les fanions roses.

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Tu tombes? Bien, tu tombes…

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Cet idiot souriant qui gâche ma photo!

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Le Mont Ste-Hélène se dévoile. Je me souviens de son éruption en 1980. Là, j’y suis. J’ai peine à y croire.

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La traversée du désert…

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Coldwater Aid Station. Les 25-30 prochains kilomètres seront très durs. Je prévoyais arriver à la prochaine station, Norway Pass, vers 1:00 du matin. J’y mettrai pieds vers 3:00. Suivant ma stratégie, j’y dormirai 2h30. J’étais à ce moment dans le top 10. Je perdrai alors des positions que je ne pourrai reprendre, me faisant un peu regretter d’avoir dormi.

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Deuxième matin. J’ai repris la route. Le Mont St-Hélène s’éloigne.

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Le Mont Adams se profile.

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Tu tombes… prise 214.

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Vous voulez que je vous conte une bonne blague?

La voici:

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Yep. Sans drink et avec un burger végé.

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Troisième matin. J’ai dormi deux autres heures à la station précédente, Lewis Lake, que j’ai quitté vers les 1:30 du matin. Je cours seul dans la forêt dense de la Côte Pacifique. Un sentiment étrange et parfaitement grisant. De la peur? Aucunement.

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Lumière, un regain d’énergie!

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Garder l’équilibre.

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À nouveau, lentement, la nuit qui s’annonce. La dernière en ce qui me concerne. Je l’espère…

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Mont Adams.

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Arrivée à Klickitat Aid Station. Deux de mes plus grosses ampoules ont éclatées dans mes chaussures, me procurant un «certain» soulagement et un inconfort certain. N’empêche. Il est temps de remédier au problème.

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Les bénévoles de Klickitat ont été extraordinaires! On s’est occupé de moi comme je n’avais jamais vu. Ils m’ont réchauffé, ont nettoyé mes pieds, se sont occupé de mes ampoules, m’ont fourni en Ginger Ale, m’ont nourri de côtelettes de porc et de patates rissolées. J’ai dormi là une heure pour me refaire des forces (bu 4 café à mon réveil). J’y serai resté jusqu’au matin. Mais j’ai levé les pattes peu avant 1h30. Je garderai ces gens-là dans mon coeur à jamais.

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Sasquatch Street. Au milieu de la nuit, au milieu de nulle part. Sourire. Et aussi: «Quand est-ce qu’on fucking arrive???»

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Dernier matin. Encore près de 10 heures de course à venir.

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Pompay Peak. Un sommet… juste pour faire un sommet. Candice Burt style (la directrice de course).

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Après avoir couru les 50  kilomètres précédents avec mes Altra Superior, j’ai changé pour mes vieux Pearl Izumi N2 les derniers 21 km. Erreur. Mes pieds enflés ne les supportaient plus. J’alternais course/marche. Course en chaussures, marche nu pieds. (Photographie: Howie Stern)

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Le dernier 100 mètres avec ma famille. Pure bonheur! Et Sprint avec Marion. (Photographie: Howie Stern)

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Après une douche rapide, un bon bain de pieds glacé. Rick, à ma droite, a couru le Colorado 200 trois semaines plus tôt. Il vient de terminer le Bigfoot 200 dix minutes avant moi. Dans trois semaines, il sera du Tahoe 200 en Californie. Moi? J’ai un 24 heures dans 20 jours…

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Pied droit.

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Pied gauche.

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Pieds d’éléphant.

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Cinq jours plus tard, it’s all good.

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Cheers!

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Life is movement. The more life there is, the more flexibility there is. The more fluid you are, the more alive you are.

Arnaud Desjardins

Verrai-je la Bête?

Au Canada, on dit Sasquatch. Aux États-Unis, on préfère plutôt le nom de Bigfoot. Verrai-je la Bête? La question se pose. Car si cet animal mythique existe vraiment (disons…), je serai plutôt bien placé pour l’apercevoir en août prochain, dans la chaine des montagnes Cascades, dans l’état de Washington. C’est là qu’aura lieu la course, le Bigfoot 200 Endurance Run.

Et c’est là que je serai en août 2016.

