Quand nous mourrons, devenons-nous ce que nous avons aimé le plus au monde ou alors sommes-nous vraiment  poussière qui retournons à la poussière…?

Je pose la question. Je n’attends pas de réponse. Ce n’est pas triste. C’est une question comme ça, qui tournera toujours en rond…

Micah True alias Caballo Blanco, le personnage central du livre Born to Run de Christopher McDougall, est mort la semaine dernière en faisant ce qu’il aimait probablement le plus au monde. Il a quitté son hôtel au Nouveau-Mexique pour aller courir. Un 20 kilomètres de routine. Il n’est jamais revenu. Il est mort comme ça. En courant. Libre.

Certains de ceux qui l’ont connu disent qu’il sera maintenant dans chaque petit coin de sentier, dans chaque arbre, chaque pierre, chaque cactus, chaque forêt, chaque montagne, dans chaque désert qu’ils parcourront.

Peut-être ne seront-ils plus jamais seuls puisqu’ils seront désormais et pour toujours porté par le Cheval Blanc…

L’on voudrait qu’il en soit ainsi de ceux que l’on aime et qui nous quittent. Que bien au chaud, tapis dans la mémoire dans notre coeur, ils nous transportent contre vents et marées, nous protègent contre les heurts de notre vie, nous donnent le courage et la force d’avancer.

Et aussi, de devenir de meilleurs hommes, de meilleures femmes.

Je n’ai pas connu Caballo Blanco. Je l’ai seulement côtoyé à la lecture du livre de McDougall. Comme plusieurs, il m’a fasciné, inspiré. Juste ce qu’il faut.

Juste ce qu’il faut pour penser à lui. Maintenant. Ce soir. Et demain.

Demain, j’irai courir. Longtemps. Avec des amis. Et un peu, je sais que je courrai avec lui. Micah True que je n’ai pas connu. Le Cheval Blanc. Juste un peu.

Demain, j’aurai 44 ans.

La vie dure le temps d’un flash. D’une nano-seconde.

C’est en ce moment que ça se passe.

Demain, je courrai pour moi. Mais aussi un peu pour ceux qui ne le peuvent pas. Qui ne le peuvent plus…

Repose en paix, Caballo Blanco…

Repose en paix et cours toujours!

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(Mars: 285.92 km)