Le Bigfoot 200? Two hundred…? Oui, two hundredMiles. 320 kilomètres, en faisant la conversion. Une course qui va d’un point à un autre. Pas une boucle immense ou des allers-retours à n’en plus finir. Non. D’un point à un autre point sur… 320 kilomètres. Voilà. En gros, on nous conduit au départ, on nous y dépose et on nous attend à l’arrivée, quatre jours et des poussières plus tard pour les plus «lents». (Bien sûr, il y a des ravitaillements entre le départ et l’arrivée…) Ce sera la deuxième édition cette année. En 2015, le plus rapide a terminé l’épreuve en 64 heures 12 minutes 35 secondes. Je me dis que 70-75 heures devrait être jouable.

Je m’entraine déjà à ne plus dormir…

Donc, verrai-je la Bête? La question se pose sérieusement. Étant donné ma propension à halluciner durant les longues nuits d’ultra, je peux quasiment affirmer que oui, je la verrai. Et il y a même de fortes chances pour que je discute avec elle sur un bon bout de chemin. Dans la langue de son choix.

In the 1987 movie “Harry and the Hendersons,” Bigfoot, aka Harry, was portrayed by 7-foot-2-inch actor Kevin Peter Hall in costume. For the nine members of the Tri-County Bigfoot Group, the legendary creature is more fact than movie fiction.

(Image tirée du film Harry et les Henderson)

Nouveau Départ

Ça fait longtemps, je sais. 

J’ai été plus que silencieux tout au long de la dernière année. Il y a eu, bien sûr, l’écriture, la publication et la promotion de mon premier livre, Territoires Inconnus. Puis, le tournage durant l’été d’une série télé, Blue Moon, qui a aussi pris beaucoup de mon temps. Et la famille, l’entrainement, le quotidien. La vie, quoi.

Le fait est que j’ai  longuement tergiversé à savoir si oui ou non j’allais garder mon blogue actif. Cela depuis plusieurs semaines. Et jusqu’à tout récemment, j’y mettais fin. Sauf que voilà, j’ai changé d’avis.

J’ai toujours considéré ce blogue comme un laboratoire d’écriture sur la course à pied, sur les ultramarathons que je pratique, ainsi que sur la méditation (j’ai à mon sens négligé ce volet plus souvent qu’autrement). À partir de maintenant, j’élargirai mon horizon. Bien sûr, la course d’endurance sera toujours le sujet principal, mais j’espère aller ailleurs aussi parfois. Équipements, littérature, poésie, réflexions. Photographies. Méditation… Je vais tenter de moins me restreindre, d’aller plus loin. On verra.

Depuis une semaine, j’ai quitté Facebook. J’en avais marre. Marre d’y lire certains messages publics, marre d’y perdre mon temps, marre de commenter alors qu’il aurait été préférable de m’abstenir. Les mauvais côtés de ce réseau ont, pour une seconde fois dans mon cas, pris le dessus sur les bons. Y reviendrai-je? Cela reste à penser. Mais quitte à perdre du temps, aussi bien le faire ici de manière plus constructive. Alors pour ceux et celles qui se demandent, je suis toujours là. Life is good!

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Pause sous les pins, Mont-St-Bruno, mi-décembre 2015.

 

Faire (tout) ce que l’on peut – Vermont 100 numéro 5

Il n’a jamais été question que j’abandonne. Bien sûr, l’idée m’a traversé l’esprit à quelques reprises durant la journée, mais en ce qui me concerne, c’est une chose normale durant un ultramarathon de 100 mile. Je ne m’en fais pas trop avec ça. L’idée stupide et irréfléchie surgit dans mon esprit, elle tourne un peu en rond avant de trouver la sortie. Je la laisse ainsi passer sans m’y accrocher et règle générale, j’ai un regain d’énergie qui survient tout de suite après, regain d’énergie qui me propulse vers l’avant pour le meilleur. Seulement, ce n’est pas toujours aussi évident.

Dès le départ de ce cinquième Vermont 100, je savais que ça ne serait pas facile. La raison est simple: j’ai passé une bonne partie de l’hiver avec une blessure au bassin, incapable de courir ne serait-ce que 100 mètres, ni même de m’entrainer décemment soit à la nage ou sur un vélo stationnaire. Ma préparation était donc loin d’être au point pour ce genre d’épreuve. Pas d’excuse ici, c’est tout simplement comme ça. Ayant repris la course graduellement à la mi-avril, je savais bien que je n’avais pas le kilométrage adéquat dans les jambes. Aussi, une légère douleur récurante au tendon d’Achille gauche me causait de l’inquiétude. Mais je comptais, peut-être naïvement, sur ma bonne connaissance du parcours, mon expérience et ma volonté.

Ça n’a pas fonctionné.

Il n’a jamais été question que j’abandonne, mais en soirée, alors que j’en étais rendu à me trainer lamentablement, à dormir debout et à ne même plus pouvoir courir ni en descente ni sur les plats, il a bien fallu que je me rende à l’évidence: j’étais hors-service.

Pourtant, après un début de course moyen et une très mauvaise nuit de sommeil (pas même trois heures en continu, juste par morceaux), j’avais réussi à me mettre dedans. Après avoir retrouvé mon équipe constituée de ma blonde, de mes filles ainsi que de mes amis Charles et Geneviève à la station d’aide Pretty House, au 34ième kilomètre, j’ai pris le bon rythme. Je sentais une fatigue inhabituelle et mon tendon élançait dans les montées, mais pour le reste, ça roulait. Contrairement à mon habitude, je me retenais dans les descentes, limitant ma vitesse pour me pas exploser mes quadriceps. Et je réussissais à le faire sans me freiner «physiquement», ce qui aurait été plus dommageable qu’autre chose. Quand je ressentais de la douleur, je me mettais à siffler ou à rythmer à voix basse la cadence de mes pas, tout simplement pour détourner mon esprit et le ramener dans de meilleures conditions. Par moments, je faisais un comparatif avec ma course de 2013 qui avait été catastrophique moralement parlant. Là, si le corps n’était pas tout à fait au point, j’avais réussi à effacer une bonne partie du doute et j’étais confiant de terminer sous la barre des 24 heures, peut-être même de rentrer sous les 22 heures. Le moral y était.

À Stage Road, deuxième station où il m’était permis de revoir mon équipe, j’avais le sourire. Près de 50 kilomètres de fait. Je suis reparti aussi vite que j’ai pu.

Dans les heures qui ont suivies, j’ai couru une longue montée en compagnie d’un coureur qui participait au Grand Slam et qui allait courir le Badwater 135 en plus. Pour ceux qui ne connaissent pas les ultramarathons, le Grand Slam consiste à courir le Western State 100, le Vermont 100, le Leadville 100 ainsi que le Wastach Front 100 dans le même été (juin, juillet, août, septembre). Un exploit en soi. Y intégrer le Badwater 135 entre le Vermont et Leadville est un exploit quasi-surhumain. De jaser avec Jordan relativisait mes propres douleurs. J’ai fini par le devancer dans la montée, mais pas de quoi pavoiser. Il venait de courir le WS100 trois semaines plus tôt et se ménageait pour Badwater. En temps normal, il m’aurait bouffé tout cru…

À mi-parcours, au premier passage à Camp 10 Bear, j’ai retrouvé ma bande. Je me suis efforcé de sourire, je ne voulais pas leur faire revivre mon cauchemar de 2013. Bien que le doute commençait à pointer le bout de son nez dans mon esprit, j’arrivais à le repousser. Encore une fois, je suis reparti le plus vite possible… mais je venais de m’asseoir dans une chaise, ce que je fais rarement dans un ultra… Mauvais signe…

Durant la longue et pénible montée qui suit Camp 10 Bear, je me suis fait dépasser par au moins cinq coureurs, ce qui a commencé à me jouer dans la tête. Une fois en haut, j’en ai rattrapé deux ou trois (dont un qui vomissait violemment), mais quelques kilomètres plus loin, d’autres m’ont fait le même coup. Je me suis changé les idées en jasant un moment avec Julie, une fille de New York puis avec le champion américain des derniers championnats mondiaux de 24 heures qui ont eu lieu à Turin en Italie, en avril, Richard Riopel. Après la station Birminghams, j’ai pris de l’avance, sur eux. Je sentais le vent tourner, je sentais ma forme revenir. À Margaritaville, kilomètre 94, j’ai repris contact avec toute mon équipe. Je tenais bien le coup. Mais quelques kilomètres plus loin, je pouvais à peine courir.

Camp 10 Bear, deuxième passage (111 km). À ce moment, je repars avec Geneviève pour la prochaine section de 7 km. Il est encore assez tôt, on ne prend pas de lampe frontale. De repartir accompagné me remet d’aplomb. Mais d’un coup, la fatigue se fait sentir. Mon tendon d’Achille élance de plus en plus. La pluie se met de la partie et dans les sections en forêt, on se retrouve dans la boue et la noirceur. Je me sens complètement lessivé. Je dors debout et Geneviève doit taper dans ses mains pour me ramener à la réalité. Je zigzague sur les sentiers. Je ne pense qu’à une chose: m’arrêter, me fermer les yeux et dormir. Dans la descente qui nous amène à la station Spirit of 76 et dans laquelle je devrais m’amuser comme un fou, je titube. Je ne veux juste pas me casser la gueule et je rêve d’un endroit où m’asseoir.

Quand on rejoint enfin toute l’équipe à la station, je demande un quinze minutes de grâce et me laisse tomber sur une chaise où je m’enfonce en fermant les yeux. Je sens tout le monde – Nathalie, mes filles, Charles et Geneviève – inquiets autour de moi. Au bout des quinze minutes, je change de chaussures (je laisse tomber mes fidèles N2 de Pearl Izumi pour les Paradigm 1.5 de Altra, plus coussinés), me relève et déclare aussitôt que c’est terminé pour moi avant de me laisser retomber sur la chaise, la tête entre les mains. Personne ne m’a encore vu dans cet état. Pas même moi. Je suis plus détruit qu’à l’UTMB. Puis, je pense à mes filles qui me regardent et je me dis que je ne veux pas qu’elles me voient abandonner de cette façon. Je me relève, la mort dans l’âme, et annonce que je repars pour la prochaine section. Dix-huit kilomètres. Les dix-huit putains de kilomètres que je déteste le plus de cette course. Cette fois, je suis avec Charles. Je suis en bonne compagnie. Je me dis intérieurement que je vais passer à travers, que je ne peux que reprendre du mieux – quand on est au trente-sixième dessous, on ne peut que remonter, non? Charles est là pour me soutenir. Les trois ou quatre premiers kilomètres de la section s’annoncent prometteurs. Je semble reprendre du mieux. Ce n’est qu’un leurre. On quitte le sentier boueux pour reprendre les chemins de terre. Me voilà cuit. Pour de bon. On se fait dépasser à la tonne. Des coureurs que je n’ai jamais vu de la journée. Puis par Julie, rencontrée plus tôt. Par Jordan, le Grand Slammer. Par Richard, le gars des 24 heures. Un copain coureur, Daniel, avec qui j’ai couru un peu le matin, passe devant nous. On le salue. On jase un peu. Il semble en plein forme. Je ne suis qu’un zombie.

Encore une fois, je dors debout. Charles me ramène sur terre à plusieurs occasions. Mes jambes ne répondent plus. Plusieurs fois, je m’efforce de courir. Je n’arrive même pas à faire 20 mètres. Ma technique d’un arbre à un autre ne fonctionne même plus. Je veux m’étendre par terre. Dormir. À la station d’aide Cowshed, je m’assois et bois un café. Il y a un autre coureur assis à côté de moi, totalement explosé. J’ai envie d’abandonner là. Il reste environ 7 kilomètres à faire avant de rejoindre Nathalie, mes filles et Geneviève. J’ai peine à y croire à ces sept kilomètres qui restent à faire. Peine aussi à croire que je vais abandonner. On repart. Le café fait effet. Je me sens réveillé. J’essaie de courir. Mon tendon d’Achille élance de plus en plus, avec force. Mes quadriceps sont barrés. J’ai du mal à marcher dans les descentes. Voilà. À contre-coeur, j’annonce à Charles que c’en est assez. Une fois rendu à la station Bill’s, 142.3 km, ce sera terminé pour moi. Ça ne sert plus à rien. Je ne cours plus depuis longtemps. J’ai du mal à me tenir debout. J’ai peut-être réussi à vaincre le sommeil, mais c’est trop peu, trop tard. Je pourrais terminer, oui. Mais en marchant… Lentement… Pas question de faire endurer ça à ma blonde, mes filles, mes amis. Je pourrais leur dire d’aller se coucher à leur hôtel, et continuer seul comme je l’ai déjà fait, terminer à l’aube, mais ils ne voudront jamais. Pas dans l’état où je suis. Et puis, est-ce que j’ai réellement envie de marcher un autre 4 ou 5 heures? Pour les dix-sept kilomètres restant? Non. C’est une course, bon Dieu! Pas une marche! Je ne considère même pas cela comme un abandon, simplement un arrêt par la force des choses. Et puis, d’une manière ou d’une autre, abandon ou pas, je m’en fous pas mal, pour être franc.

Arrivé à Bill’s, j’annonce à l’équipe médicale que c’est terminé pour moi. On me pèse malgré tout – mon poids est ok – et on me dirige vers une chaise longue où je m’étends avec peine. Je pourrais facilement prendre une heure de repos ici, puis repartir. Mais non, encore une fois. Il n’en est pas question. Nath m’amène mes vêtements propres et elle m’aide à me changer derrière la grange. De retour à ma chaise, la bénévole qui m’a accueilli m’apporte une soupe tiède. Je mange un grille-cheese. Au bout d’une demie-heure, on ramasse nos trucs et mon équipe me ramène en voiture à ma tente, au site de départ/arrivée, à Silver Hills, avant de quitter pour leur hôtel. Seul, assis dans le noir, je bois une IPA en canette que je ne savoure même pas. Je suis crevé. Je me glisse avec difficulté dans ma petite tente une place. Et je m’endors d’un coup, complètement brûlé.

Game over.

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À Stage Road, avec Simone et Marion. Tout va bien! Rock on!

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Premier passage à Camp 10 Bear avec Charles, Simone et Marion.

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Quand faut y aller, faut y aller… Même si ça me tente plus ou moins…

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Quelle équipe! Simone, Marion et Nathalie – manque Charles, Geneviève et Julia qui prend la photo.

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Départ de Camp 10 Bear 2, accompagné de Geneviève. Je ne le sais pas encore, mais c’est le début de la fin pour moi, malgré les efforts de Gen pour me garder en piste.

Tout ne peut pas toujours aller comme on le voudrait. Il faut accepter cela. Une semaine jour pour jour après la course, je ressens encore une bonne fatigue. Mentalement, je sais que j’étais prêt pour le VT100. Physiquement, le corps manquait «d’huile» et de kilométrage au compteur. Mes quadriceps sont revenus à la normale, mais mon tendon d’Achille me fait encore souffrir et, contrairement à mon habitude, je n’ai pas encore recouru depuis. Je compte bien le tester en douce dans les prochains jours, mais le déchirer pour de bon ne serait sûrement pas la meilleure chose à faire… Patience.

La bonne nouvelle concerne la blessure qui m’a mis sur le carreau tout l’hiver et une partie du printemps. Pas une seule fois elle ne s’est manifestée ni fait ressentir tout au long des 140 kilomètres et plus parcourus. Un dossier qui semble enfin réglé. Je l’espère bien.

Pour la suite des choses. Fin septembre, je cours un 24 heures. Une première pour moi: 24 heures sur une boucle de 5-6 km. Pour la Fondation du Centre Jeunesse de la Montérégie. Une cause qui me tient profondément à coeur. Il est donc question d’ici là de prendre le plus grand soin des petits bobos et de concentrer toutes mes énergies vers cet évènement. Ensuite, on verra bien. Un nouveau 100 mile se profile peut-être pour janvier 2016…

Je croyais prendre une pause du Vermont 100 après cet été. Maintenant, j’ai une sérieuse revanche à prendre. Je compte bien être présent sur la ligne de départ en juillet prochain, et cette fois, dans une meilleure forme que jamais! Ensuite, il sera temps de passer à autre chose. Pour un temps. À d’autres courses, je veux dire.

The game is not over, after all… It never is.

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Réflexions, récupération et une IPA de l’Oregon.

One should therefore be gentle but firm with what just occurred. Overreacting to a lack of mindfulness instigates discursive thinking. Gentleness is the key.

– Sakyong MIPHAM

 (Merci à ma fille Julia pour les photos prises tout au long de la journée.)

L’Ultimate XC – Weekend de course en famille

Le 27 juin prochain aura lieu le Festival Ultimate XC KmagCette année, j’ai le plaisir d’être le Président d’honneur de l’évènement qui aura lieu à St-Donat pour une quatrième année consécutive.  Le Festival Ultimate XC Kmag se veut une fête pour les mordus de courses en forêt, bien sûr, mais aussi une fête pour toute la famille.

Du Défi de Mia (1 km pour enfants) aux 5 et 13 km de style cross-country, en passant par les distances de 11, 21, 38 et 60 km pour les fous de la Trail, sans oublier la 120 (Double Trouble), de la course, il y en aura pour tous les goûts.

Et encore une fois, le Parc des Pionniers regorgera d’activités pour grands et petits: Musique Live, Station de slackline, BBQ, maquilleuses pour enfants, accès à la plage. Pas question de s’ennuyer!

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J’ai toujours couru les 60 km à l’Ultimate XC, et ce, depuis la première édition au Mont Tremblant en 2009. Mes débuts d’ultramarathonien ont eu lieu là. Cette année, par contre, je me «contenterai» du parcours de 38 km. En ma qualité de Président d’honneur, je souhaite être le plus tôt possible au site d’arrivée pour encourager les coureurs et coureuses à terminer leurs épreuves et aussi, par le fait même, passer plus de temps avec ma blonde et mes filles.

Venez vous joindre à nous, fin juin à St-Donat, dans la magnifique région des Laurentides, pour une autre belle journée de course et d’aventures. Vous ne le regretterez pas!

Et en attendant, pour vous donner du courage et passer au travers de cet hiver qui n’en finit plus, dites vous ceci…

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It’s all good! 

 

Trailrunning 2014 (Video)

Une année de course en images.

À tous et à toutes, de Joyeuses Fêtes et une bonne année 2015!

Au plaisir de se croiser sur les sentiers ou sur la route!

Gagner et perdre à la fois, puis gagner d’une autre façon

Samedi dernier (6 décembre) avait lieu à Auburn en Californie la loterie pour le fameux Western State 100.

Pour se faire une petite idée, le Western State 100 Endurance Run est l’équivalent, pour les ultramarathoniens, de Boston pour les marathoniens. Un but à atteindre, le Saint Graal.

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En ce qui me concerne, c’est par une publicité dans la revue Runner’s World que j’ai appris l’existence de cette course en particulier et des courses de 100 miles en général. On était en 2006 ou 2007 et à ce moment, The North Face était le commanditaire principal du WS100. La pub en était donc une de North Face et mettait en vedette le coureur Tim Twietmeyer qui a terminé 25 fois le parcours sous la barre des 24 heures (il a remporté la course 5 fois si ma mémoire est bonne). Le titre de la publicité: «That’s Endurance!» J’en étais à mes balbutiements de coureur et je n’avais probablement encore jamais couru plus de 10 kilomètres d’affilé à cette époque, mais j’ai tout de suite su et je me suis tout de suite dit qu’un jour je courrais un 100 miles, qu’un jour je courrais le Western State 100.

Samedi dernier, après 4 années d’essais à la loterie, mon nom a été pigé par ce même Tim Twietmeyer. Ainsi, j’ai gagné à la loto du WS100… et j’ai aussi perdu, car je ne pourrai vraisemblablement pas être sur la ligne de départ le dernier weekend de juin 2015.

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Tim Twietmeyer (au micro), une légende du Western State 100 Endurance Run, agissant ici à titre de Maître de Cérémonie lors de la loterie, samedi le 6 décembre dernier.

Le processus de loterie pour le WS100 est assez complexe (tout comme celui pour le Hardrock 100, le Massanutten 100, pour l’UTMB, etc). Dans les grandes lignes, il faut d’abord se qualifier en terminant une course de 100 kilomètres et plus reconnue par l’organisation – les distances de 50 miles (80km) ne sont plus acceptées depuis cette année. Une fois qualifié, on peut s’inscrire à la loterie. Cette année, 270 places étaient accessibles par tirage au sort sur un total de 387 coureurs autorisés à prendre le départ (les autres places étant accordées à ceux et celles qui ont terminé dans le top 3 à l’une des courses de la Montrail Ultra Cup, à ceux et celles qui ont terminé dans le top 10 au WS de la saison précédente, à certains commanditaires, aux membres de l’organisation et autres). 270 places disponibles au tirage et près de 2000 coureurs/coureuses qualifiés qui ont appliqués. Bonjour les chances!

La beauté de la chose, c’est que d’une année à l’autre, si notre nom n’est pas pigé et que l’on se re-qualifie, nos chances augmentent à la loterie suivante et ainsi de suite jusqu’au jack-pot.

J’en étais à mon quatrième essai. Mes chances étaient relativement bonnes. Je savais, en m’inscrivant, que je ne pourrais pas en être en 2015. Mais en ne m’inscrivant pas, je perdais toutes mes chances. Tandis qu’en m’inscrivant, j’avais quand même des chances… de ne pas être pigé et de conserver mes avantages pour l’an prochain… Compliqué, ai-je dit? Oui. Mais bon. D’un côté, je perdais tout, de l’autre, j’avais un risque à prendre…

Too bad. J’ai gagné/perdu.

Ce sera pour une autre fois.

Où j’ai gagné d’une autre façon, c’est en participant aux 24 heures de Tremblant, volet course à pied.

Un beau weekend et un bel évènement. D’abord une levée de fond importante pour les enfants malades basée sur le ski alpin, les 24 heures de Tremblant offrent depuis un an ou deux un volet marche/course où des équipes de 6 à 12 personnes se relaient sur une boucle de 3 ou 5 kilomètres du samedi au dimanche matin 11 heures.

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Sous l’initiative de l’animateur Dominic Arpin, nous étions huit à nous relayer et à braver le froid le sourire aux lèvres: Dominic, bien sûr, mais aussi la chanteuse Brigitte Boisjoli, la journaliste Marie-Christine Bergeron, les journalistes Yves Boisvert et Jean-François Guérin, l’animateur Sébastien Diaz, Antoine Bourgeois ainsi que moi-même.

Moi qui suis plutôt loner, cette formule me convenait parfaitement. Courir seul deux fois la boucle de 5, passer le relais, retrouver ma blonde et mes filles, tenter de me reposer (je dis bien tenter!), puis retourner courir au beau milieu de la nuit. Magique! Dimanche au matin, nous avons été trois à faire la boucle 3 fois de suite (pour rentrer dans les temps): Antoine, Yves et moi. Je peux confirmer, ayant couru par une température ressentie de -25 degrés Celsius, que la barbe protège du froid…

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Vive le vent, vive le vent, vive le vent d’hiver!…

Après 15 kilomètres un petit matin de décembre au Mont Tremblant.

D’un côté, j’ai gagné/perdu avec la loterie du WS100 samedi. De l’autre, la même journée, j’ai gagné peut-être plus avec les 24 heures.

Parce que courir. Pour le plaisir.

Et aussi, courir pour des enfants malades.

Ou encore, comme je le fais avec la Fondation des Centres Jeunesse de la Montérégie à chaque automne depuis deux ans, pour des enfants abandonnés ou en phase d’abandon (ou maltraités ou Dieu sait quoi).

Si ça peut aider, ne serait-ce qu’un minimum, si ça peut faire une différence, aussi petite soit-elle, je suis bien prêt à courir comme ça jusqu’à la fin de mes jours

En Antarctique ou en plein désert.

Peu importe.

Bromont Ultra 100: Un dur de dur

Je m’étais bien promis de ne plus abandonner une course. 

Promesse rompue.

C’est la fatigue qui m’a eu.

Honnêtement, je me doutais un peu que j’aurais à faire face à l’effet post-UTMB à Bromont. Mais je croyais quand même avoir assez de réserves pour terminer mon troisième 160 km de la saison en y allant peinard, sans trop me presser. Grossière erreur! Aussi, je m’attendais à un parcours du genre Vermont 100. Mes camarades organisateurs du Bromont Ultra nous ont plutôt balancé un proche – très proche! – cousin du Virgil Crest (VC100) dans les pattes! Outch!

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Le site de départ du Bromont Ultra, le vendredi soir, à la veille de la course.

Si j’ai sous-estimé le parcours qui m’attendait, jai aussi sur-estimé mes capacités physiques et mentales pour cette course. Je n’étais tout simplement pas prêt à m’attaquer à un autre 100 mile si peu de temps après le Mont-Blanc. Je ne vais pas me morfondre avec cet abandon. J’ai donné tout ce que j’avais à donner ce weekend et ç’a tenu sur une distance de 57.8 km (selon ma Suunto Ambit). Suite à un bon départ en compagnie de Louis A., de Fred G. et d’un autre coureur, j’ai senti que les choses se compliqueraient après une quinzaine de kilomètres seulement. J’avais le souffle court. Je peinais dans les montées. J’étais incapable de me concentrer sur l’instant présent et je n’arrêtais pas de me répéter – malgré moi – que la journée serait longue. Mauvais signe…

Deux averses surprises m’ont amené au bord de l’hypothermie, ce qui ne m’a pas aidé à conserver mes forces. Je fonctionnais déjà avec des batteries faibles et une petite lumière rouge clignotante.

Aux environs du 35ième kilomètre, au moment d’entamer la montée des pentes de ski, j’ai eu un regain d’énergie. Et de confiance. Le mot d’ordre maintenant était de terminer le premier 80 km, puis de voir pour la suite. Rapidement, j’ai déchanté. J’étais dans la section la plus difficile du parcours. Difficile et interminable. Je n’avais pas de réelles douleurs physiques – rien de notable du moins – mais la fatigue s’incrustait et mon morale dépérissait à chaque kilomètre. Je me forçais à manger à intervalles réguliers, avalant deux gels à l’heure en moyenne. Je m’étais aussi toujours bien nourri aux stations d’aide: patates bouilles, bananes, melon d’eau. Je buvais régulièrement et gobais des S!Caps pour la balance de sodium/potassium. Je faisais tout ce qu’il fallait pour tenir le coup, pour garder le cap. J’avais comme mantra: «Tu termines la première boucle de 80 et après tu verras comment tu te sens. Tu vas y arriver. Ça va aller!» Mais ça n’allait foutrement pas…

Dans une descente, quand j’ai commencé à bailler à m’en décrocher la mâchoire, je me suis dit qu’il était peut-être temps de mettre fin à ma saison de course 2014.

Et c’est ce que j’ai fait en arrivant au camp de base (55 km approx.), après plus de huit heures de course et 2400 mètres de dénivelé positif. J’étais vidé, crevé.

TKO.

Bromont Ultra 80 and 160 km course

J’ai dit que je ne me morfondrais pas avec cet abandon. Et je ne le ferai pas. Deux jours plus tard, je ressens encore de la fatigue et mes jambes sont aussi lourdes que si j’avais terminé l’épreuve. Je sais que j’ai fait le bon choix. C’est maintenant l’heure du repos.  Après tout, il s’agit de revenir en force en 2015!

Le Bromont Ultra a tout pour devenir un classique des ultramarathons au Québec. Un dur de dur. Et je suis certain que sa réputation va rapidement faire son chemin jusqu’à nos proches voisins américains. Pour une première édition, Gilles, Audrey, Alister et tous les autres organisateurs ont frappé fort. Bien sûr, il y aura quelques ajustements à faire, notamment en ce qui concerne les nombreux passages au camp de base pour les coureurs du 160 kilomètres. Mais cet évènement ne peut que s’améliorer, c’est certain.

Pour moi, un des obstacles majeurs sera toujours cette boucle de 80 kilomètres à faire deux fois, comme au Virgil Crest 100. Je ne suis pas un fervent amateur de ce genre de parcours, en témoignent mes deux précédents abandons au même VC100. Je préfère de loin les boucles complètes (Vermont, Massanutten, UTMB), les point-to-point (Western State) ou encore les out-and-back (Leadville). Mais les parcours que l’on double me donnent définitivement du fil à retordre. Cela dit, je comprends tout à fait qu’ils soient plus simples à gérer d’un point de vue logistique.

Mais peu importe. Mon prochain défi sera peut-être de venir à bout d’une de ces bêtes, justement.

On verra bien…

Pour l’instant, bravo à toute l’équipe et à tous les bénévoles pour leur dévouement et leur incroyable travail. Organiser un évènement de cette ampleur relève de l’exploit. Mission accomplie!

Aussi, un bravo à tous les coureurs et toutes les coureuses, toutes distances confondues! J’étais présent dimanche après-midi pour assister à l’arrivée des participants du 80, 55 et 25 kilomètres. De vous voir tous et toutes vous donner à fond et terminer avec fierté et le sourire aux lèvres était tout simplement beau et inspirant.

Bien sûr, un immense bravo et respect total à mes amis qui ont terminé les 160 kilomètres: Joan (1ère place), Fred (2ième), Pierre, Louis et Martin. You rock, guys! 

Un peu de motivation. Histoire de bien terminer pour mieux recommencer…

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 Just. Keep. Moving. Forward.